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Les
«expatriés» et le championnat national
Ces émigrés qui
veulent relancer leur carrière en Algérie
Ils sont des
dizaines à vouloir tenter leur chance en Algérie, optant pour des
clubs de Nationale I, et même II. Eux, se sont les joueurs d’origine
algérienne expatriés en Europe et principalement en France.
Ces émigrés, pour
une raison ou une autre, veulent s’imposer dans le championnat
national, car ils savent que leur formation en France leur permet de
prendre une place dans une des équipes algériennes. Bénéficiant
d’une solide base avec des clubs professionnels et d’autres
semi-professionnels, et ayant été formés dans de grands centres de
formation, ces joueurs issus de l’immigration ont des chances de
jouer dans le championnat national, contrairement au championnat
français où ils risquent d’être bloqués, avec le nombre de joueurs
qui affluent avec l’ouverture que prône la France qui ne limite pas
le nombre de joueurs, même étrangers. Ne pouvant pas décrocher des
contrats professionnels avec leur club et ne voulant pas finir dans
des équipes amateurs qui évoluent dans les bas-fonds des divisions
françaises, ces joueurs émigrés préfèrent tenter leur chance dans
leur pays d’origine, où ils espèrent percer et se trouver une place
au soleil, ce qui les sauveraient du chômage. N’étant pas
comptabilisés comme joueurs étrangers, cela facilite leur tâche et
la tâche des clubs qui les recrutent. Aussi, le recrutement des
émigrés s’est -il accentué cette saison avec les dernières
dispositions de la FAF qui interdit le recrutement de nouveaux
joueurs étrangers et notamment les Africains qui étaient ramenés à
profusion, ces dernières années, mais qui ne donnaient pas toujours
satisfaction, surtout que beaucoup d’entre eux trichaient sur leur
CV et leur niveau ne reflétait pas vraiment les informations qu’ils
présentaient sur leur carrière. Pour parer à cela, les clubs
algériens se tournent donc vers ces joueurs émigrés, avec l’espoir
qu’ils trouvent la perle rare, comme cela a été le cas avec certains
clubs qui ont trouvé les joueurs qu’ils désiraient. La
particularité d’avoir un double passeport et également d’être formé
dans certains clubs réputés en France facilite leur intégration dans
le championnat national, avec l’espoir de les voir percer et aller
loin, en donnant cette touche qu’attendent les dirigeants de
certains de nos clubs qui sont prêts à tout pour tenter de
décrocher les titres et les distinctions nationales et
internationales.
Harchache le
pionnier, Lemmouchia le meilleur
L’histoire de ces
joueurs émigrés avec le championnat national a commencé avec le
premier élément venant d’outre-mer et qui faisait partie de l’équipe
nationale d’Algérie. Lui, c’est Salem Harchache. Il a fait partie de
la sélection nationale pour une courte période et avait pris part à
la CAN 2000 au Burkina Faso, après avoir été appelé par
l’ex-entraîneur national, lui aussi expatrié, Nacer Sendjak.
Harchache a été ensuite victime d’une grave blessure au genou qui
lui a fait perdre son contrat professionnel avec la formation de
Guingamp. Après mûre réflexion, et après avoir trouvé toutes les
portes fermées, Harchache n’avait pas d’autre choix que d’opter pour
le championnat national dans l’espoir de se relancer et de trouver
un club preneur. Il a donc choisi le CR Belouizdad qui l’avait
contacté par le biais de son président, Mohamed Lefkir. C’était le
premier expatrié qui rejoignait le championnat national, et les
supporteurs belouizdadis espéraient le voir donner le plus qu’on
attendait. Malheureusement pour lui, il n’a pas pu continuer à jouer
au Chabab, surtout qu’il ne s’était pas complètement rétabli de sa
blessure. C’était une amère expérience pour le joueur qui avait tout
perdu et qui avait depuis décidé de raccrocher les crampons, surtout
qu’il n’était plus convoqué en Equipe Nationale. Quelques années
après, d’autres joueurs ont tenté l’expérience, et on citera
l’exemple de Aït Athmane qui avait aidé le Mouloudia d’Alger à
accéder en Nationale I, après une rétrogradation en DII. Ce dernier
a été décisif et a marqué de nombreux buts qui ont permis à la fin
au Doyen de décrocher son ticket pour un retour en élite. Un autre
émigré a été recruté par le MCA durant cette année, 2001, c’est
Naceri, qui n’avait rien démontré, contrairement à Aït Athmane.
Cependant, la meilleure affaire dans le recrutement de joueurs
algériens expatriés, a été réalisé par l’ES Sétif qui avait enrôlé
il y a deux ans, Khaled Lemouchia, provenant d’un petit club de
division inférieure de la périphérie de Lyon. Ce dernier a réussi à
s’imposer dans le club phare de la ville de Aïn el Fouara, et avec
lequel il a remporté quatre titres : deux championnats nationaux et
deux coupes arabes. Cela lui a valu aussi d’être sélectionné par le
coach national, Rabah Saâdane, qui a été séduit par ses qualités
après l’avoir drivé à l’ESS.
Tous attirés
par l’Equipe Nationale
La réussite de
Lemouchia a fait que d’autres joueurs émigrés ont tenté leur chance
dans l’espoir d’en faire de même, sinon de faire mieux que leur
compatriote. C’est ainsi que la JSMB a mis la main sur un joueur
exceptionnel, à savoir, Zerdab, qui a réussi à s’imposer dans le
compartiment offensif de la formation de la vallée de la Soummam.
Depuis, d’autres joueurs essayent de décrocher des places avec des
formations algériennes, de préférence prestigieuses pour tenter de
jouer les premiers rôles et donc de s’illustrer pour ensuite taper
dans l’œil du sélectionneur national, Saâdane, car l’EN est leur
premier souci. En effet, le fait que l’EN s’est remise en selle
pour la qualification au Mondial 2010 en Afrique du Sud, fait qu’ils
sont appâtés et ce challenge extraordinaire incite tous les joueurs
à redoubler d’efforts afin de décrocher une place avec les Verts.
Cette saison, c’est pratiquement la ruée des émigrés vers notre
championnat, puisque pas moins de quinze joueurs ont rejoint
différends clubs algériens qui voient en leur recrutement une
touche particulière qui leur permet de se distinguer, dans l’espoir
que ces joueurs s’avèrent décisifs pour le club et réussissent à le
porter vers le haut. Le MCA est sans doute le club qui a le plus
fait confiance à ces émigrés. Au moins une dizaine ont tenté leur
chance dans ce club algérien mythique. Il faut dire que l’entraîneur
étranger, plus précisément français, Alain Michel, considère que
ces éléments ont une meilleure culture tactique et assimilent mieux
le jeu sur le terrain, ce qui facilitera sa mission sur le terrain.
Il est clair que c’est là un véritable phénomène qui va proliférant
et qui ne serait pas près de s’arrêter. Le championnat national et
les clubs algériens ont besoin d’être pimentés avec l’arrivée de
nouveaux éléments qui pourraient donner le plus qu’on attend, en
plus du besoin que ressentent ces émigrés de se ressourcer, mais
également pour fuir un quotidien difficile en France, surtout que
certaines parties parlent de racisme envers les joueurs algériens
qui ne sont pas toujours bien acceptés, même s’ils sont de la
troisième génération des émigrés établis outre-mer et qui sont
souvent même nés là-bas.
Par Anouar M.
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