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Semaine du 26 Août au 1 Septembre 2009

 

«L’unique démocratie» du Moyen-Orient

Election présidentielle en Afghanistan

Le dilemme de Washington

Pressions sur Israël et proposition d’un nouveau plan de négociations au Moyen-Orient

La paix selon Obama

 

 

 

 Monde


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«L’unique démocratie» du Moyen-Orient

A l'extérieur, le «Foyer national juif» qui encombre et pollue les relations internationales et entretient un état de guerre permanent dans toute une région depuis plus de 60 ans a perdu sa «légitimité». Jusqu'à ses plus âpres soutiens qui consentent, de moins en moins, à suivre ses dérives de plus en plus insupportables.

A l’intérieur, où on prédisait, depuis le début, sur le ton de la plaisanterie que les vrais problèmes d’Israël commenceront quand le pays aura fait la paix avec les Palestiniens... et qu’il devra faire la paix entre les Juifs, on s’inquiète plus sérieusement, aujourd’hui, des clivages qui s’accentuent entre riches et pauvres, ashkénazes et séfarades, laïcs et ultra-orthodoxes. Une grève générale en 2005, qui a conduit au blocage des transports parce que des milliers d’employés municipaux n’avaient pas été payés depuis des mois, s’est terminée après quelques jours au grand soulagement d’une partie de la population qui disait encore: « Comment peut-on se permettre de bloquer le pays alors qu’on est en guerre ? » Mais l’argument suffit de moins en moins.

A l’extérieur, la guerre contre le Liban d’abord puis le massacre de Gaza ont provoqué de larges brèches dans le mur d’impunité dont jouissait l’Etat sioniste. Ces brèches ont permis une libération de nombreux organes de presse, de journalistes et de leaders d’opinion vis-à-vis des tabous qui enveloppaient le sanctuaire israélien. Le terrorisme intellectuel, la censure et les lois répressives contre les critiques «antisémites» (lire antisionistes) se font de moins en moins dissuasifs et ce sont les dirigeants du sionisme qui en offrent la possibilité. Aveuglés par l’arrogance, acquise au fil de la courte histoire de leur Etat, les gouvernements israéliens ont cru que le réservoir de sympathie occidental était inépuisable et que le contrôle sur les médias était étanche. La bulle a disparu. Ils sont de plus en plus face à la réalité des choses. A l’intérieur, la «Terre promise» n’est finalement pas offerte à tout le monde. Les privatisations, les coupes dans les retraites, les services sociaux, les dépenses publiques ont fait que le rêve d’égalitarisme et de collectivisme a laissé place au cauchemar. Les commentateurs, ni à l’intérieur ni à l’extérieur d’Israël, n’ont réussi à occulter le fait que nombreux Israéliens étaient opposés à des festivités grandioses pour le 60e anniversaire du pays. Le gouvernement fut contraint de consacrer 35 pour cent des 28 millions de dollars prévus à des projets éducatifs, d’infrastructure et de commémoration.

A l’extérieur, des observateurs prédisent qu’Israël est tellement tributaire des subventions de Washington que la situation va sérieusement s’aggraver au fur et à mesure que la crise économique se manifestera pleinement sur le budget américain. Et “…les États-Unis pourraient réduire d’un milliard de dollars les garanties bancaires accordées par le Trésor américain à des emprunts d’Israël pour compenser les investissements dans les colonies, a indiqué un quotidien économique israélien ». Alors que la croissance économique qui a été de plus de 3 pour cent par an durant ces quatre dernières années ne profite qu’à une faible minorité, les colons. A l’intérieur, ces derniers, selon un académicien israélien, sont seulement 50 000 sur un total de 450 000 en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, à être des ultra-expansionnistes. La plupart ont déménagé pour « des considérations de qualité de vie, de baisses d’impôts et d’hypothèques moins coûteuses… Plusieurs veulent partir mais... personne ne va acheter leurs maisons. » Selon un sondage de Peace Now, la majorité partirait si une compensation de départ leur était offerte.

