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économiques
Les difficultés
de la langue arabe
Le journal El
Khabar semble ne pas vouloir assumer son rôle de premier média
écrit, toutes langues confondues, dans le monde arabe avec un tirage
de 500.000 exemplaires/jour, loin devant El Ahram qui tire un peu
plus de 400 000 exemplaires/jour. La position de premier quotidien
arabe impose des obligations que le journal se doit d’assumer, ce
que ce dernier observe parfaitement. Cependant, de temps en temps,
il produit des petits couacs qui suggèrent que sa vigilance peut
être trompée et qu’ainsi il peut lui aussi diffuser des informations
d’une qualité douteuse. La question qui se pose alors est de savoir
si la langue arabe serait en cause et non la qualité des
journalistes lorsque le lecteur local ainsi que celui résidant à
étranger se retrouvent face à des articles ou les erreurs abondent.
Cette question de la langue arabe “incapable” de rendre compte de
certaines réalités économiques pourrait aussi se poser lorsqu’un
ministre de la République issu d’un parti de l’alliance
gouvernementale l’utilise pour donner de la situation économique du
pays des informations fantaisistes qui n’ont, comme dans le cas d’El
Khabar, suscité aucune réaction ni dans la presse, ni au sein du
gouvernement, ni même dans les milieux partisans et associatifs
réputés opposés à cette alliance. Ce qui veut dire que quelque chose
ne tournerait pas rond dans le pays. C’est-à-dire qu’un journal ou
un ministre peut dire n’importe quoi lorsque l’écrit ou le propos
tenu est exprimé en langue arabe, mais que lorsque ce “n’importe
quoi” l’est en langue française, les réactions à son endroit sont
vives et rapides. Cela suppose que ce “n’importe quoi” dit ou écrit
en arabe, lorsqu’il décrit des situations qui se trouveraient loin
de la réalité, est soit reçu comme du “n’importe quoi” par les
lecteurs et les responsables du pays qui ne voient pas l’utilité de
corriger ce qui a été dit ou écrit, ce qui n’est déjà pas bien en
soi, ou que tout simplement les lecteurs et les responsables ayant
lu ou entendu ces informations n’en possèdent pas d’autres pour
pourvoir les contredire, ce qui serait encore plus grave. De quoi
s’agit-il en vérité ?
Dans son édition
du 12 août, Le Quotidien d’Oran avait, sous le titre “les prix font
bouger le gouvernement”, rapporté une déclaration du ministre du
Commerce, M. Djaaboub, qui ne contient que des imprécisions et de
fausses estimations. Ce dernier s’était signalé déjà depuis un mois
en annonçant qu’il allait faire en sorte de “noyer” le marché en
important 500 000 tonnes de pomme de terre. Et depuis un mois, la
pomme de terre nargue les bourses de la ménagère en s’affichant au
prix scandaleux de 60, voire 70 DA le kilo. Dans sa déclaration
rapportée par Le Quotidien, il apparaît un certain nombre d’erreurs
qui seraient soit dues à une mauvaise compréhension par le
journaliste des propos tenus en langue arabe par le ministre, ou
alors peut être aussi à une mauvaise traduction de l’arabe vers le
français, ou tout simplement de coquilles journalistiques qui
arrivent souvent lorsqu’il est question d’exprimer des grandeurs
statistiques. Les erreurs ici portent souvent sur les unités de
référence utilisées et que les lecteurs avertis corrigent par
eux-mêmes. Que l’on soit dans le premier cas de figure ou dans le
second, la nécessité de porter des rectifications s’imposait ;
celles-ci devaient l’être dès le lendemain, en utilisant le même
support médiatique. La chose n’ayant pas été faite en son temps,
cela conduit à penser que les propos du ministre sont vraiment les
siens, exprimés consciemment et traduits fidèlement par le
journaliste qui les a rapportés et qui lui-même partagerait la
responsabilité d’avoir livré aux lecteurs ces informations
invraisemblables. Que dit le ministre dans l’article en question ?
