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«L’unique démocratie» du Moyen-Orient
A l'extérieur, le
«Foyer national juif» qui encombre et pollue les relations
internationales et entretient un état de guerre permanent dans toute
une région depuis plus de 60 ans a perdu sa «légitimité». Jusqu'à
ses plus âpres soutiens qui consentent, de moins en moins, à suivre
ses dérives de plus en plus insupportables.
A l’intérieur, où
on prédisait, depuis le début, sur le ton de la plaisanterie que les
vrais problèmes d’Israël commenceront quand le pays aura fait la
paix avec les Palestiniens... et qu’il devra faire la paix entre les
Juifs, on s’inquiète plus sérieusement, aujourd’hui, des clivages
qui s’accentuent entre riches et pauvres, ashkénazes et séfarades,
laïcs et ultra-orthodoxes. Une grève générale en 2005, qui a conduit
au blocage des transports parce que des milliers d’employés
municipaux n’avaient pas été payés depuis des mois, s’est terminée
après quelques jours au grand soulagement d’une partie de la
population qui disait encore: « Comment peut-on se permettre de
bloquer le pays alors qu’on est en guerre ? » Mais l’argument suffit
de moins en moins.
A l’extérieur, la
guerre contre le Liban d’abord puis le massacre de Gaza ont provoqué
de larges brèches dans le mur d’impunité dont jouissait l’Etat
sioniste. Ces brèches ont permis une libération de nombreux organes
de presse, de journalistes et de leaders d’opinion vis-à-vis des
tabous qui enveloppaient le sanctuaire israélien. Le terrorisme
intellectuel, la censure et les lois répressives contre les
critiques «antisémites» (lire antisionistes) se font de moins en
moins dissuasifs et ce sont les dirigeants du sionisme qui en
offrent la possibilité. Aveuglés par l’arrogance, acquise au fil de
la courte histoire de leur Etat, les gouvernements israéliens ont
cru que le réservoir de sympathie occidental était inépuisable et
que le contrôle sur les médias était étanche. La bulle a disparu.
Ils sont de plus en plus face à la réalité des choses. A
l’intérieur, la «Terre promise» n’est finalement pas offerte à tout
le monde. Les privatisations, les coupes dans les retraites, les
services sociaux, les dépenses publiques ont fait que le rêve
d’égalitarisme et de collectivisme a laissé place au cauchemar. Les
commentateurs, ni à l’intérieur ni à l’extérieur d’Israël, n’ont
réussi à occulter le fait que nombreux Israéliens étaient opposés à
des festivités grandioses pour le 60e anniversaire du pays. Le
gouvernement fut contraint de consacrer 35 pour cent des 28 millions
de dollars prévus à des projets éducatifs, d’infrastructure et de
commémoration.
A l’extérieur, des
observateurs prédisent qu’Israël est tellement tributaire des
subventions de Washington que la situation va sérieusement
s’aggraver au fur et à mesure que la crise économique se manifestera
pleinement sur le budget américain. Et “…les États-Unis pourraient
réduire d’un milliard de dollars les garanties bancaires accordées
par le Trésor américain à des emprunts d’Israël pour compenser les
investissements dans les colonies, a indiqué un quotidien économique
israélien ». Alors que la croissance économique qui a été de plus de
3 pour cent par an durant ces quatre dernières années ne profite
qu’à une faible minorité, les colons. A l’intérieur, ces derniers,
selon un académicien israélien, sont seulement 50 000 sur un total
de 450 000 en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, à être des
ultra-expansionnistes. La plupart ont déménagé pour « des
considérations de qualité de vie, de baisses d’impôts et
d’hypothèques moins coûteuses… Plusieurs veulent partir mais...
personne ne va acheter leurs maisons. » Selon un sondage de Peace
Now, la majorité partirait si une compensation de départ leur était
offerte.