A l’extérieur, en 2004, le député travailliste Abraham Shohat dit : “ Le peuple d’Israël doit savoir que la poursuite du conflit avec les Palestiniens va transformer leur pays en un Etat pauvre fournissant de moins en moins de services sociaux à ses citoyens». Et le rôle d’auxiliaire de l’impérialisme américain joué par Israël entraîne des dépenses militaires de plus en plus importantes dans un état de conflit larvé avec ses voisins. A l’intérieur, on assiste de plus en plus à un manque d’enthousiasme à s’engager dans l’armée. Un quart des jeunes gens et des jeunes femmes, bien qu’ayant été appelés à faire leur service militaire, cherchent à s’y soustraire invoquant des raisons d’ordre moral ou de santé. Un nombre croissant de réservistes refuse de combattre pour raisons d’ordre moral.

A l’extérieur, le mythe de l’ UDMO (Unique Démocratie du Moyen-Orient), bat de l’aile, et depuis la déferlante des Russes dans les années 90, le flux de l’immigration est en voie de se tarir. A l’intérieur, Dov Yermiya, un pacifiste israélien de 94 ans, déclame : «Moi, un vieux Sabre ( juif né en Israël) de 95 ans, qui a labouré ses champs, planté ses arbres, construit une maison… et qui a aussi versé son sang sur le champ de bataille pour la création de l’Etat d’Israël, déclare ici même que je renonce à ma croyance dans le Sionisme qui a échoué, que je ne serai pas loyal à l’Etat juif fasciste et ses folles visions, que je ne chanterai plus l’hymne national, que j’observerai une minute de silence seulement les jours de commémoration pour ceux qui sont tombés des deux côtés dans les guerres».

A l’extérieur, la propagande israélienne use à ne plus en pouvoir des crimes nazis et porte en emblème du sionisme la souffrance des victimes de ces crimes. A tel point que la nécessité d’un Etat juif est devenue un crédo et sa défense un devoir quasi religieux. A l’intérieur, vivent 260 000 rescapés du nazisme et 80 000 d’entre eux ont du mal à subvenir à leurs besoins et vivent en dessous du seuil de pauvreté. Ces survivants mangent aux soupes populaires et reçoivent leurs vêtements d’organisations caritatives. De plus, il leur faut choisir entre produits alimentaires ou médicaments, et ils n’ont pas suffisamment d’argent. Sur les 80 000, 20 000 sont originaires d’Europe et 50 000 sont des immigrants des pays de l’ex-Union Soviétique venus à partir des années 90. Parallèlement, des centaines de millions de dollars sont-ils dépensés par des Juifs d’Amérique surtout, mais aussi en Israël pour des musées de la mémoire, pour des statues et pour d’autres monuments.

A l’extérieur, le crédit moral du sionisme, porté à son paroxysme, empêchait toute critique et tout doute sur la bonne foi d’un Etat bâti sur la souffrance multimillénaire d’une communauté et drapé dans une immaculée pureté. Envers du décor, un réseau découvert aux Etats-Unis et infiltré par le FBI, implique plusieurs rabbins, dont le Grand rabbin de la communauté juive syrienne aux États-Unis, Saul Kassin, et le fils d’un rabbin séfarade, Solomon Dwek, et surtout un certain Levy Izhak Rosenbaum. Ce dernier est soupçonné d’être le responsable des ramifications d’un trafic d’organes jusqu’en Israël. Le lien est fait, par un journaliste suédois, avec les mutilations post mortem de jeunes Palestiniens. Ces mutilations expliquaient l’empressement suspect de l’armée sioniste à pratiquer des « autopsies » systématiques sur les corps de ses victimes, qu’elles restituaient de nuit à leurs familles. Le ministre de la Santé sioniste, Nessim Dahhan, a déclaré, en réponse à une question posée par un membre de la Knesset, Ahmed Teibi, le mardi 28 juillet 2009, qu’il ne pouvait pas refuser des organes provenant de corps de jeunes palestiniens tués par les forces israéliennes et voués à des greffes ou à la recherche scientifique. Netanyahou n’a pas pu intimider le ministre suédois des Affaires étrangères. Il y a aussi l’affaire d’Alastair Sinclair, un touriste écossais qui s’est pendu dans une prison israélienne et dont la famille «a été forcée d’engager un procès parce que son corps a été rendu avec des parties manquantes.» A l’extérieur comme à l’intérieur, le sionisme a perdu ses atouts idéologiques en engraissant sa classe dirigeante, il lui reste la ligne droite de la fuite en avant, celle de l’embrasement de la planète.
Par Ahmed Halfaoui