Que l’Algérie produirait en moyenne 40 millions de tonnes de blé et
qu’elle en importerait le double, soit 80 millions, sachant que
40 millions de tonnes de blé c’est, à un million de tonnes près, ce
que consomme la totalité du monde arabe. Avec 80 millions de tonnes,
on pourrait satisfaire les besoins en blé de l’Afrique dans sa
totalité. L’Algérie ne produit en réalité que 4 millions de tonnes
en année de très bonne pluviométrie et moins de 2 millions de tonnes
en année moins pluvieuse, ce qui fait une moyenne annuelle sur dix
ans de 2,5 millions de tonnes, les importations variant, elles,
entre 3 et 5 millions de tonnes an pour satisfaire les besoins du
pays. Nous sommes donc loin des chiffres donnés par le ministre du
Commerce Ce dernier, continuant sur le même chapitre, dira des prix
du blé importé que ceux-ci avaient fortement augmenté, passant du
simple au double : de 2 300 à 5 600 dollars la tonne. Là aussi
l’erreur est énorme. Si bien entendu les prix du blé ont augmenté
d’une année sur l’autre de 50% à peu près, ceux-ci passant 136
euros la tonne à Paris au mois de septembre 2006 à 208 euros pour
des livraisons en septembre 2007, soit l’équivalent donc de 300
dollars. Sur le marché de Chicago, la même évolution est constatée,
avec un accroissement de près de 50% d’une année sur l’autre et un
prix actuel de 204 dollars la tonne pour livraison en septembre
prochain… Nous sommes donc loin des chiffres du ministre du
Commerce.
La méconnaissance
des réalités économiques mondiales et nationales par un ministre en
charge du commerce national, particulièrement quand cette
méconnaissance concerne précisément des produits alimentaires qui
sont importés depuis l’indépendance du pays et qui devraient donc
constituer une préoccupation de tous les instants de la part du
principal responsable chargé de suivre tout ce qui s’y rapporterait
(production, importation, leur situation sur le marché
international…) tout cela devrait inciter les responsables du pays à
être plus vigilants s’agissant du choix des hommes qui doivent
occuper ces postes extrêmement sensibles… L’on attend d’un ministre
du Commerce saisi d’un problème de dérèglement dans la distribution
de produits vitaux qu’il prenne des mesures concrètes, énergiques et
immédiates pour ne pas laisser l’immense majorité de la population
algérienne dans le désarroi face à l’accroissement des prix de
produits qui constituent pour elle la nécessité absolue, à savoir
les produits alimentaires que sont le pain, la pomme de terre le
sucre, l’huile, le lait, le café, le riz , les légumes secs dont les
prix se trouvent tous en même temps sur une échelle ascendante… Ce
qui est navrant, c’est que face à ces situations de dérèglement – et
ceci ne concerne pas uniquement le ministre du Commerce mais tous
nos ministres en charge des départements qui participent à
l’organisation du marché de l’alimentation des Algériens – ceux-ci
adoptent généralement des attitudes qui consistent à faire endosser
une faute qui leur incombe en totalité par un marché international
qui aurait soudainement provoqué la flambée des prix des produits
que le pays importe ou en l’attribuant à un jeu jugé malsain
qu’affectionneraient de supposés spéculateurs nationaux qui auraient
volontairement provoqué des pénuries artificiellement à l’effet de
réaliser de gros bénéfices.
Les augmentations
du prix résultent de la rareté et c’est cette rareté que les
dirigeants n’ont pas su déceler à temps c’est-à-dire avant que les
choses ne dégénèrent… Ce qui arrive au pays et aux citoyens de ce
pays est la conséquence de l’imprévoyance et de l’incompétence de
certains responsables en charge des postes en prise directe avec la
population algérienne dans ce qu’elle a de plus sensible, son
alimentation.
De la pomme terre
au blé, M. Djaaboub s’est aussi distingué durant cette déclaration
en parlant du lait et en produisant la aussi des informations dont
le moins que l’on puise en dire est qu’elles montrent une fois de
plus que face à la difficulté, nos responsables ne prennent pas la
précaution de contrôler ce qu’ils disent. C’est ainsi que M.
Djaaboub déclarait, dans le même article, que l’Algérie consommait
3 milliards de litres de lait par an, qu’elle en produisait
2 milliards et qu’elle en importait 3,5 milliards. On n’attend pas
d’un ministre qu’il soit expert en tout, mais du moins qu’il sache
établir de la cohérence dans ce qu’il dit. S’agissant de l’exemple
du lait, le plus simple aurait été de dire que l’Algérie consomme
5,5 milliards de litres de lait par an, qu’elle en produirait 2
milliards et qu’elle en importait le reste, soit 3,5 milliards, sans
aller à donner des explications qui rendent l’information confuse
parce que passant sous silence 2,1 milliards de litres égarés dans
l’explication (1,6 milliards production non collectée et
500 millions de litres d’excédent d’importation dont on ne connaît
pas la destination).