A l’extérieur, en
2004, le député travailliste Abraham Shohat dit : “ Le peuple
d’Israël doit savoir que la poursuite du conflit avec les
Palestiniens va transformer leur pays en un Etat pauvre fournissant
de moins en moins de services sociaux à ses citoyens». Et le rôle
d’auxiliaire de l’impérialisme américain joué par Israël entraîne
des dépenses militaires de plus en plus importantes dans un état de
conflit larvé avec ses voisins. A l’intérieur, on assiste de plus en
plus à un manque d’enthousiasme à s’engager dans l’armée. Un quart
des jeunes gens et des jeunes femmes, bien qu’ayant été appelés à
faire leur service militaire, cherchent à s’y soustraire invoquant
des raisons d’ordre moral ou de santé. Un nombre croissant de
réservistes refuse de combattre pour raisons d’ordre moral.
A l’extérieur, le
mythe de l’ UDMO (Unique Démocratie du Moyen-Orient), bat de l’aile,
et depuis la déferlante des Russes dans les années 90, le flux de
l’immigration est en voie de se tarir. A l’intérieur, Dov Yermiya,
un pacifiste israélien de 94 ans, déclame : «Moi, un vieux Sabre (
juif né en Israël) de 95 ans, qui a labouré ses champs, planté ses
arbres, construit une maison… et qui a aussi versé son sang sur le
champ de bataille pour la création de l’Etat d’Israël, déclare ici
même que je renonce à ma croyance dans le Sionisme qui a échoué, que
je ne serai pas loyal à l’Etat juif fasciste et ses folles visions,
que je ne chanterai plus l’hymne national, que j’observerai une
minute de silence seulement les jours de commémoration pour ceux qui
sont tombés des deux côtés dans les guerres».
A l’extérieur, la
propagande israélienne use à ne plus en pouvoir des crimes nazis et
porte en emblème du sionisme la souffrance des victimes de ces
crimes. A tel point que la nécessité d’un Etat juif est devenue un
crédo et sa défense un devoir quasi religieux. A l’intérieur, vivent
260 000 rescapés du nazisme et 80 000 d’entre eux ont du mal à
subvenir à leurs besoins et vivent en dessous du seuil de pauvreté.
Ces survivants mangent aux soupes populaires et reçoivent leurs
vêtements d’organisations caritatives. De plus, il leur faut choisir
entre produits alimentaires ou médicaments, et ils n’ont pas
suffisamment d’argent. Sur les 80 000, 20 000 sont originaires
d’Europe et 50 000 sont des immigrants des pays de l’ex-Union
Soviétique venus à partir des années 90. Parallèlement, des
centaines de millions de dollars sont-ils dépensés par des Juifs
d’Amérique surtout, mais aussi en Israël pour des musées de la
mémoire, pour des statues et pour d’autres monuments.
A l’extérieur, le
crédit moral du sionisme, porté à son paroxysme, empêchait toute
critique et tout doute sur la bonne foi d’un Etat bâti sur la
souffrance multimillénaire d’une communauté et drapé dans une
immaculée pureté. Envers du décor, un réseau découvert aux
Etats-Unis et infiltré par le FBI, implique plusieurs rabbins, dont
le Grand rabbin de la communauté juive syrienne aux États-Unis, Saul
Kassin, et le fils d’un rabbin séfarade, Solomon Dwek, et surtout un
certain Levy Izhak Rosenbaum. Ce dernier est soupçonné d’être le
responsable des ramifications d’un trafic d’organes jusqu’en Israël.
Le lien est fait, par un journaliste suédois, avec les mutilations
post mortem de jeunes Palestiniens. Ces mutilations expliquaient
l’empressement suspect de l’armée sioniste à pratiquer des
« autopsies » systématiques sur les corps de ses victimes, qu’elles
restituaient de nuit à leurs familles. Le ministre de la Santé
sioniste, Nessim Dahhan, a déclaré, en réponse à une question posée
par un membre de la Knesset, Ahmed Teibi, le mardi 28 juillet 2009,
qu’il ne pouvait pas refuser des organes provenant de corps de
jeunes palestiniens tués par les forces israéliennes et voués à des
greffes ou à la recherche scientifique. Netanyahou n’a pas pu
intimider le ministre suédois des Affaires étrangères. Il y a aussi
l’affaire d’Alastair Sinclair, un touriste écossais qui s’est pendu
dans une prison israélienne et dont la famille «a été forcée
d’engager un procès parce que son corps a été rendu avec des parties
manquantes.» A l’extérieur comme à l’intérieur, le sionisme a perdu
ses atouts idéologiques en engraissant sa classe dirigeante, il lui
reste la ligne droite de la fuite en avant, celle de l’embrasement
de la planète.
