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Import-export, une médaille à deux faces
Baisse des
importations par-ci, baisse des exportation par-là. Pour les sept
premiers mois de l'année 2009, la facture alimentaire par exemple a
baissé de un milliard de dollars. Le gouvernement a pris une série
de mesures (loi de finances complémentaire) visant à atteindre une
baisse globale de 5% pour l'année 2009. Parmi ces mesures figurent
des augmentations de taxes et des suppression de crédits, notamment
pour ce qui touche les véhicules ou la consommation. Il semble que
cela marche donc. Les importations de véhicules de tourisme ont
baissé, au mois de juillet, de 22,6%, et celles des produits
alimentaires de 54,24% ! Ces mesures ont pourtant été beaucoup
critiquées. Elles continuent de l'être d'ailleurs, sous différentes
formes. On est allé jusqu'à leur reprocher de détruire l'économie
nationale… Rien de moins. La rage de ceux qui perdaient de l'argent,
les entreprises vendeuses de voitures et de bouffe, ainsi que leurs
lobbies et leurs relais médiatiques, naturellement. Maintenant, on
reprend les attaques, malgré l'amorce d'une maîtrise de
l'importation par l'Algérie, en soulignant le fait que les
exportations ont, elles aussi, baissé dans la même période. Durant
les sept premiers mois de l'année, l'Algérie a exporté pour
seulement 24,69 milliards de dollars, en baisse de 47,87% par
rapport à la même période de l'année 2008. Résultat : l'excédent
commercial des sept premiers mois de l'année 2009 s'établit à 1,44
milliard de dollars contre 24,85 milliards sur la même période de
l'année dernière. Conclusion : l'Algérie contrôle un peu mieux ses
importations, mais ne maîtrise pas ses exportations dont la
structure reste dominée par les hydrocarbures, avec 97,06% du volume
global. La première remarque à faire à cette mise en comparaison est
que les mesures prises pour diminuer les importations avaient pour
souci premier de faire face à la baisse prévisible des exportations,
compte tenu de leurs structures. Il ne s'agit pas ici d'opposer
l'importation à l'exportation, mais seulement de rappeler les
préoccupations du gouvernement, traduites dans la loi de finances,
au sujet d'une crise sérieuse que la baisse des exportations reflète
on ne peut mieux. Quant à l'incapacité de l'Algérie, tous régimes
confondus, à diversifier les exportations, il ne faut pas non plus
l'exprimer comme une incapacité à exporter. Diversifier constitue
une anticipation – en l'occurrence sur la fin des hydrocarbures. Et
c'est la deuxième remarque à faire : le but de moins importer est de
mieux exporter. Qu'il s'agisse de contraindre les investisseurs à
revoir leur stratégie à l'égard de notre pays ou de motiver nos
propres entrepreneurs à davantage d'audace et d'imagination dans la
voie de l'export, le but reste identique. On exporte correctement
notre gaz industriel, on peut même affirmer qu'on domine le marché à
l'instar des quelques grands producteurs dans le monde. Mais on ne
parvient pas à exporter autre chose, précisément parce que notre
grande capacité à exporter le gaz nous donne suffisamment de
ressources pour importer des biens que de ce fait on ne produit plus
sur place et, donc, qu’on n'exporte pas.
Par Aïssa
Khelladi
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