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Sénatoriales
Le jeu
d’intérêts et de calculs commence
A deux mois des
élections portant renouvellement partiel de la chambre haute du
parlement, (Sénat), les directions des trois partis de l'alliance
présidentielle, en l'occurrence le front de libération nationale
(FLN), le rassemblement national démocratique (RND) et le mouvement
pour la société et la paix (MSP) n'ont toujours pas tranché sur la
question des alliances pour garantir des sièges au conseil de la
nation.
Dans ce cadre les
trois partis préfèrent laisser aux élus le choix de faire alliance
sans les limiter au parti de l’alliance présidentielle. A savoir que
la concurrence est entre les trois ce qui rend les choses plus
difficiles car avant de penser à faire une alliance, il faut que ça
soit bien étudié. Dans ce jeu d’intérêts et de calculs, d’autres
partis affichent leur souhait d’accéder au Sénat comme c’est le cas
du FNA qui aurait promis des voix au vieux parti.
Il faut dire que
les partis qui s’acharnent le plus sur ce rendez-vous électoral sont
le Front de libération nationale qui reste majoritaire au sein du
Sénat et qui souffre de la concurrence déloyale entre ses militants,
le Rassemblement national démocratique et en dernière position
figure le Mouvement pour la société et la paix qui fait face à une
crise interne qui risque de lui faire perdre la place d’un groupe
parlementaire puisqu’un bon nombre, estimé à huit sénateurs, ont
déjà remis leur démission et intégré le mouvement des dissidents
mené par l’ex-ministre de l’Industrie, Abdelmadjid Menasra. Dans
cette conjoncture complexe, certains ne préfèrent pas avoir des
alliances dans le cadre uniquement de l’alliance même si au sommet
rien n’est encore décidé. Du côté du RND, le secrétaire générale du
parti, Ahmed Ouyahia, a déjà envoyé une instruction à la base pour
aller vers des élections préliminaires afin d’éviter la «fitna». La
direction de ce parti qui veut revenir aux commandes lors des
prochaines sénatoriales en augmentant le nombre de ses sièges à la
chambre haute du Parlement a laissé libre choix aux élus pour faire
des alliances. Dans ce cadre, le porte-parole du parti a animé
plusieurs conférences régionales durant ce mois d’août. Il n’a pas
manqué de justifier et de défendre les mesures prises dans le cadre
de la loi de finances complémentaire de 2009, notamment celle
relative à la suppression du crédit à la consommation concernant
l’achat des véhicules. M.Chorfi est allé même à annoncer qu’il y
aura une alternative à ce crédit sans donner de précision et au
début de ce mois sacré, il a interpellé les pouvoirs publics à
améliorer le pouvoir d’achat des citoyens et faire face à la flambée
des prix qui reste incontrôlable. Il n’arrête pas d’appeler les
cadres du RND à la discipline afin de réussir à passer l’élection
des sénatoriales. A ce titre, il dira : «Vous devez vous soumettre
aux instructions et au règlement du parti. Tout contrevenant sera
sanctionné». En tout cas une opération pour blanchir l’image du RND
aux yeux des citoyens par rapport aux mesures de LFC 2009 est
menée. Le parti de Bouguerra Soltani reste dans l’embarras et après
sa réunion de son madjliss echourra. Il a été décidé de fermer le
dossier de la crise en laissant les portes ouvertes aux dissidents
qui veulent revenir à la légitimité du parti et se consacrer aux
projets tracés, dont les sénatoriales.
D’ailleurs, la
direction du parti est consciente de la perte qui lui sera fatale à
cause du nombre de dissidents toujours en augmentation. Elle joue
encore des prolongations dans l’espoir de trouver un terrain
d’entente avec le groupe de Menasra. Dans ce cadre, M.Soltani a
reconnu qu’aucun parti ne peut récolter des voix pour les
sénatoriales dans les 48 wilayas du pays. A cet effet, les alliances
se feront au niveau local. Pour le vieux parti, il est interdit de
répéter l’expérience des précédentes élections au cours desquelles
il a perdu neuf sièges. Au sein du vieux parti l’enjeu est très
grand d’autant que ce dernier prépare également son congrès.
