Semaine du 22 au 28 août 2007

 

Concepts économiques

Les difficultés de la  langue arabe

Economie algérienne

Ces petites imprévoyances qui conduisent aux grandes difficultés.

 

 
 
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 Concepts économiques

Les difficultés de la  langue arabe

Le journal El Khabar semble ne pas vouloir assumer son rôle de premier média écrit, toutes langues confondues, dans le monde arabe avec un tirage de 500.000 exemplaires/jour, loin devant El Ahram  qui tire un peu plus de 400 000 exemplaires/jour. La position de premier quotidien arabe impose des obligations que le journal se doit d’assumer, ce que ce dernier observe parfaitement. Cependant, de temps en temps, il produit des petits couacs qui suggèrent que sa vigilance peut être trompée et qu’ainsi il peut lui aussi diffuser des informations d’une qualité douteuse.  La question qui se pose alors est de savoir si  la langue arabe serait en cause et non la qualité des journalistes lorsque le lecteur local ainsi que celui résidant à étranger se retrouvent  face à des articles ou les erreurs abondent. Cette question de la langue arabe “incapable” de rendre compte de certaines réalités économiques pourrait aussi se poser lorsqu’un ministre de la République issu d’un parti de l’alliance gouvernementale l’utilise pour donner de la situation économique du pays des informations fantaisistes qui n’ont, comme dans le cas d’El Khabar, suscité aucune réaction ni dans la presse, ni au sein du gouvernement, ni même dans les milieux partisans et associatifs réputés opposés à cette alliance. Ce qui veut dire que quelque chose ne tournerait pas rond dans le pays. C’est-à-dire qu’un journal ou un ministre peut dire n’importe quoi lorsque l’écrit ou le propos tenu est exprimé en langue arabe, mais que lorsque ce “n’importe quoi” l’est en langue française, les réactions à son endroit sont vives et rapides. Cela suppose que  ce “n’importe quoi” dit ou écrit en arabe, lorsqu’il décrit des situations qui se trouveraient loin de la réalité, est soit reçu comme du “n’importe quoi” par les lecteurs et les responsables du pays qui ne voient pas l’utilité de corriger ce qui a été dit ou écrit, ce qui n’est déjà pas bien en soi, ou que tout simplement les lecteurs et les responsables ayant lu ou entendu ces informations n’en possèdent pas d’autres pour pourvoir les contredire, ce qui serait encore plus grave. De quoi s’agit-il en vérité ?

Dans son édition du 12 août, Le Quotidien d’Oran avait, sous le titre “les prix font bouger le gouvernement”, rapporté une déclaration du ministre du Commerce, M. Djaaboub, qui ne contient que des imprécisions et de fausses estimations. Ce dernier s’était signalé déjà depuis un mois en annonçant qu’il allait faire en sorte de “noyer” le marché en important 500 000 tonnes de pomme de terre. Et depuis un mois, la pomme de terre nargue les bourses de la ménagère en s’affichant au prix scandaleux de 60, voire 70 DA le kilo. Dans sa déclaration rapportée par Le Quotidien, il apparaît un certain nombre d’erreurs qui seraient soit dues à une mauvaise compréhension par le journaliste des propos tenus en langue arabe par le ministre, ou alors peut être aussi à une mauvaise traduction de l’arabe vers le français, ou tout simplement de coquilles journalistiques qui arrivent souvent lorsqu’il est question  d’exprimer des grandeurs statistiques. Les erreurs ici portent souvent sur les unités de référence utilisées et que les lecteurs avertis corrigent par eux-mêmes. Que l’on soit dans le premier cas de figure ou dans le second, la nécessité de porter des rectifications s’imposait ; celles-ci  devaient l’être dès le lendemain, en utilisant le même support médiatique. La chose n’ayant pas été faite en son temps, cela conduit à penser que les propos du ministre sont vraiment les siens, exprimés consciemment et traduits fidèlement par le journaliste qui les a rapportés et qui lui-même partagerait la responsabilité d’avoir livré aux lecteurs ces informations invraisemblables. Que dit le ministre dans l’article en question ? Que l’Algérie produirait en moyenne 40 millions de tonnes de blé et qu’elle en importerait le double, soit 80 millions, sachant que 40 millions de tonnes de blé c’est, à un million de tonnes près, ce que consomme la totalité du monde arabe. Avec 80 millions de tonnes, on pourrait satisfaire les besoins en blé de l’Afrique dans sa totalité. L’Algérie ne produit en réalité que 4 millions de tonnes en année de très bonne pluviométrie et moins de 2 millions de tonnes en année moins pluvieuse, ce qui fait une moyenne annuelle sur dix ans de 2,5 millions de tonnes, les importations variant, elles, entre 3  et 5 millions de tonnes an pour satisfaire les besoins du pays. Nous sommes donc loin des chiffres donnés par le ministre du Commerce Ce dernier, continuant sur le même chapitre, dira des prix du blé importé que ceux-ci avaient fortement augmenté, passant du simple au double : de 2 300 à 5 600 dollars la tonne. Là aussi l’erreur est énorme. Si bien entendu les prix du blé ont augmenté d’une année sur l’autre de 50% à peu près, ceux-ci  passant 136 euros la tonne à Paris au mois de septembre 2006 à 208 euros pour des livraisons en septembre 2007, soit l’équivalent donc de  300 dollars. Sur le marché de Chicago, la même évolution est constatée, avec un accroissement de près de 50% d’une année sur l’autre et un prix actuel de 204 dollars la tonne pour livraison en septembre prochain… Nous sommes donc loin des chiffres du ministre du Commerce. 

