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Semaine du 26 Août au 1 Septembre 2009

 

Ramadhan, rentrée sociale, rentrée scolaire et universitaire

Le gouvernement attendu sur le terrain de l’action

Les thèmes récurrents du Ramadhan

La bonne nouvelle de la semaine

Ces séminaires et ces colloques qui ne rapportent rien

Production et programme de la télévision algérienne

L’exception ramadhan...et encore !

 

 

 

 Dossier


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Ramadhan, rentrée sociale, rentrée scolaire et universitaire

Le gouvernement attendu sur le terrain de l’action

Des dossiers sensibles sont sur la table du gouvernement. Des échéances attendent l'équipe, particulièrement les ministres chargés des secteurs du commerce, de l'agriculture, de l'éducation nationale, de la recherche scientifique, de la solidarité nationale et de la santé.

Durant le mois de Ramadhan, les auditions «traditionnelles» des membres de l’Exécutif par le président de la République vont reprendre. Mais les ministres seront surtout attendus sur le terrain de l’action. Le Ramadhan, la rentrée sociale, la rentrée scolaire et universitaire et la grippe porcine sont parmi les principaux dossiers qui les interpellent.

Plus concrètement, le Ramadhan constitue d’ores et déjà un défi pour Hachemi Djaâboub, Rachid Benaïssa et Djamel Ould Abbès, respectivement ministres du Commerce, de l’Agriculture et de la Solidarité nationale. Pendant le mois de jeûne, propice à la spéculation, les priorités vont vers le contrôle de la qualité et des prix, et de façon générale, vers la régulation du marché. Evidemment, celle-ci passe notamment par la disponibilité des légumes et fruits et de la viande, pour éviter la flambée des prix. Par ailleurs, c’est durant le Ramadhan que se manifeste la solidarité religio-institutionnelle, qui coûtera à l’Etat près de 3 milliards de dinars cette année. Pour rappel, l’opération «Solidarité Ramadhan» a émergé depuis une décennie et se réédite ainsi chaque année. Pas moins de 1,7 million de couffins d’une valeur de 5000 DA sont prévus dans ce cadre. A cela vient se greffer la distribution d’environ 6,3 millions de repas à travers 600 restaurants Rahma mobilisés à travers l’ensemble des wilayas. Le département d’Ould Abbès parviendra-t-il, cette fois, à débusquer les faux pauvres des personnes réellement dans le besoin ?

Sur un autre plan, l’arrivée du Ramadhan annonce les couleurs de la prochaine rentrée scolaire et universitaire 2009/2010 qui s’annonce apparemment chaude, en raison des menaces de grève dans les secteurs de l’éducation et de  l’enseignement supérieur. Une rentrée qui opposera Boubekeur et Harrouabia aux enseignants et syndicats de leurs secteurs respectifs, et qui exigera nécessairement le dialogue entre les parties et la recherche de solutions tangibles pour prévenir contre une année scolaire et universitaire perturbée.

Parmi les autres préoccupations, la question de l’évolution de la grippe porcine occupe une bonne place. Même si aucun décès n’est enregistré en Algérie, le ministre de la Santé, Saïd Barkat, doit  faire preuve d’une grande vigilance, d’autant que le risque d’une évolution dans le mauvais sens n’est pas à écarter.

Le Ramadhan a aussi son lot d’inquiétudes pour les citoyens et les familles. Ces derniers redoutent, pour la plupart, les difficultés matérielles, car ils sont devant une équation complexe : gérer à la fois le budget du Ramadhan et honorer notamment les dépenses de la rentrée scolaire et les autres charges (factures d’eau, d’électricité et de téléphone).

Actuellement, les prix affichés sur le marché font tourner la tête. Les produits très prisés, viande, poisson, fruits secs et citron compris, connaissent une courbe vertigineuse. Même les bottes de coriandre, de persil, de menthe et d’épinards, si elles ne sont pas «amaigries», sont vendues à des coûts abusifs.