 

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Election présidentielle en Afghanistan

Le dilemme de Washington

L'élection présidentielle en Afghanistan devait servir, comme en Irak, à démontrer la justesse de l'intervention américaine et sa capacité à imposer la démocratie dans un Etat autrefois sous le joug de l'autoritarisme. Sauf que le scrutin ne se déroule pas du tout comme prévu.

Donné favori de cette élection, le président sortant Hamid Karazaï est accusé de fraude massive par son principal adversaire, Abdullah Abdullah. Dans une conférence de presse tenue à Kaboul, ce dimanche, ce dernier a annonce qu’il se retenait d’ordonner à ses partisans d’occuper les rues, en attendant l’annonce officielle des résultats. Des résultats qui ne sauraient tomber avant la mi-septembre, à en croire la commission électorale, mais que chacun des candidats revendique comme lui étant favorables. Au lendemain du vote, jeudi dernier, les camps de Hamid Karazaï et celui de Abdullah Abdullah ont tous deux crié victoire, suscitant une atmosphère confuse, rappelant presque le proche exemple iranien. Inquiète, la Commission européenne, qui s’est prononcée avant l’administration Obama, a «encouragé» le jour même tous les candidats à l’élection présidentielle en Afghanistan à «s’abstenir de faire des annonces prématurées sur un possible résultat» du scrutin.

Les ministres des Affaires étrangères du G8, réunis à Rome, ont appelé également «toutes les parties» à «user de patience et de retenue» en attendant les résultats officiels des élections.

Mais ce fut trop peu pour ramener la sérénité à cette élection, dont la campagne avait été longue, éprouvante et, bien plus que tout, d’une âpreté inédite avec des accusations de corruption fusant de tous les bords.

Le principal rival du président sortant Hamid Karzaï à l’élection présidentielle afghane, Abdullah Abdullah, a dénoncé dimanche des «irrégularités et fraudes massives» en faveur de son adversaire, dont des chiffres de participation qui auraient été gonflés dans le sud. Motivé, peut-être, par une médiatisation internationale conséquente, friande des scrutins truquées et des révolutions colorées, mais aussi par le lâchage de Karazaï par Washington,

Abdullah Abdullah, ancien ministre des Affaires étrangères de M. Karzaï, complique la situation et annonce, ce dimanche, l’existence d’irrégularités, de fraudes et de tentatives de trucages massives. Pensant que le moment se prête pour en finir avec le président sortant, il dénonce également le fait que ce dernier soit «personnellement» derrière ces fraudes «organisées grâce à son appareil d’Etat et ses représentants gouvernementaux».

Ces irrégularités concerneraient des zones où la participation a été très faible, voire nulle, a-t-il précisé, en allusion aux régions les plus touchées par les violences des talibans où la participation n’a parfois pas dépassé 10%, selon des observateurs. Et, d’emblée, Abdullah Abdullah estime que ce qui est en jeu, c’est la légitimité et la crédibilité de l’élection, se mettant ainsi dans la peau d’un Mir Hussein Moussaoui afghan.