Une préparation
marquée déjà par des agitations menées par des cadres du parti à
leur tête le pro-Benflis, Abbas Mikhalif, qui parlent de leur
marginalisation concernant la préparation du congrès. Par ailleurs,
le FLN fait face au blocage dans neuf de ses mouhafedhate non encore
renouvelées et sortir de la période transitoire qui date de la
crise «Benflis».
Toutefois la
question des alliances est laissée aux élus pour trancher sauf en
cas de blocage la direction interviendra pour convaincre le parti
concerné.
Il faut dire que
dans cette guerre silencieuse déclarée dans les localités de
l’intérieur du pays à l’approche des sénatoriales attendues pour
décembre prochain, les élus sont prêts à tout pour y accéder au
point de trahir leur parti car il s’agit avant tout de garantir une
promotion personnelle.
Par Nacera
Chenafi
Haut
Tripartie
Pour un vrai
pacte social
Une tripartie a
été annoncée par le ministre de la PME et de l’Artisanat. Mustapha
Benbada a avancé la date d’octobre ou de novembre prochain, soit
bien après la rentrée sociale. Pour quels objectifs ?
La première
remarque sur cette rencontre est qu’elle pourrait s’avérer tardive
au vu des urgences de l’heure, de l’intensité du débat économique et
du réchauffement de la scène syndicale. Malgré l’effet amortisseur
qu’aurait pu jouer le mois de ramadhan, il semble que patronat et
syndicats aient choisi de jouer sur le mécontentement des ménages
face à la cherté habituelle des prix pour remettre le gouvernement
sous pression, chacun suivant ses propres objectifs. Pour le
patronat, il est question de faire reculer le gouvernement sur
certaines mesures pénalisant les producteurs locaux ; pour les
syndicats, il est temps de remettre la revendication sociale sur le
tapis.
Un membre du FCE a
révélé récemment à la presse nationale la tenue d’une rencontre
entre représentants du patronat et ceux du ministère des Finances,
afin de discuter des dispositions de la loi de finances
complémentaire 2009. C’est dire qu’en réalité, le dialogue a déjà
commencé avant la tripartie annoncée, bien que les patrons auraient
souhaité être consultés avant l’élaboration de la LFC. Ce qui nous
amène à nous poser la question de savoir ce que les chefs
d’entreprises peuvent espérer obtenir, et de leurs contacts avec le
gouvernement et de la tripartie, sachant que ladite loi est bel et
bien en vigueur et, sans doute, pour voir le gros de ses principes
reconduits en 2010. Il ne faut pas attendre, en effet, de l’Exécutif
que dirige Ahmed Ouyahia, qu’il aille à se déjuger aussi vite.
D’autant que le contexte mondial continuera, d’ici là, de fournir
les mêmes raisons qui ont poussé le gouvernement à une batterie de
mesures draconiennes, aussi bien par rapport aux cadres de
l’activité économique que vis-à-vis de ses partenaires commerciaux.
En l’espèce, le
gouvernement est en entière position de force et dispose d’une
grande marge de manœuvre, puisque ses décisions ont été tellement
extrêmes qu’il peut, sans en modifier l’essentiel, faire quelques
concessions sur certains aspects ayant touché l’investissement ou le
commerce extérieur. Mais cela n’est pas un désavantage en soi, si
l’on considère que les patrons n’ont pas tout à fait tort dans
nombre de leurs doléances et c’est peut-être aujourd’hui l’occasion
pour qu’un véritable dialogue s’installe et que soit trouvé un
compromis entre les priorités du gouvernement et les ambitions du
patronat algérien.