Depuis des années déjà, la rentrée sociale est synonyme de calvaire pour beaucoup d’Algériens devant le recul du pouvoir d’achat et les dépenses sans cesse en augmentation, même clles des produits scolaires. La situation est devenue  insoutenable avec le rapprochement du mois de carême, de la période des vacances et de la rentrée scolaire. Le commun des Algériens a du mal à comprendre que dans un pays installé dans un confortable matelas financier, les structures de contrôle et de régulation, bien installées et renforcées, n’arrivent pas à bloquer la spéculation ni à dissuader les trafiquants de tous bords. Malgré les engagements et les professions de foi des dirigeants, force est de constater que la spéculation est encore là. Jusqu’à quand durera le diktat des producteurs, mandataires, commerçants et autres spéculateurs ? Jusqu’à quand les millions d’Algériens, durement affectés, subiront-ils ces incohérences, alors qu’ils ont tout à gagner en s’organisant en associations de consommateurs ?

Plus royaliste que le roi…

La particularité du Ramadhan 2009 est qu’il arrive en plein été. Outre la baisse d’activité dans la production, il touche d’autres secteurs, à commencer par celui du tourisme. Sans parler de nos concitoyens et compatriotes qui, pour des raisons religieuses, de santé ou autres, ne font pas carême, les étrangers résidant ou séjournant en Algérie sont d’emblée sanctionnés durant ce mois. Hormis les exceptions. Ni les partis politiques ni les hommes de foi, encore moins les ligues des droits de l’homme ou les défenseurs des libertés individuelles n’osent aborder le sujet. On est tenté de croire ces analystes qui mettent en avant un côté extrême chez l’Algérien, du moins pensent-ils qu’il est plus royaliste que le roi. Dans cette optique, ils relèvent que la décision de changement de week-end, survenue la veille du Ramadhan 2009, obéit à la même logique.  Sauf que l’instauration du nouveau week-end, justifiée notamment par le facteur économique, émane d’un gouvernement qui, hélas, n’a pas eu le courage de toucher au tabou de  la journée du vendredi.

Pourtant, en coupant la poire en deux, l’Exécutif n’a-t-il pas mis les pieds sur une inconnue qui, loin d’être universelle, s’inscrit selon certains dans un nouveau schéma basé sur les notions de différenciation et de domination culturelles et religieuses ? Si tel est le cas, n’a-t-il pas piégé le pays en offrant aux islamistes une arme susceptible de contrer la volonté réelle de paix et d’union ? Ces questions, peut-être affolantes, méritent d’être posées à partir du moment où l’amalgame est entretenu entre la prière du vendredi et la journée du vendredi. Faut-il alors donner crédit aux propos de ce confrère qui craint que le travail ou l’ouverture d’un lieu d’activité un vendredi, y compris en dehors de l’heure de prière, constitue désormais un cas d’outrage à la religion musulmane ? Il est trop tôt de répondre par l’affirmative ou la négative, mais une chose est sûre : les jours à venir nous éclaireront certainement sur les véritables initiateurs de ladite décision et sur leurs intentions.

En attendant ce moment, il y a quand même comme une sorte de brouillard, sinon un malaise général, qui soulève bon nombre d’interrogations sur la gestion des affaires du pays. A titre d’exemple, les récentes déclarations du président de la République laisseraient entrevoir, d’après des commentateurs, une prochaine amnistie générale en faveur des terroristes islamistes. Il s’agit en fait du message d’Abdelaziz Bouteflika, adressé à la nation le 20 août dernier. Lors de la double commémoration du congrès de la Soummam et de la Journée nationale du moudjahid, ce dernier a réaffirmé «la main tendue de l’Etat» aux islamistes armés, les invitant à se rendre en échange du pardon. Pour le chef de l’Etat, les mesures de  la réconciliation nationale sont maintenues pour «ceux qui se sont égarés pour s’être trompés de repères religieux ou pour avoir été trompés». Le président Bouteflika a certes ajouté que la lutte se poursuivra contre les semeurs de la mort ayant emprunté «les voies de la désobéissance et du crime», qu’il a qualifiés de « mercenaires». Mais il n’a donné ni explication sur ce qui distingue «l’égaré» du fondamentaliste convaincu, ni une idée du travail qui devra être obligatoirement mené en direction des futurs repentis, pour éviter la récisdive et l’instrumentalisation de l’islam politique.

Par Z’hor Chérief

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Les thèmes récurrents du Ramadhan

Chaque année, c'est la même rengaine. Les prix flambent pendant le Ramadhan. Qu'il s'agisse de produits du terroir ou  d'importation, les prix passent au rouge plusieurs semaines avant ce mois sacré. Et chaque année, les autorités font semblant de contrôler et de lutter contre cette frénésie des prix. Entre les deux, c'est le citoyen, de la catégorie des faibles et moyens revenus, qui subit les conséquences de cette escalade annuelle.

