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Ramadhan, rentrée sociale, rentrée scolaire et universitaire
Le gouvernement
attendu sur le terrain de l’action
Des dossiers
sensibles sont sur la table du gouvernement. Des échéances attendent
l'équipe, particulièrement les ministres chargés des secteurs du
commerce, de l'agriculture, de l'éducation nationale, de la
recherche scientifique, de la solidarité nationale et de la santé.
Durant le mois de
Ramadhan, les auditions «traditionnelles» des membres de l’Exécutif
par le président de la République vont reprendre. Mais les ministres
seront surtout attendus sur le terrain de l’action. Le Ramadhan, la
rentrée sociale, la rentrée scolaire et universitaire et la grippe
porcine sont parmi les principaux dossiers qui les interpellent.
Plus concrètement,
le Ramadhan constitue d’ores et déjà un défi pour Hachemi Djaâboub,
Rachid Benaïssa et Djamel Ould Abbès, respectivement ministres du
Commerce, de l’Agriculture et de la Solidarité nationale. Pendant le
mois de jeûne, propice à la spéculation, les priorités vont vers le
contrôle de la qualité et des prix, et de façon générale, vers la
régulation du marché. Evidemment, celle-ci passe notamment par la
disponibilité des légumes et fruits et de la viande, pour éviter la
flambée des prix. Par ailleurs, c’est durant le Ramadhan que se
manifeste la solidarité religio-institutionnelle, qui coûtera à
l’Etat près de 3 milliards de dinars cette année. Pour rappel,
l’opération «Solidarité Ramadhan» a émergé depuis une décennie et se
réédite ainsi chaque année. Pas moins de 1,7 million de couffins
d’une valeur de 5000 DA sont prévus dans ce cadre. A cela vient se
greffer la distribution d’environ 6,3 millions de repas à travers
600 restaurants Rahma mobilisés à travers l’ensemble des wilayas. Le
département d’Ould Abbès parviendra-t-il, cette fois, à débusquer
les faux pauvres des personnes réellement dans le besoin ?
Sur un autre plan,
l’arrivée du Ramadhan annonce les couleurs de la prochaine rentrée
scolaire et universitaire 2009/2010 qui s’annonce apparemment
chaude, en raison des menaces de grève dans les secteurs de
l’éducation et de l’enseignement supérieur. Une rentrée qui
opposera Boubekeur et Harrouabia aux enseignants et syndicats de
leurs secteurs respectifs, et qui exigera nécessairement le dialogue
entre les parties et la recherche de solutions tangibles pour
prévenir contre une année scolaire et universitaire perturbée.
Parmi les autres
préoccupations, la question de l’évolution de la grippe porcine
occupe une bonne place. Même si aucun décès n’est enregistré en
Algérie, le ministre de la Santé, Saïd Barkat, doit faire preuve
d’une grande vigilance, d’autant que le risque d’une évolution dans
le mauvais sens n’est pas à écarter.
Le Ramadhan a
aussi son lot d’inquiétudes pour les citoyens et les familles. Ces
derniers redoutent, pour la plupart, les difficultés matérielles,
car ils sont devant une équation complexe : gérer à la fois le
budget du Ramadhan et honorer notamment les dépenses de la rentrée
scolaire et les autres charges (factures d’eau, d’électricité et de
téléphone).
Actuellement, les
prix affichés sur le marché font tourner la tête. Les produits très
prisés, viande, poisson, fruits secs et citron compris, connaissent
une courbe vertigineuse. Même les bottes de coriandre, de persil, de
menthe et d’épinards, si elles ne sont pas «amaigries», sont vendues
à des coûts abusifs.
Depuis des années
déjà, la rentrée sociale est synonyme de calvaire pour beaucoup
d’Algériens devant le recul du pouvoir d’achat et les dépenses sans
cesse en augmentation, même clles des produits scolaires. La
situation est devenue insoutenable avec le rapprochement du mois de
carême, de la période des vacances et de la rentrée scolaire. Le
commun des Algériens a du mal à comprendre que dans un pays installé
dans un confortable matelas financier, les structures de contrôle et
de régulation, bien installées et renforcées, n’arrivent pas à
bloquer la spéculation ni à dissuader les trafiquants de tous bords.