L’enjeu d’une élection

Mais plus que la crédibilité du scrutin, c’est de la vigueur de la jeune démocratie afghane qu’il est question et, par ricochet, de l’échec ou de la réussite de la politique américaine dans ce pays. Une politique qui rassemble beaucoup de similitudes avec le processus irakien, consistant à quitter le pays occupé après avoir mis en place un semblant de construction démocratique et des institutions élues. En quelque sorte, Barack Obama entend faire en Afghanistan ce que George W. Bush a tenté de faire en Irak, un Etat fragile et un pays peu sûr toujours menacé par les conflits confessionnels. La seule différence, c’est que pour détourner le regard du monde sur leur œuvre irakienne, les Etats-Unis promettent de finir la guerre contre le terrorisme en Afghanistan et, ainsi, de «boucler la boucle» dans le combat contre Al Qaïda. Tel fut, n’est-ce pas, le cœur du programme électoral de Barack Obama et la clé de la réussite des démocrates sur les républicains en novembre dernier.

Quelques mois plus tard, le constat est là : si les Etats-Unis étaient engagés simultanément sur deux fronts, les difficultés de l’un excusant les incommodités de l’autre, aujourd’hui Washington a mis ses œufs dans un même panier, à Kaboul.

La victoire contre les taliban en Afghanistan et l’assise d’une république démocratique auraient concouru, en effet, non seulement à faire oublier les dégâts de l’ère Bush, en Irak et ailleurs, mais aussi à ouvrir une voie royale devant Barack Obama qui ambitionne de faire aimer à nouveau l’Amérique au monde entier. La réalité du terrain est, toutefois, loin de ce scénario.

D’abord, s’agissant de cette présidentielle qui prend une mauvaise tournure, la Maison-Blanche est d’abord contrecarrée par ses alliés européens. La déclaration extrêmement ambiguë du chef de la mission d’observation de l’Union européenne, selon lequel «les élections étaient bonnes en général mais pas toujours libres», indique déjà que la gestion de la crise politique qui s’annonce à Kaboul sera extrêmement difficile pour l’administration Obama. De plus, en l’absence d’emprise des Américains sur le gouvernement de Karazaï, il leur est difficile d’avoir une exacte appréciation des forces qui s’apprêtent à entrer en conflit. Fait qui ralentit la décision du choix de Washington pour l’un ou l’autre des candidats à soutenir afin de rétablir rapidement la stabilité politique et se concentrer sur la guerre contre les Talibans. Car, ce qu’il y a de plus inquiétant pour les Etats-Unis, c’est que militairement, et sur fond de regain de violence, les troupes américaines ne bénéficient pas du soutien de la population, ou alors peu, au vu de la terreur instaurée par les talibans…

Par Nabil Benali

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Deux options pour Washington

Hamid Karazaï : Huitième président de la République islamique d’Afghanistan, il est nommé à la tête de l’Etat de manière transitoire en décembre 2001 et confirmé à l’issue d’un scrutin présidentiel en décembre 2004. Sans parti politique, Hamid Karzaï est né en décembre 1957 à Kandahar, fief actuel des Talibans, a fuit avec sa famille l’invasion soviétique en 1979 pour faire ses études en Inde, ne disposant donc pas de la légitimité du terrain dont se revendique son rival Abdullah Abdullah. Voyageant entre le Pakistan et les Etats-Unis, il est affiché comme militant monarchiste et rentre au pays après la prise du pouvoir par les Talibans, en 1992. Il œuvre pour rallier les forces du commandant Massoud au régime des Taliban, lequel l’emprisonne sous l’accusation d’être un agent du Pakistan. Hamid Karazaï libéré dans des circonstances obscures, refuse cependant de représenter les Talibans auprès de l’ONU, comme demandé par le Mollah Omar avec lequel il rompt ses liens au lendemain de l’assassinat de son père en 1999. Deux ans plus tard, Hamid Karzaï revient au pays et réunit plusieurs tribus pashtounes contre les Talibans, avec l’appui des Etats-Unis. Et, dans un pays occupé en 2001 par les Etats-Unis et dans la confusion totale, il est promu président pour deux ans par un consensus tribal, avant de remporter un scrutin démocratique en 2004. Depuis, il échappe à plusieurs tentatives d’attentat et les Talibans en font leur cible première. Son premier mandat est jugé de manière mitigée par Washington, dont les responsables se disent souvent déçu de l’assistance des forces de sécurité afghane dans la lutte contre les Talibans.