Du côté des
syndicats, il faut dire que la multiplication des menaces de grève,
qui n’ont pas attendu la rentrée, sont parfaitement à prendre au
sérieux. D’abord, celle-ci concernent les mêmes secteurs de la
fonction publique qui animent l’actualité sociale depuis des années,
ce qui démontre leur caractère récurrent, voire structurel. Ensuite,
ces menaces de grève sont loin d’être une simple agitation des
syndicats, destinée à marquer leur territoire ou à remobiliser leurs
troupes, comme le veut la tradition à chaque rentrée. Le malaise
dans la Fonction publique est d’une telle étendue qu’il n’y a qu’à
analyser le retrait des agents de la protection civile de l’UGTA
pour s’en convaincre : l’heure est à l’agressivité syndicale et plus
question d’arrondir les angles au profit de la direction de la
centrale syndicale. A ce titre, on ne peut se réjouir de voir
s’affaiblir les forces syndicales, car l’éparpillement des syndicats
n’est pas pour les servir. Mais il semble bien que, quelque part, l’UGTA,
qui a perdu ce qui fait un syndicat, c’est-à-dire un minimum de
capacité de nuisance, n’a même plus les moyens de contrebalancer les
syndicats autonomes. Et cela, même quand son secrétaire général
prend des positions justes, comme ce fut récemment le cas avec sa
déclaration de soutien aux mesures du gouvernement Ouyahia pour la
limitation des importations.
En tout état de
cause, non seulement la relance du dialogue social s’impose, mais de
surcroît, c’est d’un dialogue social nouveau qu’il est plus que
jamais question. Le constat est là et fait que malgré les hausses
des salaires, la promulgation des statuts particuliers ou encore la
majoration des pensions et retraites, rien ne contente les syndicats
autonomes qui demandent, plus que tout, la reconnaissance.
On sait que c’est
dans cette impasse politique que le champ syndical demeure enlisé
depuis des années. Mais, puisque le gouvernement ne veut s’attabler
qu’en face de l’UGTA, qu’est-ce qui empêche l’un ou l’autre d’avoir
l’intelligence politique de s’emparer des revendications sociales et
d’en réaliser ce qui est réalisable ? On se demande même comment la
Centrale syndicale, qui ne demande qu’à rattraper le terrain perdu
et à accaparer de nouveaux secteurs économiques, n’a pas encore
compris que c’est là que réside son intérêt…
Aujourd'hui, le
gouvernement, par la voix de plusieurs d'entre ses ministres, défend
sa politique et réfute tout caractère unilatéral à ses décisions,
arguant qu'il pense et agit dans le cadre du pacte économique et
social en vigueur et signé entre les trois partenaires. Mais que
vaut aujourd’hui ce document élaboré et adopté du temps du
gouvernement Belkhadem ? Depuis, deux ans ont passé et il y a de
longs mois que l’actuel Premier ministre Ahmed Ouyahia a affirmé que
le pacte social a été mis en œuvre, puis «égaré en cours de route».
Nous voilà donc disposer d’une personne convaincue de l’échec du
précédent pacte social à la place qu’il faut pour tisser un
compromis véritable ; cette fois, un vrai pacte social et
économique.
Certes, la
tripartie qui s’annonce pourrait être l’occasion pour le
gouvernement, l’UGTA et le patronat d’accorder leurs violons et de
trouver un terrain d’entente sur la mise en œuvre de la loi de
finances complémentaire 2009. Faudra-t-il une autre tripartite pour
la loi de finances 2010 qui sera, à n’en pas douter, une autre loi
pour prévenir les mêmes effets de la crise mondiale ? Et si oui,
combien de temps mettra-t-elle pour se tenir, et de par combien de
rencontres bilatérales ou informelles sera-t-elle précédée ? Pour
ainsi dire, si dialogue il faut tenir, autant viser un objectif plus
important que de simples arrangements de conjoncture. Il est temps
d’avoir l’ambition d’un véritable pacte social pour la crise. Tel
doit être le défi du gouvernement qui, pour traverser la crise dans
la sérénité, doit relever le défi de réunir ses partenaires autour
d’engagements communs et parvenir à protéger et les travailleurs et
la production nationale sans rien sacrifier de l’intérêt national.
Et cela, aucun gouvernement au monde ne peut le faire dans la
solitude.
Par Nabil
Benali
Haut
Tourisme en Algérie
Est-ce le
véritable départ ?
Des allègements
fiscaux, des avantages en matière d'acquisition de terrains et des
aides et des accompagnements pour la mise à niveau. Des mesures,
neuf au total, comme s'il fallait absolument une preuve de la bonne
volonté des autorités contenue dans la si décriée loi de finances
complémentaire (LFC) de 2009.