Malgré les engagements et les professions de foi des dirigeants,
force est de constater que la spéculation est encore là. Jusqu’à
quand durera le diktat des producteurs, mandataires, commerçants et
autres spéculateurs ? Jusqu’à quand les millions d’Algériens,
durement affectés, subiront-ils ces incohérences, alors qu’ils ont
tout à gagner en s’organisant en associations de consommateurs ?
Plus royaliste
que le roi…
La particularité
du Ramadhan 2009 est qu’il arrive en plein été. Outre la baisse
d’activité dans la production, il touche d’autres secteurs, à
commencer par celui du tourisme. Sans parler de nos concitoyens et
compatriotes qui, pour des raisons religieuses, de santé ou autres,
ne font pas carême, les étrangers résidant ou séjournant en Algérie
sont d’emblée sanctionnés durant ce mois. Hormis les exceptions. Ni
les partis politiques ni les hommes de foi, encore moins les ligues
des droits de l’homme ou les défenseurs des libertés individuelles
n’osent aborder le sujet. On est tenté de croire ces analystes qui
mettent en avant un côté extrême chez l’Algérien, du moins
pensent-ils qu’il est plus royaliste que le roi. Dans cette optique,
ils relèvent que la décision de changement de week-end, survenue la
veille du Ramadhan 2009, obéit à la même logique. Sauf que
l’instauration du nouveau week-end, justifiée notamment par le
facteur économique, émane d’un gouvernement qui, hélas, n’a pas eu
le courage de toucher au tabou de la journée du vendredi.
Pourtant, en
coupant la poire en deux, l’Exécutif n’a-t-il pas mis les pieds sur
une inconnue qui, loin d’être universelle, s’inscrit selon certains
dans un nouveau schéma basé sur les notions de différenciation et de
domination culturelles et religieuses ? Si tel est le cas, n’a-t-il
pas piégé le pays en offrant aux islamistes une arme susceptible de
contrer la volonté réelle de paix et d’union ? Ces questions,
peut-être affolantes, méritent d’être posées à partir du moment où
l’amalgame est entretenu entre la prière du vendredi et la journée
du vendredi. Faut-il alors donner crédit aux propos de ce confrère
qui craint que le travail ou l’ouverture d’un lieu d’activité un
vendredi, y compris en dehors de l’heure de prière, constitue
désormais un cas d’outrage à la religion musulmane ? Il est trop tôt
de répondre par l’affirmative ou la négative, mais une chose est
sûre : les jours à venir nous éclaireront certainement sur les
véritables initiateurs de ladite décision et sur leurs intentions.
En attendant ce
moment, il y a quand même comme une sorte de brouillard, sinon un
malaise général, qui soulève bon nombre d’interrogations sur la
gestion des affaires du pays. A titre d’exemple, les récentes
déclarations du président de la République laisseraient entrevoir,
d’après des commentateurs, une prochaine amnistie générale en faveur
des terroristes islamistes. Il s’agit en fait du message d’Abdelaziz
Bouteflika, adressé à la nation le 20 août dernier. Lors de la
double commémoration du congrès de la Soummam et de la Journée
nationale du moudjahid, ce dernier a réaffirmé «la main tendue de
l’Etat» aux islamistes armés, les invitant à se rendre en échange du
pardon. Pour le chef de l’Etat, les mesures de la réconciliation
nationale sont maintenues pour «ceux qui se sont égarés pour s’être
trompés de repères religieux ou pour avoir été trompés». Le
président Bouteflika a certes ajouté que la lutte se poursuivra
contre les semeurs de la mort ayant emprunté «les voies de la
désobéissance et du crime», qu’il a qualifiés de « mercenaires».
Mais il n’a donné ni explication sur ce qui distingue «l’égaré» du
fondamentaliste convaincu, ni une idée du travail qui devra être
obligatoirement mené en direction des futurs repentis, pour éviter
la récisdive et l’instrumentalisation de l’islam politique.
Par Z’hor
Chérief
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Les thèmes récurrents du Ramadhan
Chaque année,
c'est la même rengaine. Les prix flambent pendant le Ramadhan. Qu'il
s'agisse de produits du terroir ou d'importation, les prix passent
au rouge plusieurs semaines avant ce mois sacré. Et chaque année,
les autorités font semblant de contrôler et de lutter contre cette
frénésie des prix. Entre les deux, c'est le citoyen, de la catégorie
des faibles et moyens revenus, qui subit les conséquences de cette
escalade annuelle.