C’est désormais un rituel. Chaque année, à quelques jours du Ramadhan, les médias mettent le paquet pour focaliser sur les hausses des prix dans les marchés des fruits et légumes, des viandes et autres produits alimentaires de grande consommation pendant ce mois de jeûne. Mais pour quelle finalité ? Le scénario ne cesse de se répéter sans que l’on sente une quelconque amélioration. Les intermédiaires, les spéculateurs et les trafiquants en tous genres trouvent leur pain béni pas seulement en cette période mais durant toute l’année. Alors, s’il y a lieu de lutter contre ces pratiques commerciales déloyales qui font augmenter jusqu’à 50% les prix de certains produits, voire le double pour d’autres, c’est toute l’année qu’il faut le faire.

A ce jour, les mécanismes de régulation ne font pas recette. Certes, les directions de contrôle des prix et de la qualité au niveau des wilayas ne sont pas dotées des ressources humaines et matérielles suffisantes pour accomplir convenablement leur tâche, mais cela ne peut expliquer cette situation. Tout l’argent qui a été dépensé dans l’agriculture n’a-t-il pas suffi pour réguler les différentes filières du secteur ? Prenons le cas de la filière des viandes rouges et blanches dont les prix ont exagérément augmenté depuis quelques mois déjà, mais en particulier ces dernières semaines. Puisque les boucheries, qui disposent d’un identifiant fiscal et payent leurs impôts sont censées s’approvisionner à partir des abattoirs officiels et contrôlés afin de justifier leurs chiffres d’affaires, il existe donc une traçabilité des quantités mises sur le marché. Il est donc possible, en théorie du moins, de connaître le volume des quantités mises sur le marché et de savoir si une hausse des prix aussi brusque qu’importante est la conséquence d’un déséquilibre entre l’offre et la demande ou bien le résultat d’une pure opération spéculative.

L’intervention sporadique de la société de gestion des participations de la production  animale (SGP/PRODA) ne va faire baisser la fièvre des prix ni pendant le Ramadhan ni après. La décision de fixer les prix des viandes blanches à 250 Da/kg et celui  des viandes rouges à 680 Da/kg durant le mois de Ramadhan au niveau de 80  points de vente répartis sur 19 wilayas reste insuffisante si l’ensemble de la chaîne, allant de l’éleveur aux abattoirs, n’est pas maîtrisé. Il ne s’agit pas de fixer des prix, mais de garantir que le processus de leur hausse ou de leur baisse (ce qui est rarement le cas chez nous) obéisse à des règles économiques. C’est-à-dire qu’une hausse des prix doit nécessairement traduire une baisse de l’offre, et non pas une rétention de quantités importantes par les spéculateurs, ou l’intervention d’une kyrielle d’intermédiaires qui font des bénéfices énormes entre deux appels téléphoniques. Le marché des fruits et légumes n’échappe pas, lui aussi, à cette règle. Il subit depuis bien longtemps le diktat des intermédiaires et des spéculateurs.

Cette année, la hausse a commencé plusieurs semaines avant le Ramadhan. Le prix de la tomate, même en été, n’a pas baissé en dessous des 35 Da, alors que durant la saison des grandes chaleurs, le prix de ce fruit atteint ses plus bas niveaux. Combien d’années faut-il attendre pour voir le secteur des fruits et légumes, ainsi que celui des viandes, doté  d’un marché de gros ? C’est non seulement une manière de réguler le marché sans intervenir sur les prix, mais également de garantir l’intérêt de l’agriculteur et du consommateur. Ce que fait SGP/PRODA pour la pomme de terre (payée 20/kg aux agriculteurs) doit être généralisé pour d’autres produits de grande consommation. Cette hausse des prix nous fait oublier le marché du poisson, devenu quasiment inaccessible aux couches moyennes depuis plusieurs années déjà. Là aussi, les réformes du secteur de la pêche et de l’aquaculture n’ont pas permis une large consommation de poisson. L’inexistence de mercuriales de poisson, dont la mise en place a été annoncée depuis au moins 5 années, reste incompréhensible.