Ces mesures ont
été annoncées par le ministre de l’Aménagement du territoire, de
l’Environnement et du Tourisme, Chérif Rahmani, devant les
professionnels du secteur le 17 août. En plein été, l’information a
été relayée dans le monde entier, notamment sur certaines
informations satellitaires plus promptes à comptabiliser les
attaques terroristes, les attentats meurtriers ou les accidents de
la circulation lorsqu’il s’agit de parler de l’Algérie. Faut-il
comprendre que l’intérêt médiatique ainsi exprimé sous- tend que
quelque chose de beaucoup plus important que ce qui a été dit ou
fait jusqu’à maintenant se prépare ? Au moment où justement on
cherche dans le pays à vendre autre chose que du pétrole ou du gaz,
le tourisme peut constituer un débouché économique très prometteuret
dans un secteur à fort potentiel d’emploi. On en veut pour preuve la
manière avec laquelle nos voisins de l’Est et de l’Ouest tirent leur
épingle du jeu. Il reste qu’il y a encore loin de la coupe aux
lèvres.
Ainsi, les
investisseurs dans le secteur touristique bénéficient d’un
«abattement de 50% pour les Hauts Plateaux et 80% pour le Sud» sur
le coût de la concession des terrains nécessaires à la réalisation
de projets touristiques. Dans les mesures fiscales annoncées, il y a
une réduction de la TVA qui passe de 17 à 7% pour les prestations
liées aux activités du tourisme, hôtellerie, thermalisme,
restauration touristique classée, voyage set, location de véhicules
de transport touristique. Une mesure qui va courir jusqu’en 2019.
Lorsque «les
tauliers» voudront mettre leurs établissements aux normes pour
notamment se faire classer, il a été décidé une bonification du taux
d’intérêt, de 3% et de 4%, applicable aux prêts bancaires pour les
actions de modernisation des établissements touristiques et
hôteliers. De même l’importation d’équipements et d’ameublement non
produits localement selon les standards hôteliers qui entrent dans
le cadre d’opérations de modernisation et de mise à niveau des
établissements touristiques, bénéficient d’un taux réduit de droits
de douane et cela est valable jusqu’au 31 décembre 2014. La LFC n’a
pas répondu à la question de l’environnement touristique certes,
mais cette loi ne peut pas non plus répondre à tout.
La LFC prévoit
aussi la mise en place d’un dispositif d’aide à l’investissement à
travers le «fonds d’appui à l’investissement, à la promotion et à la
qualité des activités touristiques», et l’exemption du droit
d’enregistrement pour la constitution de sociétés activant dans le
tourisme ou pour leurs augmentations de capital. Ne soyons pas
mesquins, mais cela peut paraître bien négligeable lorsque les
investissements atteignent facilement quelques dizaines de milliards
de centimes. Par ailleurs, Cherif Rahmani a appelé les
investisseurs à se réunir dans quelques semaines avec lui pour
débattre du projet de «charte du tourisme national».
Des mesures
intéressantes, immédiates et précises, mais qui ne sont pas les
premières actions à enregistrer dans ce domaine. D’ailleurs «la mise
en jachère» du secteur touristique est incompréhensible quand on a
vu rien que pour cette année tout ce qui a été dit et fait.
On peut citer
quelques exemples. Ainsi en juin 2009, Djilali Mehri, président de
SIEHA, une entreprise créée avec le groupe Accor pour la réalisation
des hôtels Novotel et Ibis, annonçait le lancement de la réalisation
de six établissements en l’espace de 3 ans pour un coût avoisinant
les 22 milliards de dinars. Mehri veut aussi réaliser un complexe
touristique dans la palmeraie de Daouia à El Oued et un autre projet
de 600 millions de dollars à Madag près d’Aïn Témouchent en attente
du feu vert des autorités. Cet investisseur a aussi une façon de
voir bien particulière outre le fait qu’il assène depuis des années
que le tourisme est un métier, il ne voit de salut pour ce secteur
que dans l’initiative privée, le retrait total de l’Etat du
secteur, l’assouplissement des formalités de visas et l’ouverture du
ciel algérien. En mai 2009, on s’est rappelé que les hôtels se
classent. Une commission nationale a été mise en place pour le suivi
du processus de classement qui détermine ce qui est essentiel au
bout du compte pour les investisseurs, le prix dont devra
s’acquitter le client.