C’est désormais un
rituel. Chaque année, à quelques jours du Ramadhan, les
médias mettent le paquet pour focaliser sur les hausses des prix
dans les marchés des fruits et légumes, des viandes et autres
produits alimentaires de grande consommation pendant ce mois de
jeûne. Mais pour quelle finalité ? Le scénario ne cesse de se
répéter sans que l’on sente une quelconque amélioration. Les
intermédiaires, les spéculateurs et les trafiquants en tous genres
trouvent leur pain béni pas seulement en cette période mais durant
toute l’année. Alors, s’il y a lieu de lutter contre ces pratiques
commerciales déloyales qui font augmenter jusqu’à 50% les prix de
certains produits, voire le double pour d’autres, c’est toute
l’année qu’il faut le faire.
A ce jour, les
mécanismes de régulation ne font pas recette. Certes, les directions
de contrôle des prix et de la qualité au niveau des wilayas ne sont
pas dotées des ressources humaines et matérielles suffisantes pour
accomplir convenablement leur tâche, mais cela ne peut expliquer
cette situation. Tout l’argent qui a été dépensé dans l’agriculture
n’a-t-il pas suffi pour réguler les différentes filières du
secteur ? Prenons le cas de la filière des viandes rouges et
blanches dont les prix ont exagérément augmenté depuis quelques mois
déjà, mais en particulier ces dernières semaines. Puisque les
boucheries, qui disposent d’un identifiant fiscal et payent leurs
impôts sont censées s’approvisionner à partir des abattoirs
officiels et contrôlés afin de justifier leurs chiffres d’affaires,
il existe donc une traçabilité des quantités mises sur le marché. Il
est donc possible, en théorie du moins, de connaître le volume des
quantités mises sur le marché et de savoir si une hausse des prix
aussi brusque qu’importante est la conséquence d’un déséquilibre
entre l’offre et la demande ou bien le résultat d’une pure opération
spéculative.
L’intervention
sporadique de la société de gestion des participations de la
production animale (SGP/PRODA) ne va faire baisser la fièvre des
prix ni pendant le Ramadhan ni après. La décision de fixer les prix
des viandes blanches à 250 Da/kg et celui des viandes rouges à 680
Da/kg durant le mois de Ramadhan au niveau de 80 points de vente
répartis sur 19 wilayas reste insuffisante si l’ensemble de la
chaîne, allant de l’éleveur aux abattoirs, n’est pas maîtrisé. Il ne
s’agit pas de fixer des prix, mais de garantir que le processus de
leur hausse ou de leur baisse (ce qui est rarement le cas chez nous)
obéisse à des règles économiques. C’est-à-dire qu’une hausse des
prix doit nécessairement traduire une baisse de l’offre, et non pas
une rétention de quantités importantes par les spéculateurs, ou
l’intervention d’une kyrielle d’intermédiaires qui font des
bénéfices énormes entre deux appels téléphoniques. Le marché des
fruits et légumes n’échappe pas, lui aussi, à cette règle. Il subit
depuis bien longtemps le diktat des intermédiaires et des
spéculateurs.
Cette année, la
hausse a commencé plusieurs semaines avant le Ramadhan. Le prix de
la tomate, même en été, n’a pas baissé en dessous des 35 Da, alors
que durant la saison des grandes chaleurs, le prix de ce fruit
atteint ses plus bas niveaux. Combien d’années faut-il attendre pour
voir le secteur des fruits et légumes, ainsi que celui des viandes,
doté d’un marché de gros ? C’est non seulement une manière de
réguler le marché sans intervenir sur les prix, mais également de
garantir l’intérêt de l’agriculteur et du consommateur. Ce que fait
SGP/PRODA pour la pomme de terre (payée 20/kg aux agriculteurs) doit
être généralisé pour d’autres produits de grande consommation. Cette
hausse des prix nous fait oublier le marché du poisson, devenu
quasiment inaccessible aux couches moyennes depuis plusieurs années
déjà. Là aussi, les réformes du secteur de la pêche et de
l’aquaculture n’ont pas permis une large consommation de poisson.
L’inexistence de mercuriales de poisson, dont la mise en place a été
annoncée depuis au moins 5 années, reste incompréhensible.
Combien de temps
faut-il encore pour qu’un marché de gros comme celui de Rungis à
Paris puisse voir le jour en Algérie afin que les marchands de
détails puissent s’y approvisionner tout ayant la garantie de
traçabilité des produits et une transparence dans le système des
prix ? Il est possible d’espérer qu’avec le programme présidentiel
(2009-2014) de réalisation de 50 marchés de gros des fruits et
légumes au niveau national, le commerce de détail puisse se libérer
définitivement de la loi des parasites.
