Semaine du 26 Août au 1 Septembre 2009

L'éditorial

 Import-export, une médaille à deux faces

 

 
 
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 Import-export, une médaille à deux faces

Baisse des importations par-ci, baisse des exportation par-là. Pour les sept premiers mois de l'année 2009, la facture alimentaire par exemple a baissé de un milliard de dollars. Le gouvernement a pris une série de mesures (loi de finances complémentaire) visant à atteindre une baisse globale de 5% pour l'année 2009. Parmi ces mesures figurent des augmentations de taxes et des suppression de crédits, notamment pour ce qui touche les véhicules ou la consommation. Il semble que cela marche donc. Les importations de véhicules de tourisme ont baissé, au mois de juillet, de 22,6%, et celles des produits alimentaires de 54,24% !  Ces mesures ont pourtant été beaucoup critiquées. Elles continuent de l'être d'ailleurs, sous différentes formes. On est allé jusqu'à leur reprocher de détruire l'économie nationale… Rien de moins. La rage de ceux qui perdaient de l'argent, les entreprises vendeuses de voitures et de bouffe, ainsi que leurs lobbies et leurs relais médiatiques, naturellement. Maintenant, on reprend les attaques, malgré l'amorce d'une maîtrise de l'importation par l'Algérie, en soulignant le fait que les exportations ont, elles aussi, baissé dans la même période. Durant les sept premiers mois de l'année, l'Algérie a exporté pour seulement 24,69 milliards de dollars, en baisse de 47,87% par rapport à la même période de l'année 2008. Résultat : l'excédent commercial des sept premiers mois de l'année 2009 s'établit à 1,44 milliard de dollars contre 24,85 milliards sur la même période de l'année dernière. Conclusion : l'Algérie contrôle un peu mieux ses importations, mais ne maîtrise pas ses exportations dont la structure reste dominée par les hydrocarbures, avec 97,06% du volume global. La première remarque à faire à cette mise en comparaison est que les mesures prises pour diminuer les importations avaient pour souci premier de faire face à la baisse prévisible des exportations, compte tenu de leurs structures. Il ne s'agit pas ici d'opposer l'importation à l'exportation, mais seulement de rappeler les préoccupations du gouvernement, traduites dans la loi de finances, au sujet d'une crise sérieuse que la baisse des exportations reflète on ne peut mieux. Quant à l'incapacité de l'Algérie, tous régimes confondus, à diversifier les exportations, il ne faut pas non plus l'exprimer comme une incapacité à exporter. Diversifier constitue une anticipation – en l'occurrence sur la fin des hydrocarbures. Et c'est la deuxième remarque à faire : le but de moins importer est de mieux exporter. Qu'il s'agisse de contraindre les investisseurs à revoir leur stratégie à l'égard de notre pays ou de motiver nos propres entrepreneurs à davantage d'audace et d'imagination dans la voie de l'export, le but reste identique. On exporte correctement notre gaz industriel, on peut même affirmer qu'on domine le marché à l'instar des quelques grands producteurs dans le monde. Mais on ne parvient pas à exporter autre chose, précisément parce que notre grande capacité à exporter le gaz nous donne suffisamment de ressources pour importer des biens que de ce fait on ne produit plus sur place et, donc, qu’on n'exporte pas.

Par Aïssa Khelladi

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