Par Ahmed Halfaoui
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Election présidentielle en Afghanistan
Le dilemme de
Washington
L'élection
présidentielle en Afghanistan devait servir, comme en Irak, à
démontrer la justesse de l'intervention américaine et sa capacité à
imposer la démocratie dans un Etat autrefois sous le joug de
l'autoritarisme. Sauf que le scrutin ne se déroule pas du tout comme
prévu.
Donné favori de
cette élection, le président sortant Hamid Karazaï est accusé de
fraude massive par son principal adversaire, Abdullah Abdullah. Dans
une conférence de presse tenue à Kaboul, ce dimanche, ce dernier a
annonce qu’il se retenait d’ordonner à ses partisans d’occuper les
rues, en attendant l’annonce officielle des résultats. Des résultats
qui ne sauraient tomber avant la mi-septembre, à en croire la
commission électorale, mais que chacun des candidats revendique
comme lui étant favorables. Au lendemain du vote, jeudi dernier, les
camps de Hamid Karazaï et celui de Abdullah Abdullah ont tous deux
crié victoire, suscitant une atmosphère confuse, rappelant presque
le proche exemple iranien. Inquiète, la Commission européenne, qui
s’est prononcée avant l’administration Obama, a «encouragé» le jour
même tous les candidats à l’élection présidentielle en Afghanistan à
«s’abstenir de faire des annonces prématurées sur un possible
résultat» du scrutin.
Les ministres des
Affaires étrangères du G8, réunis à Rome, ont appelé également
«toutes les parties» à «user de patience et de retenue» en attendant
les résultats officiels des élections.
Mais ce fut trop
peu pour ramener la sérénité à cette élection, dont la campagne
avait été longue, éprouvante et, bien plus que tout, d’une âpreté
inédite avec des accusations de corruption fusant de tous les bords.
Le principal rival
du président sortant Hamid Karzaï à l’élection présidentielle
afghane, Abdullah Abdullah, a dénoncé dimanche des «irrégularités et
fraudes massives» en faveur de son adversaire, dont des chiffres de
participation qui auraient été gonflés dans le sud. Motivé,
peut-être, par une médiatisation internationale conséquente, friande
des scrutins truquées et des révolutions colorées, mais aussi par le
lâchage de Karazaï par Washington,
Abdullah Abdullah,
ancien ministre des Affaires étrangères de M. Karzaï, complique la
situation et annonce, ce dimanche, l’existence d’irrégularités, de
fraudes et de tentatives de trucages massives. Pensant que le moment
se prête pour en finir avec le président sortant, il dénonce
également le fait que ce dernier soit «personnellement» derrière ces
fraudes «organisées grâce à son appareil d’Etat et ses représentants
gouvernementaux».
Ces irrégularités
concerneraient des zones où la participation a été très faible,
voire nulle, a-t-il précisé, en allusion aux régions les plus
touchées par les violences des talibans où la participation n’a
parfois pas dépassé 10%, selon des observateurs. Et, d’emblée,
Abdullah Abdullah estime que ce qui est en jeu, c’est la légitimité
et la crédibilité de l’élection, se mettant ainsi dans la peau d’un
Mir Hussein Moussaoui afghan.