Encore faut-il que
tous les intervenants jouent le jeu, en particulier les associations
de consommateurs qui devraient cesser de ne se manifester qu’une
fois par an comme le croissant lunaire de Ramadhan.
Par Abdelkader
Djalil
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La bonne nouvelle de la semaine
Ces séminaires
et ces colloques qui ne rapportent rien
Le gouvernement a
finalement décidé de mettre de l’ordre dans le chapitre de
l’organisation de séminaires, de journées d’étude, de colloques et
autres événements destinés à la consommation médiatique. Dans le
cadre de la réduction du train de vie des institutions de l’Etat,
ces dernières sont appelées à réduire considérablement le recours à
ce genre de rencontres sans lendemain.
Il a fallu que les
finances du pays soient en situation de danger en raison de la
baisse drastique des recettes pétrolières pour qu’une telle mesure
salutaire soit prise. Mais ne dit-on pas qu’il n’est jamais trop
tard pour bien faire ?
Comme à la fin de
chaque année, les prochains mois seront «riches» en événements
purement médiatiques. Plusieurs secteurs ministériels et des
organismes qui leur sont affiliés vont reprendre leur inlassable
habitude d’organiser des journées d’étude et des séminaires. Le
tourisme, l’environnement, les ressources en eau, les technologies
de l’information et de la communication, l’habitat, l’emploi, les
travaux publics, l’enseignement supérieur et la recherche
scientifique, l’énergie et bien d’autres secteurs vont se relayer
dans les hôtels de luxe de la capitale pour l’organisation de
rencontres scientifiques ou de vulgarisation destinés le plus
souvent à un public ciblé. Des centaines voire des milliers de
participants, dont certains viendront de l’étranger, seront logés
pendant plusieurs jours dans ces établissements hôteliers. Comme il
est de tradition, ces rencontres se termineront par des
recommandations qui resteront sans suite. Ces séminaires sont
l’occasion pour certains responsables de paraître à la télévision,
de faire des promesses que tout le monde aura oubliées au bout de
quelques semaines. Un nombre impressionnant de séminaires a été
consacré à l’environnement, à la recherche scientifique, aux élites
algériennes installées à l’étranger, ainsi que d’autres thèmes, sans
toutefois apporter grand-chose à ce jour. Les promesses de faire de
l’Algérie une plaque tournante en matière de tourisme d’ici quelques
années coûtent non seulement de l’argent aux caisses de l’Etat, mais
elles semblent vraisemblablement irréalisables. En attendant,
l’Algérien est le premier touriste chez nos voisins tunisiens. Et si
les frontières ouest seront ouvertes, une bonne partie de ces
vacanciers va basculer chez le voisin marocain.
Le gouvernement
fait bien de réduire ces dépenses, il fera mieux en exigeant que
pour chaque événement organisé (y compris les salons), des résultats
concrets soisent exigés des organisateurs.
A. D.
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Production et programme de la télévision algérienne
L’exception
ramadhan...et encore !
“Le cinéma
algérien a débuté avec Mohamed Lakhdar Hamina et se termine avec
Lakhdar Boukhers.” Terrible sentence que l'on attribue à un célèbre
humoriste algérien. Effectivement, à bien regarder la production
nationale, on est tenté de dire que la formule résume l'état de
déliquescence dans laquelle se retrouve la production
cinématographique dans notre pays. De Hamina à Boukhers. Tout est
résumé en quelques mots.
La production
audiovisuelle algérienne brille ces dernières années par une
incroyable confusion des genres. On ne fait plus désormais de
distinction entre une production cinématographique et une
production télévisuelle. L’absence de précision et de classification
est sciemment entretenue. Idem pour la désignation de l’auteur d’une
production. Par le passé, on parlait d’un téléaste pour l’auteur
d’une production télé, et d’un cinéaste pour l’auteur d’un film
cinéma, tourné en 35mn. On peut ainsi allonger la liste des petits
détails qui ont fait la différence, et qui malheureusement
entretiennent aujourd’hui une confusion qui déroute des générations
d’Algériens. A la vérité, il faut crier que le sympathique
humoriste Lakhdar Boukhers ne fait pas de cinéma mais qu’il est
auteur interprète et réalisateur de séries télévisuelles. Ce sont
des petites saynètes, des sketchs, des situations de la vie de tous
les jours tournés en dérision avec plus ou moins de réussite par
Boukhers. Ce type de production télévisuelle se laisse voir parce
qu’elle n’a d’autre prétention que de faire rire et cela fonctionne
auprès des fidèles spectateurs de la télévision algérienne. Vu sous
cet angle, tous les Boukhers d’Algérie peuvent se réunir et
produire à satiété pour la télévision dans un créneau où ils
excellent : les séries loufoques. Ils sont en effet nombreux à avoir
saisi l’opportunité de la parenthèse ramadhan pour se lancer dans la
production de sitcoms, de feuilletons et de séries.