La commission en
est à élaborer un cahier des charges qui sera soumis à l’instance de
tutelle pour approbation. En attendant, il ne faudra toujours pas
trop se fier aux étoiles pour connaître le bon établissement du
mauvais.
En janvier 2009,
c’est Djezzy-OTA qui s’est mis de la partie en présentant un spot
publicitaire, réalisé par des étrangers, pour vanter les
potentialités touristiques de l’Algérie. Un beau travail de
promotion qui a coûté, dit-on, les 2 millions de dollars (pour un
spot de moins de 5 minutes). Le seul hic pour ce produit, c’est que
la destination n’existe pas encore, du moins pour accueillir les
millions de supposés touristes .
Comprenons-nous
bien : le potentiel touristique algérien est d’abord naturel, une
côte et aussi et surtout un désert, le Sahara, le deuxième plus
grand désert au monde. Quelques dunes de sable peuvent atteindre les
180 mètres de hauteur. Les activités qu’il offre sont innombrables.
On a sûrement de tout temps été conscient du potentiel touristique
algérien. L’Algérie est membre de l’Organisation mondiale du
tourisme depuis 1976, mais le tourisme en Algérie n’en est qu’à ses
balbutiements. Les revenus liés au tourisme atteignent moins de 10%
du produit intérieur brut et le pays se classe au 147e rang mondial
par la fréquentation. Le secteur du tourisme en Algérie représente
3,9% du volume des exportations et 8,1% du Produit Intérieur Brut.
Aujourd’hui, certains promoteurs persévèrent et les investissements
touristiques en Algérie en 2008-2009 atteignent 333 projets qui
représentent 31 800 lits, soit 9,5% du taux des investissements
productifs dans le pays.
Par Amine
Esseghir
Haut
Virée à Aïn El Turk
L’exemple d’une
inadéquation
La ville de Aïn El
Turk (Layoun pour ceux qui connaissent ), c’est un gros village dont
l’entrée par le rond-point des dauphins ne donne pas du tout envie
de s’aventurer plus avant. Pourtant, dans la succession des bâtisses
sans intérêt qui constituent le tissu urbain de la ville, des hôtels
et des complexes affichent complet durant l’été : El Manara, Layoun,
Eden Palace, Pins d’Or, Mezghenna et d’autres.
Ce qui frappe,
c’est bien entendu le contraste tranchant entre l’entretien des
abords et surtout des espaces qu’occupent ces établissement,
parfois quelques dizaines d’hectares et la médiocrité du paysage,
les nids-de-poule sur les routes qui y mènent, les amoncellements de
gravats et de détritus divers qui jonchent la voie publique.
A croire qu’en
dehors des périmètres des établissements de villégiatures, il n’y a
point d’entretien, point d’autorité et point d’intérêt.
Lorsqu’on observe
toute l’activité que génère le tourisme, notamment durant l’été, on
comprend bien que ces entreprises et les commerçants qui vivent
également du boom touristique de Layoun payent des impôts et sont en
droit d’exiger que l’on entretienne la ville.
Layoun rompt aussi
avec un mythe, celui du domaine maritime public. Ici, beaucoup de
plages sont privées ou privatisées. La seule manière d’y accéder
sans payer serait de venir par la mer.
Cela bien entendu
se fait au nez et à la barbe des autorités, mais on doit bien
reconnaître une chose : le fait de rompre avec cette hypocrisie qui
tend à faire certes du domaine marmite un espace public et libre
réduit considérablement la capacité d’en profiter dans la sérénité.
«Les plasges
privées» de Layoun sont propres, bien entretenues, gardées, équipées
de douches et de sanitaires et les femmes peuvent s’y baigner ou
bronzer en bikini sans que personne ne trouve à redire.
A. E.
Haut
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