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Sport
et Ramadhan
Une hygiène de
vie indispensable
L’athlète est sans
doute celui qui souffre le plus durant la période du jeûne par
rapport au commun des mortels. En effet, le sportif se doit de
fournir de gros efforts sur le terrain, alors que normalement, il ne
doit pas le faire sans se nourrir, car il dépense beaucoup d’énergie
et surtout se déshydrate énormément.
Un programme
spécifique est nécessaire pour le sportif de haut niveau surtout et
qui fait du sport son gagne-pain. Ce programme est élaboré
généralement par un préparateur physique qui tente de prendre en
charge les athlètes et les orienter pour réussir à passer cette
période du jeûne avec succès sans trop de «dommages collatéraux» qui
pourraient nuire à sa santé. Même si le débat religieux sur la
nécessité de jeûner ou non pour le sportif n’est pas encore
tranché, surtout pour ceux qui effectuent un grand effort physique,
et qui du fait qu’ils ont signé un contrat professionnel se doivent
d’être à la hauteur des espoirs placés en eux, il faut savoir que
certains tentent d’allier devoir spirituel et sport de haut niveau.
Certains sportifs qui considèrent qu’ils ne peuvent pas se défaire
de ce rite religieux essayent de se surpasser, même lors de cette
période de Ramadhan pour prouver que le jeûne n’influera pas sur
leur rendement. Certains font de grands efforts, mais cela risque de
leur jouer un mauvais tour et c’est pour cette raison que
l’entraîneur doit prendre ses dispositions et tenter d’aider son
athlète à se gérer pendant cette période. Cependant, ce n’est pas
toujours évident pour certains joueurs qui sont empêchés de jeûner
pendant ce mois de Ramadhan, surtout pour les joueurs qui évoluent
dans des grands clubs européens, ou même dans certains grands clubs
africains. Cela nous amènera à parler de certains joueurs qui ont eu
de grands problèmes dans leur carrière de sportifs, juste pour avoir
voulu faire le carême. Cela a été le cas des joueurs Saïfi et Ghazi
qui ont eu des accrocs avec leur entraîneur au FC Troyes, Alain
perrin, qui souhaitait qu’ils fassent l’impasse sur le ramadhan,
surtout qu’il souhaitait les avoir en pleine forme lors des matchs
de Ligue 1.
Si Ghazi n’a pas
supporté ces remontrances, Saïfi, lui, a pu dépasser ce problème et
a pu s’imposer dans l’effectif. Il y a eu également le cas de
l’autre Ghazi, celui de l’USMA, Karim, qui a eu une courte
expérience à l’Espérance de Tunis, et qui n’a pas pu poursuivre
après un différend avec la direction du club tunisien qui lui
demandait de ne pas jeûner, ce qui le poussera à quitter ce club.
Entre
allégement et acclimatation
Cela devient un
véritable casse-tête chinois pour les sportifs qui hésitent encore
entre soit alléger la pratique sportive soutenue, ou l’acclimater
pour que l’athlète ne sente pas une fatigue pendant cette période,
même si cela reste inévitable, quand on sait que le corps a besoin
de certaines protéines et vitamines pour pouvoir être au top. Ainsi,
certains pensent qu’il vaut mieux ne pas organiser des compétitions
importantes lors de ce mois de carême, alors que d’autres estiment
qu’il vaut mieux jouer les matchs de championnat de DI et DII de
football en nocturne lors de ce mois. Pour eux, ce n’est qu’en
programmant des rencontres après le f’tour que les joueurs pourront
s’exprimer pleinement et montrer leurs réelles qualités. Cependant,
d’autres ne voient pas d’inconvénients à ce qu’ils s’acclimatent et
donc qu’ils tentent d’avoir une bonne hygiène de vie pour éviter de
souffrir pendant cette période. Que ce soit les médecins ou les
préparateurs physiques, ces derniers préconisent de prendre un repas
du s’hour copieux et riche en protéines pour que le sportif puisse
tenir toute la journée et pouvoir aussi s’entraîner et participer à
une compétition le plus normalement possible.
