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Le
Maroc invite l’Algérie à rouvrir ses frontières
Le non de
Zerhouni
El Youm, El Ahdeth :
"Rabat implore la réouverture des frontières avec l’Algérie" ; Al
Fadjr : "Le Maroc invite l’Algérie à rouvrir les frontières et à la
normalisation des relations"… Il est rappelé que "des rumeurs
avaient circulé sur le sujet au début de l’année 2006 et durant
l’été, après la suppression du visa d’entrée de part et d’autre,
avant que le ministre de l’Intérieur Yazid Zerhouni ne les démente".
Al Khabar consacre
à ce sujet son dossier politique du samedi. "Qui est le perdant et
le gagnant économiquement ?", se demande le quotidien. Et au
rédacteur d’indiquer que "pour y répondre, il suffit de regarder la
situation économique de chaque pays. L’Algérie vit une aisance
financière grâce à la flambée des prix du pétrole, alors que le
Maroc enregistre un taux élevé de chômage et que la région
frontalière avec l’Algérie vit un tassement de l’activité
touristique qui a conduit à la fermeture de centaines d’hôtels". Et
à ce titre arabophone de rappeler les propos du ministre algérien de
l’Intérieur, qui avait déclaré que "l’Algérie ne tire pas autant
profit de la réouverture des frontières que le Maroc". L’Authentique
fera de cette demande sa première ouverture. La Nouvelle République
titre : "Le SOS de Rabat." "La demande n’est pas nouvelle, mais le
contexte est nouveau." Et le commentateur de poursuivre : "Il y a,
certes, la question de la réouverture des frontières sur laquelle
les Marocains seraient prêts à faire des concessions, eu égard à son
caractère vital pour l’économie marocaine qui traverse actuellement
une grave crise et sur laquelle l’Algérie ne pourrait céder sans
rien obtenir en contrepartie." Mais, rappelle La Nouvelle
République, "il y a cette épineuse question du Sahara occidental qui
bloque tout, alors que les Marocains butent sur un nouvel échec
après l’impasse des négociations de Manhasset, pour n’avoir pu faire
la moindre concession sur leur plan d’autonomie factice". Et au
commentateur de conclure qu’entre les deux capitales, "la confiance
est encore loin d’être rétablie". Pour Le Citoyen, "c’est la énième
fois qu’on entend cette chanson ici". Et de poursuivre : "Cette
sortie marocaine intervient quelques jours après les propos du
président Bouteflika à ce sujet, dans lesquels il estime qu’une
éventuelle réouverture des frontières était tout à fait
envisageable."
SOS marocain
Liberté : "Rabat
veut ouvrir le dossier." Le quotidien estime qu'"à travers cet
appel, le royaume chérifien vise à mettre la pression sur Alger afin
qu’il accepte de rouvrir ces frontières dont la fermeture a causé
d’énormes pertes aux populations du Maroc oriental qui tiraient un
énorme profit de leurs rapports avec les Algériens".
La Tribune
indique que "pour l’Algérie, tant que la Maroc persistera à
l’entraîner dans ce conflit (Sahara occidental, ndlr) il ne peur y
avoir de ‘normalisation’ des relations bilatérales et…encore moins
la possible édification d’une quelconque union maghrébine".
El Watan : "Rabat
presse Alger de rouvrir la frontière." Pour ce quotidien, "selon de
nombreux observateurs, l’appel du Maroc obéit à des besoins
pressants de son économie asphyxiée, notamment par la hausse des
prix du pétrole. (…) Ainsi le Maroc espère, affirme-t-on, que
l’ouverture des frontières terrestres sera bénéfique pour son
économie. Cela pourrait améliorer ses recettes touristiques et lui
permettre de mieux placer ses produits manufacturés et agricoles sur
le marché algérien, qui demeure largement alimenté par
l’importation". Dans un commentaire, El Watan estime par ailleurs
que "la communauté de destin ne peut être pour les peuples une vertu
agissante et sincère que si elle n’est pas contrariée par des
manœuvres dilatoires. Ce qui reviendrait, dans un discours officiel
marocain qui n’évite pas les contradictions, à parler de
normalisation pour en fait ne rien dire".
"Fraternelle
manœuvre" est le titre du commentaire publié par Le Jeune
Indépendant. Un titre qui en dit long sur ce que pense ce quotidien
de la demande marocaine. Et au rédacteur d’ironiser en soulignant
que "le Maroc redécouvre soudainement les vertus du bon voisinage et
se rappelle qu’à sa droite se trouve un pays qui reprend vite ses
forces, revient à pas de charge réoccuper son poste régional et
qu’on ne peut donc négliger internationalement plus longtemps".
C’est dans ce même esprit que Le Jour d’Algérie se demande si cette
demande marocaine est "une offre sincère", "une manœuvre" ou encore
"une dérobade".
Dimanche 23 mars,
l’Algérie répond à cette invitation par la voix de son ministre de
l’Intérieur. Propos auxquels ont été consacrés les premières
ouvertures de quelques titres. Al Khabar a rapporté que "l’Algérie
n’est pas pressée d’ouvrir ses frontières avec le Maroc" et a
souligné que "l’Algérie a reçu froidement l’invitation des autorités
marocaines". Pour Midi Libre, "c’est le refus de Zerhouni". Le
quotidien indique que "bien que niant son intention de vouloir
empiéter sur les prérogatives du ministre des Affaires étrangères,
Zerhouni pense que cette éventualité demande de nombreux mois".
Analysant les déclarations du ministre, il conclut : "Autrement dit,
il faut se pencher sérieusement sur les points de discorde qui
minent le dossier algéro-marocain." La Tribune estime que "pour
clarifier au mieux la position algérienne sur la question de ses
frontières avec le Maroc, M. Zerhouni a déclaré que le problème de
la circulation aux frontières algéro-marocaines n’est pas une
question isolée et doit être prises dans un cadre général". Le Jeune
Indépendant rapporte aussi en Une la réponse donnée par le ministre
de l’Intérieur qui a déclaré que "le Maghreb ne se limite à Alger et
à Rabat". Liberté rapporte également le refus algérien : "Le
ministre de l’Intérieur a clairement laissé entendre qu’une
éventuelle réouverture de ce dossier demeure conditionnée par une
série de mesures qui s’inscrivent dans le cadre du règlement global
des contentieux existant entre les deux pays". L’affaire est donc
entendue.
Nadia Kerraz
Haut
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