Semaine du 22 au 28 juillet 2009

 

Les «expatriés» et le championnat national

Ces émigrés qui veulent relancer leur carrière en Algérie

 

 
 
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 Les «expatriés» et le championnat national

Ces émigrés qui veulent relancer leur carrière en Algérie

Ils sont des dizaines à vouloir tenter leur chance  en Algérie, optant pour des clubs de Nationale I, et même II. Eux, se sont les joueurs d’origine algérienne expatriés en Europe et principalement en France.

Ces émigrés, pour une raison ou une autre, veulent s’imposer dans le championnat national, car ils savent que leur formation en France leur permet de prendre une place dans une des équipes algériennes.  Bénéficiant d’une solide base avec des clubs professionnels et d’autres semi-professionnels, et ayant été formés dans de grands centres de formation, ces joueurs issus de l’immigration ont des chances de jouer dans le championnat national, contrairement au championnat français où ils risquent d’être bloqués, avec le nombre de joueurs qui affluent avec l’ouverture que prône la France qui ne limite pas le nombre de joueurs, même étrangers. Ne pouvant pas décrocher des contrats professionnels avec leur club et ne voulant pas finir dans des équipes amateurs qui évoluent dans les bas-fonds des divisions françaises, ces  joueurs émigrés préfèrent tenter leur chance dans leur pays d’origine, où ils espèrent percer et se trouver une place au soleil, ce qui les sauveraient du chômage. N’étant pas comptabilisés comme joueurs étrangers, cela facilite leur tâche et la tâche des clubs qui les recrutent. Aussi, le recrutement des émigrés s’est -il accentué cette saison avec les dernières dispositions de la FAF qui interdit le recrutement de nouveaux joueurs étrangers et notamment les Africains qui étaient ramenés à profusion, ces dernières années, mais qui ne donnaient pas toujours satisfaction, surtout que beaucoup d’entre eux trichaient sur leur CV et leur niveau ne reflétait pas vraiment les informations qu’ils présentaient sur leur carrière. Pour parer à cela, les clubs algériens se tournent donc vers ces joueurs émigrés, avec l’espoir qu’ils trouvent la perle rare, comme cela a été le cas avec certains clubs qui ont trouvé les joueurs qu’ils désiraient.  La particularité d’avoir un double passeport et également d’être formé dans certains clubs réputés en France facilite leur intégration dans le championnat national, avec l’espoir de les voir percer et aller loin, en donnant cette touche qu’attendent les dirigeants de certains de nos clubs qui  sont prêts à tout pour tenter de décrocher les titres et les distinctions nationales et internationales.

Harchache le pionnier, Lemmouchia le meilleur

L’histoire de ces joueurs émigrés avec le championnat national a commencé avec le premier élément venant d’outre-mer et qui faisait partie de l’équipe nationale d’Algérie. Lui, c’est Salem Harchache. Il a fait partie de la sélection nationale pour une courte période et avait pris part à la CAN 2000 au Burkina Faso, après avoir été appelé par l’ex-entraîneur national, lui aussi expatrié, Nacer Sendjak. Harchache a été ensuite victime d’une grave blessure au genou qui lui a fait perdre son contrat professionnel avec la formation de Guingamp. Après mûre réflexion, et après avoir trouvé toutes les portes fermées, Harchache n’avait pas d’autre choix que d’opter pour le championnat national dans l’espoir de se relancer et de trouver un club preneur. Il a donc  choisi le CR Belouizdad qui l’avait contacté par le biais de son président, Mohamed Lefkir. C’était le premier expatrié qui rejoignait le championnat national, et les supporteurs belouizdadis espéraient le voir donner le plus qu’on attendait. Malheureusement pour lui, il n’a pas pu continuer à jouer au Chabab, surtout qu’il ne s’était pas complètement rétabli de sa blessure. C’était une amère expérience pour le joueur qui avait tout perdu et qui avait depuis décidé de raccrocher les crampons, surtout qu’il n’était plus convoqué en Equipe Nationale. Quelques années après, d’autres joueurs ont tenté l’expérience, et on citera l’exemple de Aït Athmane qui avait aidé le Mouloudia d’Alger à accéder en Nationale I, après une rétrogradation en DII. Ce dernier a été décisif et a marqué de nombreux buts qui ont permis à la fin au Doyen de décrocher son ticket pour un retour en élite. Un autre émigré a été recruté par le MCA durant cette année, 2001, c’est Naceri,  qui n’avait rien démontré, contrairement à Aït Athmane. Cependant, la meilleure affaire dans le recrutement de joueurs algériens expatriés, a été réalisé  par l’ES Sétif qui avait enrôlé il y a deux ans, Khaled Lemouchia, provenant d’un petit club de division inférieure de la périphérie de Lyon. Ce dernier a réussi à s’imposer dans le club phare de la ville de Aïn el Fouara, et avec lequel il a remporté quatre titres : deux championnats nationaux et deux coupes arabes. Cela lui a valu aussi d’être sélectionné par le coach national, Rabah Saâdane, qui  a été séduit par ses qualités après l’avoir drivé à l’ESS.

Tous attirés par l’Equipe Nationale

La réussite de Lemouchia a fait que d’autres joueurs émigrés ont tenté leur chance dans l’espoir d’en faire de même, sinon de faire mieux que leur compatriote. C’est ainsi que la JSMB a mis la main sur un joueur exceptionnel, à savoir, Zerdab, qui a réussi à s’imposer dans le compartiment offensif de la formation de la vallée de la Soummam. Depuis, d’autres joueurs essayent de décrocher des places avec des formations algériennes, de préférence prestigieuses pour tenter de jouer les premiers rôles et donc de s’illustrer pour ensuite taper dans l’œil du sélectionneur national, Saâdane, car l’EN est leur premier souci.  En effet, le fait que l’EN s’est remise en selle pour la qualification au Mondial 2010 en Afrique du Sud, fait qu’ils sont appâtés et ce challenge  extraordinaire incite tous les joueurs à redoubler d’efforts afin de décrocher une place avec les Verts. Cette saison, c’est pratiquement la ruée des émigrés vers notre championnat, puisque pas moins de quinze joueurs ont rejoint différends clubs algériens qui voient en leur recrutement   une touche particulière qui leur permet de se distinguer, dans l’espoir que ces joueurs s’avèrent décisifs pour le club et réussissent à le porter vers le haut. Le MCA est sans doute le club qui a le plus fait confiance à ces émigrés. Au moins une dizaine ont tenté leur chance dans ce club algérien mythique. Il faut dire que l’entraîneur étranger, plus précisément français, Alain Michel,  considère que ces éléments ont une meilleure culture tactique et assimilent mieux le jeu sur le terrain, ce qui facilitera sa mission sur le terrain. Il est clair que c’est là un véritable phénomène qui va proliférant et qui ne serait pas près de s’arrêter. Le championnat national et les clubs algériens ont besoin d’être pimentés avec l’arrivée de nouveaux éléments qui pourraient donner le plus qu’on attend, en plus du besoin que ressentent ces émigrés de se ressourcer, mais également pour fuir un quotidien difficile en France, surtout que certaines parties  parlent de racisme envers les joueurs algériens qui ne sont pas toujours bien acceptés, même s’ils sont de la troisième génération des émigrés établis outre-mer et qui sont souvent même nés là-bas.

Par Anouar M.

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