Généralement, un
préparateur physique, aidé du médecin du club ou de la sélection met
en place un programme que le sportif de haut niveau se doit de
suivre soigneusement tout au long du mois de ramadan. De nombreuses
études ont été menées pour prouver que le jeûne a un effet direct
sur la forme de l’athlète, et la dernière en date reste celle menée
par la commission médicale de la FAF, présidée par le Dr Zerguini,
sur demande d’experts de la FIFA il y a trois ans.
Des études
similaires ont été menées par d’autres médecins et scientifiques qui
pensent que ramadhan est assez spécial pour le sportif qui doit
prendre toutes ses précautions s’il ne veut pas sombrer durant cette
période. Il n’y a qu’à voir le niveau du championnat national de
football au mois de ramadhan pour s’apercevoir que les joueurs ne se
donnent pas à fond et n’effectuent pas de grands efforts sur le
terrain, prétextant le jeûne et avouant qu’ils ne peuvent pas se
donner à fond tout au long de cette période.
Des joueurs
souhaitent même qu’on reporte les journées qui doivent se jouer ce
mois après l’Aïd, pour qu’ils jouent avec la plénitude de leurs
moyens.
La chance de l’EN,
le paradoxe des Egyptiens
Les éliminatoires
du Mondial et de la CAN 2010 cette année sont décisives et voient
deux grands du football africain se disputer le seul ticket du
groupe pour le Mondial sud-africain, à savoir, l’Algérie et
l’Egypte. Pour le moment, la chance balance pour les Verts qui se
trouvent bien partis pour réussir cet objectif, surtout après qu’ils
ont pris les commandes du groupe, suite aux deux succès face à
l’Egypte et à la Zambie et le nul face au Rwanda. Lors de ce mois de
ramadhan, la quatrième journée de ces éliminatoires sera décisive
pour les deux équipes. Ainsi, l’Algérie reçoit le 6 septembre
prochain la Zambie et tentera de faire le plein et prendre les trois
points dans ce match qui se jouera au stade Mustapha-Tchaker de
Blida. Les Verts et même si le match se joue en nocturne, à 22h, ont
pris toutes leurs précautions. Voulant faire comme les grandes
sélections où rien n’est laissé au hasard, le président de la FAF,
Mohamed Raouraoua, a dépêché une équipe de la FIFA chargée
d’effectuer une étude sur les joueurs de l’EN pour concocter un
programme spécial et qui sera suivi à la lettre pour parvenir à
réaliser les objectifs souhaités. Il est clair que le fait d’avoir
amené des spécialistes pour évaluer la réaction des sportifs met l’EN
un cran au-dessus, alors que l’Egypte reste dans le débat stérile de
faire ou non carême, étant donné que les Pharaons joueront leur
va-tout au cours de ces éliminatoires et évolueront au Rwanda à
15h30, soit en diurne, ce qui compliquera davantage leur situation.
Certains pensent que l’EN égyptienne se doit de casser le carême
pour ce match, surtout qu’il sera difficile de jouer dans de telles
conditions, avec une chaleur et une humidité insupportables. «Ils
joueront pratiquement dans des conditions inhumaines», diront
certains qui estiment carrément que les joueurs ne peuvent pas faire
carème dans ce genre de situation, surtout que c’est pratiquement la
qualification à la phase finale du Mondial qui se jouera et qu’il
faudra, donc, mettre tous les atouts de leur côté. Cependant, il
sera très difficile d’imposer à un joueur comme Aboutrika de ne pas
faire le jeûne quand on sait que ce dernier est un pratiquant des
plus radicaux et qui a pris corps et âme la défense de Ghaza, en
montrant un tee-shirt où un écriteau appelé à soutenir les
Palestiniens de cette ville martyre lors de la dernière CAN
remportée par l’Egypte au Ghana. C’est tout le paradoxe que vivent
donc les Egyptiens.
Par Anouar M.
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