Autre phénomène de
langue ou manque de vigilance dans la traduction de l’anglais vers
l’arabe, le papier publié par El Khabar dans son édition du 13 août
consacré à l’expérience algérienne dans le domaine de l’énergie
solaire. Le papier commence par citer un article du journal
américain US Today lequel rapportait une information portant sur
l’intérêt grandissant des experts américains relativement à
l’expérience engagée par l’Algérie dans le domaine de l’énergie
solaire et qui vise dans un premier temps 18 hameaux du Sud,
expérience qui serait étendue au début de l’année 2009 à 16 autres
hameaux situés dans la même région. Jusqu’ici, le papier s’avère
intéressant puisqu’il nous informe d’une expérience en cours et qui
s’avère aussi être dans les possibilités du pays qui a été pionnier
en ce domaine en engageant des expériences similaires au début des
années 1980 avec le fameux Commissariat aux énergies nouvelles dont
il faut regretter la disparition. La suite est moins brillante
puisque le papier en tire comme conclusion que l’Algérie
envisagerait non seulement de produire de l’électricité pour ses
propres besoins, mais qu’elle envisagerait d’en vendre une partie
aux Européens. Et là, nous sommes sidérés que nos journalistes
considèrent que le pays serait en mesure de satisfaire ses besoins
en électricité à partir du soleil mais qu’en plus, il serait aussi
en mesure de produire et de vendre cette électricité solaire aux
Européens et ce, dès l’ année 2010 ! Passons et disons pourquoi
pas ? Les experts américains cités par le journal, après avoir
constaté que l’Algérie allait mettre en route d’ici à deux ans la
centrale mixte thermique solaire et gaz de Hassi R’mel d’une
capacité de 150 mégawatts, que cette centrale allait commencer à
fournir 6 000 mégawatts (les ventes d’électricité s’exprimant en
kilowatts-heure) aux pays européens, soit plus que les capacités du
pays installées à ce jour (5 800 mégawatts). Ce qui représenterait,
selon le journal, 10% des besoins annuels de l’Allemagne. Nous
laissons le soin aux lecteurs de trouver l’erreur dans ce qui a été
rapporté par El Khabar en lui rappelant seulement que le pays
commence à accuser un retard important dans le domaine de la
production d’électricité par rapport à des voisins comme la Tunisie
ou l’Egypte ; ce retard est colossal par rapport aux pays du Golfe à
l’Afrique du Sud. A titre d’exemple, citons quelques chiffres
récents. La consommation moyenne par habitant en Algérie est de
850 kilowatts-heure par an, elle est en de 8 000 kilowatts-heure
dans les pays européens, de 3 800 en Afrique du Sud, de 13 000 au
Qatar, de 8 000 au Koweït… et plus près de nous de 950 en Tunisie et
de 900 en Egypte. Avant d’envisager de vendre de l’électricité, il
faut d’abord rattraper le retard que nous accusons en ce domaine.
Ceux qui théorisent sur cette question nous diront qu‘il vaut mieux
transformer le gaz chez nous en électricité et l’exporter donc sous
cette forme, le pays y gagnerait sur plusieurs plans : la rente de
la transformation industrielle et le bénéfice d’une
industrialisation approfondie accompagnée par le développement d’une
intelligence technologique nationale. Mais ce type de raisonnement
nous n’y sommes pas encore car il fait partie du domaine du rêve et
cela malheureusement nous est interdit pour le moment et pour un
long moment encore. Ce qu’il faut regretter…
B. Hachemane
Haut
Economie algérienne
Ces petites
imprévoyances qui conduisent aux grandes difficultés
Ces derniers temps
le Gouvernement algérien semble assailli par des difficultés
auxquelles il ne semble pas etre en mesure d’apporter des solutions
durables .Toutes ces difficultés résultent soit de mauvaises
décisions prises dans le passé et dont les effets ont fini par
apparaître au grand jour , soit de décisions qui n’auraient pas été
prises en leur temps pour répondre à des problèmes cycliques
prévisibles liées soit à des causes climatiques nationales soit à
des dérèglements internationaux , ces mêmes difficultés resurgissant
trouvent le pays en retard dans la mise en œuvre des solutions
pensées autrefois mais non mises en place ect .