 

Abdullah Abdullah : Homme politique afghan, né en septembre 1960, est diplômé de l’université des sciences médicales de Kaboul. Il est connu pour avoir été le ministre des Affaires étrangères de Hamid Karazaï contre lequel il s’est présenté aux élections présidentielles du 20 août en tant qu’indépendant. Issu de la région de Kandahar, fief actuel des Talibans, il descend d’une lignée de fonctionnaires ayant exercé du temps de la monarchie afghane. Durant la guerre contre l’Union soviétique, Abdullah Abdullah a été un proche conseiller du commandant Massoud et finira comme porte-parole de l’Etat islamique de l’Afghanistan en 1995. A la chute de Kaboul entre les mains des Talibans, il est membre fondateur de l’union islamique pour le salut de l’Afghanistan, connue sous le nom de l’Alliance du nord, dirigée par le commandant Massoud. A la fin du régime des Talibans, après l’intervention américain, il sera nommé ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement provisoire en 2001, puis confirmé à ce poste dans le gouvernement de transition. A l’avènement de Hamid Karazaï, il est un des rares ministres à être maintenu à ses fonctions. Il deviendra, également, en 2006, le secrétaire général de la Fonction Massoud en 2006. Beaucoup voyaient en lui le parfait successeur de Hamid Karazaï, qu’on disait lâché par Washington depuis les derniers mois de George W. Bush.

 

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Pressions sur Israël et proposition d’un nouveau plan de négociations au Moyen-Orient

La paix selon Obama

Jamais de mémoire d'observateur un président américain n'avait autant pressé l'Etat hébreu de mettre fin à la colonisation, un acharnement diplomatique qui a semble-t-il porté ses fruits, puisque Benyamin Netanyahu a consenti à décréter un moratoire à ce sujet.