L’enjeu d’une
élection
Mais plus que la
crédibilité du scrutin, c’est de la vigueur de la jeune démocratie
afghane qu’il est question et, par ricochet, de l’échec ou de la
réussite de la politique américaine dans ce pays. Une politique qui
rassemble beaucoup de similitudes avec le processus irakien,
consistant à quitter le pays occupé après avoir mis en place un
semblant de construction démocratique et des institutions élues. En
quelque sorte, Barack Obama entend faire en Afghanistan ce que
George W. Bush a tenté de faire en Irak, un Etat fragile et un pays
peu sûr toujours menacé par les conflits confessionnels. La seule
différence, c’est que pour détourner le regard du monde sur leur
œuvre irakienne, les Etats-Unis promettent de finir la guerre contre
le terrorisme en Afghanistan et, ainsi, de «boucler la boucle» dans
le combat contre Al Qaïda. Tel fut, n’est-ce pas, le cœur du
programme électoral de Barack Obama et la clé de la réussite des
démocrates sur les républicains en novembre dernier.
Quelques mois plus
tard, le constat est là : si les Etats-Unis étaient engagés
simultanément sur deux fronts, les difficultés de l’un excusant les
incommodités de l’autre, aujourd’hui Washington a mis ses œufs dans
un même panier, à Kaboul.
La victoire contre
les taliban en Afghanistan et l’assise d’une république démocratique
auraient concouru, en effet, non seulement à faire oublier les
dégâts de l’ère Bush, en Irak et ailleurs, mais aussi à ouvrir une
voie royale devant Barack Obama qui ambitionne de faire aimer à
nouveau l’Amérique au monde entier. La réalité du terrain est,
toutefois, loin de ce scénario.
D’abord,
s’agissant de cette présidentielle qui prend une mauvaise tournure,
la Maison-Blanche est d’abord contrecarrée par ses alliés européens.
La déclaration extrêmement ambiguë du chef de la mission
d’observation de l’Union européenne, selon lequel «les élections
étaient bonnes en général mais pas toujours libres», indique déjà
que la gestion de la crise politique qui s’annonce à Kaboul sera
extrêmement difficile pour l’administration Obama. De plus, en
l’absence d’emprise des Américains sur le gouvernement de Karazaï,
il leur est difficile d’avoir une exacte appréciation des forces qui
s’apprêtent à entrer en conflit. Fait qui ralentit la décision du
choix de Washington pour l’un ou l’autre des candidats à soutenir
afin de rétablir rapidement la stabilité politique et se concentrer
sur la guerre contre les Talibans. Car, ce qu’il y a de plus
inquiétant pour les Etats-Unis, c’est que militairement, et sur fond
de regain de violence, les troupes américaines ne bénéficient pas du
soutien de la population, ou alors peu, au vu de la terreur
instaurée par les talibans…
Par Nabil
Benali
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Deux options
pour Washington
Hamid Karazaï :
Huitième président de la République islamique d’Afghanistan, il est
nommé à la tête de l’Etat de manière transitoire en décembre 2001 et
confirmé à l’issue d’un scrutin présidentiel en décembre 2004. Sans
parti politique, Hamid Karzaï est né en décembre 1957 à Kandahar,
fief actuel des Talibans, a fuit avec sa famille l’invasion
soviétique en 1979 pour faire ses études en Inde, ne disposant donc
pas de la légitimité du terrain dont se revendique son rival
Abdullah Abdullah. Voyageant entre le Pakistan et les Etats-Unis, il
est affiché comme militant monarchiste et rentre au pays après la
prise du pouvoir par les Talibans, en 1992. Il œuvre pour rallier
les forces du commandant Massoud au régime des Taliban, lequel
l’emprisonne sous l’accusation d’être un agent du Pakistan. Hamid
Karazaï libéré dans des circonstances obscures, refuse cependant de
représenter les Talibans auprès de l’ONU, comme demandé par le
Mollah Omar avec lequel il rompt ses liens au lendemain de
l’assassinat de son père en 1999. Deux ans plus tard, Hamid Karzaï
revient au pays et réunit plusieurs tribus pashtounes contre les
Talibans, avec l’appui des Etats-Unis. Et, dans un pays occupé en
2001 par les Etats-Unis et dans la confusion totale, il est promu
président pour deux ans par un consensus tribal, avant de remporter
un scrutin démocratique en 2004. Depuis, il échappe à plusieurs
tentatives d’attentat et les Talibans en font leur cible première.