Combien de temps faut-il encore pour qu’un marché de gros comme celui de Rungis à Paris puisse voir le jour en Algérie afin que les marchands de détails puissent s’y approvisionner tout ayant la garantie de traçabilité des produits et une transparence dans le système des prix ? Il est possible d’espérer qu’avec le programme présidentiel (2009-2014) de réalisation de 50 marchés de gros des fruits et légumes au niveau national, le commerce de détail puisse se libérer définitivement de la loi des parasites.

Encore faut-il que tous les intervenants jouent le jeu, en particulier les associations de consommateurs qui devraient cesser de ne se manifester qu’une fois par an comme le croissant lunaire de Ramadhan.

Par Abdelkader Djalil

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La bonne nouvelle de la semaine

Ces séminaires et ces colloques qui ne rapportent rien

Le gouvernement a finalement décidé de mettre de l’ordre dans le chapitre de l’organisation de séminaires, de journées d’étude, de colloques et autres événements destinés à la consommation médiatique. Dans le cadre de la réduction du train de vie des institutions de l’Etat, ces dernières sont appelées à réduire considérablement le recours à ce genre de rencontres sans lendemain.

Il a fallu que les finances du pays soient en situation de danger en raison de la baisse drastique des recettes pétrolières pour qu’une telle mesure salutaire soit prise. Mais ne dit-on pas qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire ?

Comme à la fin de chaque année, les prochains mois seront «riches» en événements purement médiatiques. Plusieurs secteurs ministériels et des organismes qui leur sont affiliés vont reprendre leur inlassable habitude d’organiser des journées d’étude et des séminaires. Le tourisme, l’environnement, les ressources en eau, les technologies de l’information et de la communication, l’habitat, l’emploi, les travaux publics, l’enseignement supérieur et la recherche scientifique, l’énergie et bien d’autres secteurs vont se relayer dans les hôtels de luxe de la capitale pour l’organisation de rencontres scientifiques ou de vulgarisation destinés le plus souvent à un public ciblé. Des centaines voire des milliers de participants, dont certains viendront de l’étranger, seront logés pendant plusieurs jours dans ces établissements hôteliers. Comme il est de tradition, ces rencontres se termineront par des recommandations qui resteront sans suite. Ces séminaires sont l’occasion pour certains responsables de paraître à la télévision, de faire des promesses que tout le monde aura oubliées au bout de quelques semaines. Un nombre impressionnant de séminaires a été consacré à l’environnement, à la recherche scientifique, aux élites algériennes installées à l’étranger, ainsi que d’autres thèmes, sans toutefois apporter grand-chose à ce jour. Les promesses de faire de l’Algérie une plaque tournante en matière de tourisme d’ici quelques années coûtent non seulement de l’argent aux caisses de l’Etat, mais elles semblent vraisemblablement irréalisables. En attendant, l’Algérien est le premier touriste chez nos voisins tunisiens. Et si les frontières ouest seront ouvertes, une bonne partie de ces vacanciers va basculer chez le voisin marocain.

Le gouvernement fait bien de réduire ces dépenses, il fera mieux en exigeant que pour chaque événement organisé (y compris les salons), des résultats concrets soisent exigés des organisateurs.

A. D.

 

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Production et programme de la télévision algérienne

L’exception ramadhan...et encore !

“Le cinéma algérien a débuté avec Mohamed Lakhdar Hamina et se termine avec Lakhdar Boukhers.” Terrible sentence que l'on attribue à un célèbre humoriste algérien. Effectivement, à bien regarder la production nationale, on est tenté de dire que la formule résume l'état de déliquescence dans laquelle se retrouve la production cinématographique dans notre pays. De Hamina à Boukhers. Tout est résumé en quelques mots.