La méconnaissance des réalités économiques mondiales et nationales par un ministre en charge du commerce national, particulièrement quand cette méconnaissance concerne précisément des produits alimentaires qui sont importés depuis l’indépendance du pays et qui devraient donc constituer une préoccupation de tous les instants de la part du principal responsable chargé de suivre tout ce qui s’y rapporterait (production, importation, leur situation sur le marché international…) tout cela devrait inciter les responsables du pays à être plus vigilants s’agissant du choix des hommes qui doivent occuper ces postes extrêmement sensibles… L’on attend d’un ministre du Commerce saisi d’un problème de dérèglement dans la distribution de produits vitaux qu’il prenne des mesures concrètes, énergiques et immédiates pour ne pas laisser l’immense majorité de la population algérienne dans le désarroi face à l’accroissement des prix de produits qui constituent pour elle la nécessité absolue, à savoir les produits alimentaires que sont le pain, la pomme de terre le sucre, l’huile, le lait, le café, le riz , les légumes secs dont les prix se trouvent tous en même temps sur une échelle ascendante… Ce qui est navrant, c’est que face à ces situations de dérèglement – et ceci ne concerne pas uniquement le ministre du Commerce mais tous nos ministres en charge des départements qui participent à l’organisation du marché de l’alimentation des Algériens – ceux-ci adoptent généralement des attitudes qui consistent  à faire endosser une faute qui leur incombe en totalité par un marché international qui aurait soudainement provoqué la flambée des prix des produits que le pays importe ou en l’attribuant à un jeu jugé malsain qu’affectionneraient de supposés spéculateurs nationaux qui auraient volontairement provoqué des pénuries artificiellement à l’effet de réaliser de gros bénéfices.

Les augmentations du prix résultent de la rareté et c’est cette rareté que les dirigeants n’ont pas su déceler à temps c’est-à-dire avant que les choses ne dégénèrent… Ce qui arrive au pays et aux citoyens de ce pays est la conséquence de l’imprévoyance et de l’incompétence de certains responsables en charge des postes en prise directe avec la population algérienne dans ce qu’elle a de plus sensible, son alimentation.

De la pomme terre au blé, M. Djaaboub  s’est aussi distingué durant cette déclaration en parlant du lait et en produisant la aussi des informations dont le moins que l’on puise en dire est qu’elles montrent une fois de plus que face à la difficulté, nos responsables ne prennent pas la précaution de contrôler ce qu’ils disent. C’est ainsi que M. Djaaboub déclarait, dans le même article, que  l’Algérie consommait 3 milliards de litres de lait par an, qu’elle en produisait 2 milliards et qu’elle en importait 3,5 milliards. On n’attend pas d’un ministre qu’il soit expert en tout, mais du moins qu’il sache établir de la cohérence dans ce qu’il dit. S’agissant de l’exemple du lait, le plus simple aurait été de dire que l’Algérie consomme 5,5 milliards de litres de lait par an, qu’elle en produirait 2 milliards et qu’elle en importait le reste, soit 3,5 milliards, sans aller à donner des explications qui rendent l’information confuse parce que passant sous silence 2,1 milliards de litres égarés dans l’explication (1,6 milliards production non collectée et 500 millions de litres d’excédent d’importation dont on ne connaît pas la destination).