Son premier mandat est jugé de manière mitigée par Washington, dont
les responsables se disent souvent déçu de l’assistance des forces
de sécurité afghane dans la lutte contre les Talibans.
Abdullah
Abdullah : Homme politique
afghan, né en septembre 1960, est diplômé de l’université des
sciences médicales de Kaboul. Il est connu pour avoir été le
ministre des Affaires étrangères de Hamid Karazaï contre lequel il
s’est présenté aux élections présidentielles du 20 août en tant
qu’indépendant. Issu de la région de Kandahar, fief actuel des
Talibans, il descend d’une lignée de fonctionnaires ayant exercé du
temps de la monarchie afghane. Durant la guerre contre l’Union
soviétique, Abdullah Abdullah a été un proche conseiller du
commandant Massoud et finira comme porte-parole de l’Etat islamique
de l’Afghanistan en 1995. A la chute de Kaboul entre les mains des
Talibans, il est membre fondateur de l’union islamique pour le salut
de l’Afghanistan, connue sous le nom de l’Alliance du nord, dirigée
par le commandant Massoud. A la fin du régime des Talibans, après
l’intervention américain, il sera nommé ministre des Affaires
étrangères dans le gouvernement provisoire en 2001, puis confirmé à
ce poste dans le gouvernement de transition. A l’avènement de Hamid
Karazaï, il est un des rares ministres à être maintenu à ses
fonctions. Il deviendra, également, en 2006, le secrétaire général
de la Fonction Massoud en 2006. Beaucoup voyaient en lui le parfait
successeur de Hamid Karazaï, qu’on disait lâché par Washington
depuis les derniers mois de George W. Bush.
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Pressions sur Israël et proposition d’un nouveau plan de
négociations au Moyen-Orient
La paix selon
Obama
Jamais de mémoire
d'observateur un président américain n'avait autant pressé l'Etat
hébreu de mettre fin à la colonisation, un acharnement diplomatique
qui a semble-t-il porté ses fruits, puisque Benyamin Netanyahu a
consenti à décréter un moratoire à ce sujet.
Hosni Moubarak et
Barack Obama. Une image saisissante et insolite à la fois qui, le 18
août dernier, montrait un raïs vieux et usé aux côtés d’un président
jeune et énergique. A l’image d’un pharaon des temps modernes, le
chef de l’Etat égyptien a connu à lui seul cinq présidents
américains depuis son accession au «trône» égyptien en octobre 1981.
Avec Ronald Reagan, puis avec George H. Bush, Bill Clinton, George
W. Bush et enfin Barack Obama, Hosni Moubarak a su faire de l’Egypte
un acteur incontournable au Moyen-Orient, et bénéficier dans le même
temps d’immenses aides militaires et financières. Après une brouille
de cinq ans causée par la politique ouvertement pro-israélienne du
prédécesseur de Barack Obama, le président égyptien a donc repris le
chemin de la Maison-Blanche à la recherche d’un renouvellement du
pacte Le Caire-Washington. Mais comme le veut la tradition depuis
plus de trente ans, les rencontres américano-égyptiennes ne tournent
presque plus autour des relations bilatérales, ou rarement, pour se
focaliser sur le processus de paix au Moyen-Orient. Et qui mieux que
le très expérimenté Hosni Moubarak pour évoquer avec le novice
Barack Obama la situation de ce processus et les moyens à même de le
faire avancer ? Lors de leur tête-à-tête au bureau ovale le 18 août
dernier, les deux leaders ont tout d’abord évoqué la réconciliation
nécessaire qui devrait s’opérer entre l’Amérique et le monde
musulman. Une condition sine qua non pour permettre la relance des
négociations israélo-palestiniennes. Sur ce point en particulier,
Hosni Moubarak a insisté pour que l’Etat hébreu cesse en premier
lieu de pratiquer sa politique intransigeante, de cesser de fermer
les points de passage et de stopper la colonisation afin de rétablir
la confiance avec les Palestiniens et avec les Etats arabes de la
région. Un discours implicitement défendu par le président des
Etats-Unis, qui a une nouvelle fois insisté sur le gel total et
définitif de la construction de nouvelles colonies en Cisjordanie.