.Dans le milieu
des années 1990 le Ministère de l’Agriculture a crée des comités de
coordination par filière pour régler la production et la
distribution des produits agricoles de base dont la pomme de terre
et les céréales .Déjà à l’époque il a été recommandé à plusieurs
reprises dans le cadre des réunions de ces comités la mise en place
de stocks stratégiques qui devaient servir en cas de baisse ou de
hausse des prix de ces produits de faire en sorte que les prix sur
le marché intérieur restent stables .Le mécanisme est simple en cas
de pénurie de produit on puise dans le stocks stratégiques pour
maintenir les prix en cas de baisse ces prix à la suite d’une
surproduction l’Etat retire du marché et stocke à ses frais les
quantités excédentaires qui sont de nature à entraîner les prix vers
le bas ce qui pourrait entraîner la ruine des producteurs …Ou sont
les stocks stratégiques de pomme de terre et ou sont les stocks
stratégiques de blé de même pourrait on aussi demander ou sont les
stocks stratégiques de poudre de lait , objet des recommandations
des différents comités des filières installés au niveau du Ministère
de l’Agriculture depuis plus d’une dizaine d’années ? Tous ses
produits ont des prix qui varient selon les offres et les demandes
qui s’expriment sous une forme mondialisée aussi il est prudent
qu’un Etat qui a le souci de la préservation du pouvoir d’achat de
ses citoyens de faire en sorte de prémunir ces derniers des «
à-coups » c’est à dire de fortes hausses ou de fortes baisses dans
le prix de ces produits en procédant par le biais des stocks
stratégiques à maintenir des prix stables sur de longues périodes en
mettant sur le marché intérieur les quantités qui permettraient cela
ou en retirant du marché les productions excédentaires . Si le
Ministre de l’Agriculture est responsable de n’avoir pas vu que la
production de pomme de terre de saison serait en baisse et de
n’avoir pas tiré le signal d’alarme suffisamment tôt pou prévoir
des importations d’appoint , le Ministre du Commerce est responsable
de la non mise en place de ces stocks stratégiques .Par ailleurs les
Ministères continuent à s’appuyer sur des instituions dites de
régulation ou de surveillance des marchés extérieurs pour saisir les
bonne opportunités d’achat , institutions qui se sont fossilisées
depuis longtemps ne produisant que de la dépense publique et
n’apportant aucun service aux décideurs publics . Le Ministère du
Commerce avec sa fameuse décision « d’assainir le secteur de
l’importation » par l’accroissement du capital de sociétés qui y
opéraient a exclu deux douzaines de milliers d’importateurs ,
offrant ainsi un cadeau inespérée aux plus fortunés du pays qui n’en
espéraient pas tant reconstituant un monopole de fait .Ce qui fait
que les décisions d’acheter ou de ne pas acheter ne résultent plus
de considérations commerciales concurrentielles ponctuelles mais de
stratégie de contrôle du marché sur le long terme ce qui se traduit
par une montée inexorable des prix .Une baisse des prix du sucre sur
le marché intérieur par exemple qui est au plus sur les marchés
extérieurs est exclue ( il était à 380 dollars la tonne il y a un an
il est 280 dollars aujourd’hui ) . Avec les petits importateurs le
marché répondait rapidement à ces baisses .la chose est aussi vraie
pour le café , l’huile , le mais etc …Aujourd’hui cela n’est pus
possible .
Pour revenir à
plus « important » et comprendre aussi ce qui se passe dans le
domaine « sacré » du pétrole et du gaz en revenant une fois de plus
sur le feuilleton du « medgaz » . Le fait que l’Algérie ne soit pas
membre de l’OMC elle ne peut selon nous faire valoir ses droits à
distribuer les quantités de gaz qui lui reviennent de « droit »
sur le marché espagnol . Elle ne peut aussi présenter un dossier
solide devant une juridiction de commerce internationale pour deux
raisons la première celle qui vient d’etre citée , en étant membre
de l’OMC elle pouvait demander qu’on lui applique la clause de la
nation la plus favorisée c’est à dire qu’elle ne soit pas
discriminée par rapport à d’autres compagnies concurrentes
étrangères ou même espagnoles . Secondo elle ne peut prétendre à la
réciprocité puisque les sociétés étrangères dont les espagnoles ne
sont pas encore autorisées à distribuer leurs produits pétroliers et
gaziers en Algérie . L’Algérie est tout simplement rattrapée par ses
fautes commises dans le passé .Il faut seulement espérer que celles
ci soient corrigées le plus vite possible et ne pas continuer à se
plaindre de l’adversité des autres , et se convaincre que le seul
adversaire de L’Algérie c’est l’Algérie elle même …Et au risque de
décevoir une partie de nos lecteurs convaincus du bien fondé de la
revendication algérienne telle qu’elle est formulée par les
dirigeants du Secteur énergétique , l’Espagne en autorisant
SONATRACH à commercialiser directement 1 milliard de mètres cubes de
gaz sur son territoire a fait une fleur à l’Algérie en l’autorisant
à le faire pour deux milliards elle lui accorde une grande fleur
chose ce qu’il fallait que le Ministre de l’Energie explique au
public algérien au lieu de l’envoyer sur le mur de l’incompréhension
.
B.H
Haut
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