On souligne la
parenthèse ramadhan vu que la télévision algérienne met les bouchées
doubles pour préparer sa grille et comme elle l’a souhaité,
algérienne à plus de 80%, la télévision algérienne ne produit en
définitive que pour le mois de ramadhan. C’est l’exception Ramadhan.
Un genre de consensus national. D’abord, c’est l’unique mois où
tout le monde ou presque voit la télévision algérienne, l’Entv,
Canal Algérie, A3 , ensuite c’est aussi le seul mois de l’année où
la télévision algérienne se réconcilie avec les Algériens et ce,
quelle que soit la qualité des programmes proposés. Le
téléspectateur n’a pas le choix. Et puis un petit sketch juste après
une bonne chorba ne fait de mal à personne et tout comme le dîner du
ramadhan, il réunit la famille et il n’y a aucune crainte de voir
passer une image qui incommoderait les membres de la famille ou les
invités. Le miracle se produit à ce niveau. C’est tout. Parce que
pour la qualité, il faut repasser. Mais vraiment, ce ne sont pas les
déceptions qui manquent chaque année. Pis, on a cette terrible
impression que le niveau des productions télévisuelles est en chute
libre d’année en année. Si l’on devait à titre d’exemple parler du
programme de la première soirée ramadhan et évaluer la qualité des
produits proposés, seule la série Djemai Family tire son épingle du
jeu. A bien voir, ce n’est ni une surprise, ni un miracle. D’abord
le réalisateur de la série, Djaâfar Gacem, est un perfectionniste
qui jusque-là s’est distingué par la qualité de ses productions. Ce
réalisateur a du talent. Il excelle dans la mise en scène et dans la
direction d’acteur. Il filme ses séries télévisuelles comme on
tournerait un film cinéma. Il y a beaucoup de références
cinématographiques dans les séries de Djaâfar Gacem, et cela confère
une autre dimension aux productions de ce réalisateur. Il y a aussi
dans les séries signées Djaâffar Gacem le sens de la dramaturgie, de
l’intrigue et dans le genre humoristique, le gage est bien amené ;
il est vrai qu’il est bien servi par des comédiens de talent qui
excellent dans le genre, à l’image de Salah Argout. Bref, le tout
est une production qui sent le professionnalisme. Ce n’est pas un
hasard si ce réalisateur ne produit que quelques séries. Il
privilégie la qualité et cela se voit à l’image. Hors série, Djemai
Family, ce sont les pages publicitaires qui occupent les écrans
durant des minutes, mais les pubs sont de haute facture et elles se
laissent voir. Les opérateurs de téléphonie mobile multiplient les
offres et invitent les clients à parler, à téléphoner à gogo. Le
reste, rien. Des suites d’images sans intrigues et sans suspense. Le
son d’une partie d’une série est mauvais, l’histoire est censée se
dérouler au Canada. Histoire tirée par les cheveux à l’image d’une
séquence où un serveur de pizza à domicile demande un pourboire et
le type qui le reçoit lui rétorque qu’il peut lui ramener un verre
d’eau. Il vient d’Algérie donc… On peut rire de désolation devant
tant de mièvrerie. Idem pour un autre feuilleton où l’on aperçoit un
homme soumis à un régime d’esclavage par son épouse. Même avec
Fawzi B. Saichi, l’histoire est poussive. C’est à se demander si
effectivement ces séries proposées sont passées par le filtre de la
commission de lecture. Le résultat est en deçà des attentes, alors
l’exception ramadhan n’existe pas, sauf peut-être pour un peu
d’humour en plus. Cela étant, il faut encore attendre pour mieux
évaluer les productions du programme ramadhan 2009.
Par Abdelkrim
Tazaroute
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