Autre phénomène de langue ou manque de vigilance dans la traduction de l’anglais vers l’arabe, le papier publié par El Khabar dans son édition du 13 août consacré à l’expérience algérienne dans le domaine de l’énergie solaire. Le papier commence par citer un article du journal américain US Today lequel rapportait une information portant sur l’intérêt grandissant des experts américains relativement à l’expérience engagée par l’Algérie dans le domaine de l’énergie solaire et qui vise dans un premier temps 18 hameaux du Sud, expérience qui serait étendue au début de l’année 2009 à 16 autres hameaux situés dans la même région. Jusqu’ici, le papier s’avère intéressant puisqu’il nous informe d’une expérience en cours et qui s’avère aussi être dans les possibilités du pays qui a été pionnier en ce domaine en engageant des expériences similaires au début des années 1980 avec le fameux Commissariat aux énergies nouvelles dont il faut regretter la disparition. La suite est moins brillante puisque le papier en tire comme conclusion que l’Algérie envisagerait non seulement de produire de l’électricité pour ses propres besoins, mais qu’elle envisagerait d’en vendre une partie  aux Européens. Et là, nous sommes sidérés que nos journalistes considèrent que le pays serait en mesure de satisfaire ses besoins en électricité à partir du soleil mais qu’en plus, il serait aussi en mesure de produire et de vendre cette électricité solaire aux Européens et ce, dès l’ année 2010 ! Passons et disons pourquoi pas ? Les experts américains cités par le journal, après avoir constaté que l’Algérie allait mettre en route d’ici à deux ans la centrale mixte thermique solaire et gaz de Hassi R’mel d’une capacité de 150 mégawatts, que cette centrale allait commencer à fournir 6 000 mégawatts (les ventes d’électricité s’exprimant en kilowatts-heure) aux pays européens, soit plus que les capacités du pays installées à ce jour (5 800 mégawatts). Ce qui représenterait, selon le journal, 10% des besoins annuels de l’Allemagne. Nous laissons le soin aux lecteurs de trouver l’erreur dans ce qui a été rapporté par El Khabar en lui rappelant seulement que le pays commence à accuser un retard important dans le domaine de la production d’électricité par rapport à des voisins comme la Tunisie ou l’Egypte ; ce retard est colossal par rapport aux pays du Golfe à l’Afrique du Sud. A titre d’exemple, citons quelques chiffres récents. La consommation moyenne  par habitant en Algérie  est de 850 kilowatts-heure par an, elle est en de 8 000 kilowatts-heure dans les pays européens, de 3 800 en Afrique du Sud, de 13 000 au Qatar, de 8 000 au Koweït… et plus près de nous de 950 en Tunisie et de 900 en Egypte. Avant d’envisager de vendre de l’électricité, il faut d’abord rattraper le retard que nous accusons en ce domaine. Ceux qui théorisent sur cette question nous diront qu‘il vaut mieux transformer le gaz chez nous en électricité et l’exporter donc sous cette forme, le pays y gagnerait sur plusieurs plans : la rente de la transformation industrielle et le bénéfice d’une industrialisation approfondie accompagnée par le développement d’une intelligence technologique nationale. Mais ce type de raisonnement nous n’y sommes pas encore car il fait partie du domaine du rêve et cela malheureusement nous est interdit pour le moment et pour un long moment encore. Ce qu’il faut regretter…

B. Hachemane

 

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Economie algérienne

Ces petites imprévoyances qui conduisent aux grandes difficultés

Ces derniers temps le Gouvernement algérien semble assailli par des difficultés auxquelles il ne semble pas etre en mesure d’apporter des solutions durables .Toutes ces difficultés résultent soit de mauvaises décisions prises dans le passé et dont les effets ont fini par apparaître au grand jour , soit de décisions qui n’auraient pas été prises en leur temps pour répondre à des problèmes cycliques prévisibles liées soit à des causes climatiques nationales soit à des dérèglements internationaux , ces mêmes difficultés resurgissant trouvent le pays en retard dans la mise en œuvre des solutions pensées autrefois mais non mises en place ect .