Barack Obama a également profité de sa rencontre avec le chef de
l’Etat égyptien pour annoncer son intention de proposer un nouveau
plan de paix à soumettre aux parties palestinienne et israélienne.
Après l’annonce, c’était au tour du porte-parole de la
Maison-Blanche d’expliquer aux journalistes et au monde les contours
de ce plan de paix. Selon toute vraisemblance, le nouveau document
en cours de finalisation sera présenté en «avant-première» en
septembre de cette année devant l’Assemblée générale des Nations
unies à New York. Robert Gibbs, qui a surpris son auditoire en
affirmant qu’il n’était pas au courant des détails de ce fameux
plan, a averti que des progrès devraient d’abord être faits dans ce
sens entre les protagonistes du conflit au Moyen-Orient. Un vœu
pieux qui ne trouve toujours pas d’oreille attentive chez les
principaux concernés. Au lendemain de l’appel de Barack Obama, les
protagonistes se sont rejeté mutuellement la responsabilité de
l’échec des négociations et du blocage observé dans le processus de
paix. Ce sont les Israéliens qui ont ouvert le bal mercredi dernier
en reprochant aux Palestiniens d’avoir rejeté les appels de Benyamin
Netanyahu à reprendre les discussions gelées depuis huit mois.
Réponse du berger à la bergère, Saëb Erekat réplique en assurant que
sa partie ne réclamait aucune condition à la reprise des
négociations, et que se sont «les Israéliens qui se dérobent à leurs
obligations en refusant de stopper la colonisation». La question
épineuse de la colonisation reste donc aujourd’hui la pierre
angulaire du différend israélo-palestinien, et américano-israélien à
la fois. Jamais de mémoire d’observateur, un président américain
n’avait autant pressé l’Etat hébreu de mettre fin à la colonisation,
un acharnement diplomatique qui a semble-t-il porté ses fruits,
puisque Benyamin Netanyahu a consenti à décréter un moratoire à ce
sujet. Mais le chemin reste incontestablement long avant une reprise
sérieuse et encourageante du processus de paix. Le président
américain avait promis de s’attaquer dès son investiture à ce
dossier. Sept mois ont passé, et les espoirs de paix s’amenuisent de
plus en plus.
Par Mohamed
Khaled Drareni
Netanyahu
convoqueun ministre anti-Obama
Le Premier
ministre israélien Benjamin Netanyahu a convoqué jeudi dernier un de
ses ministres qui a pressé le gouvernement de s’opposer à la demande
de Washington en faveur d’un gel total de la colonisation, a indiqué
la radio publique. «Je n’ai pas peur des Américains, mais dans le
gouvernement, il y en a qui ont peur d’Obama. Il faut dire: Ca
suffit!», a affirmé Moshé Yaalon, un faucon, ministre des Affaires
stratégiques et membre de l’aile droite du Likoud, le parti de
Benyamin Netanyahu.
“La Paix
Maintenant” dément un ralentissement de la colonisation
La colonisation
israélienne ne ralentit pas en Cisjordanie: depuis le début de
l’année, les travaux de construction ont commencé pour environ 600
nouveaux logements dans les localités juives implantées dans le
territoire palestinien, selon un rapport publié dimanche par le
mouvement “La Paix Maintenant”. Sous la pression des Etats-Unis qui
exigent un gel de la colonisation, Israël a assuré la semaine
dernière avoir cessé de délivrer de nouveaux permis de construire
pour les colonies de Cisjordanie. Cependant, les permis déjà
délivrés autorisent la construction de jusqu’à 40 000 logements,
rappelle “La Paix Maintenant” (Shalom Arshav).
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