Hosni Moubarak et Barack Obama. Une image saisissante et insolite à la fois qui, le 18 août dernier, montrait un raïs vieux et usé aux côtés d’un président jeune et énergique. A l’image d’un pharaon des temps modernes, le chef de l’Etat égyptien a connu à lui seul cinq présidents américains depuis son accession au «trône» égyptien en octobre 1981. Avec Ronald Reagan, puis avec George H. Bush, Bill Clinton, George W. Bush et enfin Barack Obama, Hosni Moubarak a su faire de l’Egypte un acteur incontournable au Moyen-Orient, et bénéficier dans le même temps d’immenses aides militaires et financières. Après une brouille de cinq ans causée par la politique ouvertement pro-israélienne du prédécesseur de Barack Obama, le président égyptien a donc repris le chemin de la Maison-Blanche à la recherche d’un renouvellement du pacte Le Caire-Washington. Mais comme le veut la tradition depuis plus de trente ans, les rencontres américano-égyptiennes ne tournent presque plus autour des relations bilatérales, ou rarement, pour se focaliser sur le processus de paix au Moyen-Orient. Et qui mieux que le très expérimenté Hosni Moubarak pour évoquer avec le novice Barack Obama la situation de ce processus et les moyens à même de le faire avancer ? Lors de leur tête-à-tête au bureau ovale le 18 août dernier, les deux leaders ont tout d’abord évoqué la réconciliation nécessaire qui devrait s’opérer entre l’Amérique et le monde musulman. Une condition sine qua non pour permettre la relance des négociations israélo-palestiniennes. Sur ce point en particulier, Hosni Moubarak a insisté pour que l’Etat hébreu cesse en premier lieu de pratiquer sa politique intransigeante, de cesser de fermer les points de passage et de stopper la colonisation afin de rétablir la confiance avec les Palestiniens et avec les Etats arabes de la région. Un discours implicitement défendu par le président des Etats-Unis, qui a une nouvelle fois insisté sur le gel total et définitif de la construction de nouvelles colonies en Cisjordanie. Barack Obama a également profité de sa rencontre avec le chef de l’Etat égyptien pour annoncer son intention de proposer un nouveau plan de paix à soumettre aux parties palestinienne et israélienne. Après l’annonce, c’était au tour du porte-parole de la Maison-Blanche d’expliquer aux journalistes et au monde les contours de ce plan de paix. Selon toute vraisemblance, le nouveau document en cours de finalisation sera présenté en «avant-première» en septembre de cette année devant l’Assemblée générale des Nations unies à New York. Robert Gibbs, qui a surpris son auditoire en affirmant qu’il n’était pas au courant des détails de ce fameux plan, a averti que des progrès devraient d’abord être faits dans ce sens entre les protagonistes du conflit au Moyen-Orient. Un vœu pieux qui ne trouve toujours pas d’oreille attentive chez les principaux concernés. Au lendemain de l’appel de Barack Obama, les protagonistes se sont rejeté mutuellement la responsabilité de l’échec des négociations et du blocage observé dans le processus de paix. Ce sont les Israéliens qui ont ouvert le bal mercredi dernier en reprochant aux Palestiniens d’avoir rejeté les appels de Benyamin Netanyahu à reprendre les discussions gelées depuis huit mois. Réponse du berger à la bergère, Saëb Erekat réplique en assurant que sa partie ne réclamait aucune condition à la reprise des négociations, et que se sont «les Israéliens qui se dérobent à leurs obligations en refusant de stopper la colonisation». La question épineuse de la colonisation reste donc aujourd’hui la pierre angulaire du différend israélo-palestinien, et américano-israélien à la fois. Jamais de mémoire d’observateur, un président américain n’avait autant pressé l’Etat hébreu de mettre fin à la colonisation, un acharnement diplomatique qui a semble-t-il porté ses fruits, puisque Benyamin Netanyahu  a consenti à décréter un moratoire à ce sujet. Mais le chemin reste incontestablement long avant une reprise sérieuse et encourageante du processus de paix. Le président américain avait promis de s’attaquer dès son investiture à ce dossier. Sept mois ont passé, et les espoirs de paix s’amenuisent de plus en plus.

Par Mohamed Khaled Drareni

 

Netanyahu convoqueun ministre anti-Obama

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a convoqué jeudi dernier un de ses ministres qui a pressé le gouvernement de s’opposer à la demande de Washington en faveur d’un gel total de la colonisation, a indiqué la radio publique.  «Je n’ai pas peur des Américains, mais dans le gouvernement, il y en a qui ont peur d’Obama. Il faut dire: Ca suffit!», a affirmé Moshé Yaalon, un faucon, ministre des Affaires stratégiques et membre de l’aile droite du Likoud, le parti de Benyamin Netanyahu.

 

“La Paix Maintenant” dément un ralentissement de la colonisation

La colonisation israélienne ne ralentit pas en Cisjordanie: depuis le début de l’année, les travaux de construction ont commencé pour environ 600 nouveaux logements dans les localités juives implantées dans le territoire palestinien, selon un rapport publié dimanche par le mouvement “La Paix Maintenant”. Sous la pression des Etats-Unis qui exigent un gel de la colonisation, Israël a assuré la semaine dernière avoir cessé de délivrer de nouveaux permis de construire pour les colonies de Cisjordanie. Cependant, les permis déjà délivrés autorisent la construction de jusqu’à 40 000 logements, rappelle “La Paix Maintenant” (Shalom Arshav).

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