.Dans le milieu des années 1990 le Ministère de l’Agriculture a crée des comités de coordination par filière pour régler la production et la distribution des produits agricoles de base dont la pomme de terre et les céréales .Déjà à l’époque il a été recommandé à plusieurs reprises dans le cadre des réunions de ces comités la mise en place de stocks stratégiques qui devaient servir en cas de baisse ou de hausse des prix de ces produits de faire en sorte que les prix sur le marché intérieur restent stables .Le mécanisme est simple en cas de pénurie de produit on  puise dans le stocks stratégiques pour maintenir les prix en cas de baisse ces prix à la suite d’une surproduction l’Etat retire du marché et stocke à ses frais les quantités excédentaires qui sont de nature à entraîner les prix vers le bas ce qui pourrait entraîner la ruine des producteurs …Ou sont les stocks stratégiques de pomme de terre et ou sont les stocks stratégiques de blé de même pourrait on aussi demander ou sont les stocks stratégiques de poudre de lait , objet des recommandations des différents comités des filières installés au niveau du Ministère de l’Agriculture depuis plus d’une dizaine d’années ? Tous ses produits ont des prix qui varient selon les offres et les demandes qui s’expriment sous une forme mondialisée aussi il est prudent qu’un Etat qui a le souci de la préservation du pouvoir d’achat de ses citoyens de faire en sorte de prémunir ces derniers des « à-coups » c’est à dire de fortes hausses ou de fortes baisses dans le prix de ces produits en procédant par le biais des stocks stratégiques à maintenir des prix stables sur de longues périodes en mettant sur le marché intérieur les quantités qui permettraient cela ou en retirant du marché les productions excédentaires . Si le Ministre de l’Agriculture est responsable de n’avoir pas vu que la production de pomme de terre de saison serait en baisse et de n’avoir pas tiré  le signal d’alarme suffisamment tôt pou prévoir des importations d’appoint , le Ministre du Commerce est responsable de la non mise en place de ces stocks stratégiques .Par ailleurs les Ministères continuent à s’appuyer sur des instituions dites de régulation ou de surveillance des marchés extérieurs pour saisir les bonne opportunités d’achat , institutions qui se sont fossilisées depuis longtemps ne produisant que de la dépense publique et n’apportant aucun service aux décideurs publics . Le Ministère du Commerce avec sa fameuse décision «  d’assainir le secteur de l’importation » par l’accroissement du capital de sociétés qui y opéraient a exclu deux douzaines de milliers d’importateurs , offrant ainsi un cadeau inespérée aux plus fortunés du pays qui n’en espéraient pas tant reconstituant un monopole de fait  .Ce qui fait que les décisions d’acheter ou de ne pas acheter ne résultent plus de considérations commerciales concurrentielles ponctuelles mais de stratégie de contrôle du marché sur le long terme ce qui se traduit par une montée inexorable des prix .Une baisse des prix du sucre sur le marché intérieur par exemple qui est au plus sur les marchés extérieurs est exclue ( il était à 380 dollars la tonne il y a un an il est 280 dollars aujourd’hui ) .  Avec les petits importateurs le marché répondait rapidement à ces baisses .la chose est aussi vraie pour le café , l’huile , le mais etc …Aujourd’hui cela n’est pus possible .

Pour revenir à plus « important » et comprendre aussi ce qui se passe dans le domaine « sacré » du pétrole et du gaz en revenant une fois de plus sur le feuilleton du « medgaz » . Le  fait que l’Algérie ne soit pas membre de l’OMC elle ne peut selon nous faire valoir ses droits à distribuer les quantités de gaz qui lui reviennent  de «  droit » sur le marché espagnol . Elle ne peut aussi présenter un dossier solide devant une juridiction de commerce internationale pour deux raisons la première celle qui vient d’etre citée , en étant membre  de l’OMC elle pouvait demander qu’on lui applique la clause de la nation la plus favorisée c’est à dire qu’elle ne soit pas discriminée par rapport à d’autres compagnies concurrentes étrangères ou même espagnoles . Secondo elle ne peut prétendre à la réciprocité puisque les sociétés étrangères dont les espagnoles ne sont pas encore autorisées à distribuer leurs produits pétroliers et gaziers en Algérie . L’Algérie est tout simplement rattrapée par ses fautes commises dans le passé .Il faut seulement espérer que celles ci soient corrigées le plus vite possible et ne pas continuer à se plaindre de l’adversité des autres , et se convaincre que le seul adversaire de L’Algérie c’est l’Algérie  elle même …Et au risque de décevoir une partie de nos lecteurs convaincus du bien fondé de la revendication algérienne telle qu’elle est formulée par les dirigeants du Secteur énergétique , l’Espagne en autorisant SONATRACH à commercialiser directement 1 milliard de mètres cubes de gaz sur son territoire a fait une fleur à l’Algérie en l’autorisant à le faire pour deux milliards elle lui accorde une grande fleur chose ce qu’il fallait que le Ministre de l’Energie explique au public algérien au lieu de l’envoyer sur le mur de l’incompréhension .

B.H

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