La production  audiovisuelle algérienne brille ces dernières années par une incroyable confusion des genres. On ne fait plus désormais de distinction entre une production cinématographique et une  production télévisuelle. L’absence de précision et de classification est sciemment entretenue. Idem pour la désignation de l’auteur d’une production. Par le passé, on parlait d’un téléaste pour l’auteur d’une production télé, et d’un cinéaste pour l’auteur d’un film cinéma, tourné en 35mn. On peut ainsi allonger la liste des petits détails qui ont fait la différence, et qui malheureusement entretiennent aujourd’hui une confusion qui déroute des générations d’Algériens.  A la vérité, il faut crier que le sympathique humoriste Lakhdar Boukhers ne fait pas de cinéma mais qu’il est auteur interprète et réalisateur de séries télévisuelles. Ce sont des petites saynètes, des sketchs, des situations de la vie de tous les jours tournés en dérision avec plus ou moins de réussite par Boukhers.  Ce type de production télévisuelle se laisse voir parce qu’elle n’a d’autre prétention que de faire rire et cela fonctionne auprès des fidèles spectateurs de la télévision algérienne. Vu sous cet angle, tous les Boukhers d’Algérie peuvent se réunir et   produire à satiété pour la télévision dans un créneau où ils excellent : les séries loufoques. Ils sont en effet nombreux à avoir saisi l’opportunité de la parenthèse ramadhan pour se lancer dans la production de sitcoms, de feuilletons et de séries.

On souligne la parenthèse ramadhan vu que la télévision algérienne met les bouchées doubles pour préparer sa grille et comme elle l’a souhaité, algérienne à plus de 80%, la télévision algérienne ne produit en définitive que pour le mois de ramadhan. C’est l’exception Ramadhan. Un genre de consensus national. D’abord, c’est l’unique mois où tout  le  monde ou presque voit la télévision algérienne, l’Entv, Canal Algérie, A3 , ensuite c’est aussi le seul mois de l’année où la télévision algérienne se réconcilie avec  les Algériens et ce, quelle que soit la qualité des programmes proposés.  Le téléspectateur n’a pas le choix. Et puis un petit sketch juste après une bonne chorba ne fait de mal à personne et tout comme le dîner du ramadhan, il réunit   la famille et il n’y a aucune crainte de voir passer une image qui incommoderait les membres de la famille ou les invités. Le miracle se produit à ce niveau. C’est tout. Parce que pour la qualité, il faut repasser. Mais vraiment, ce ne sont pas les déceptions qui manquent chaque année. Pis, on a cette terrible impression que le niveau des productions télévisuelles est en chute libre d’année en année. Si l’on devait à titre d’exemple parler du programme de la première soirée ramadhan et évaluer la qualité des produits proposés, seule la série Djemai Family tire son épingle du jeu. A bien voir, ce n’est ni une surprise, ni un miracle. D’abord le réalisateur de la série, Djaâfar Gacem, est un perfectionniste qui jusque-là s’est distingué par la qualité de ses productions. Ce réalisateur a du talent. Il excelle dans la mise en scène et dans la direction d’acteur. Il filme ses séries télévisuelles comme on tournerait un film cinéma. Il y a beaucoup de références cinématographiques dans les séries de Djaâfar Gacem, et cela confère une autre dimension aux productions de ce réalisateur. Il y a aussi dans les séries signées Djaâffar Gacem le sens de la dramaturgie, de l’intrigue et dans le genre humoristique, le gage est bien amené ; il est vrai qu’il est bien servi  par des comédiens de talent qui excellent dans le genre, à l’image de Salah Argout. Bref, le tout est une production qui sent le professionnalisme. Ce n’est pas un hasard si ce réalisateur ne produit que quelques séries. Il privilégie la qualité et cela se voit à l’image. Hors série, Djemai Family, ce sont les pages publicitaires qui occupent les écrans durant des minutes, mais les pubs sont de haute facture et elles se laissent voir. Les opérateurs de téléphonie mobile multiplient les offres et invitent les clients à parler, à téléphoner à gogo. Le reste, rien. Des suites d’images sans intrigues et sans suspense. Le son d’une partie d’une série est mauvais, l’histoire est censée se dérouler au Canada. Histoire tirée par les cheveux à l’image d’une séquence où un serveur de pizza à domicile demande un pourboire et le type qui le reçoit lui rétorque qu’il peut lui ramener un verre d’eau. Il vient d’Algérie donc… On peut  rire de désolation devant tant de mièvrerie. Idem pour un autre feuilleton où l’on aperçoit un homme soumis à un régime d’esclavage par son épouse.  Même avec  Fawzi B. Saichi, l’histoire est poussive. C’est à se demander si effectivement  ces séries proposées sont passées par le filtre de la commission de lecture. Le résultat est en deçà des attentes, alors l’exception ramadhan n’existe pas, sauf peut-être pour un peu d’humour en plus. Cela étant, il faut encore attendre pour mieux évaluer les productions du programme ramadhan 2009.

Par Abdelkrim Tazaroute

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