Semaine du 26 Août au 1 Septembre 2009

 

Sport et Ramadhan

Une hygiène de vie indispensable

 

 
 
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 Sport et Ramadhan

Une hygiène de vie indispensable

L’athlète est sans doute celui qui souffre le plus durant la période du jeûne par rapport au commun des mortels. En effet, le sportif se doit de fournir de gros efforts sur le terrain, alors que normalement, il ne doit pas le faire sans se nourrir, car il dépense beaucoup d’énergie et surtout se déshydrate énormément.

Un programme spécifique est nécessaire pour le sportif de haut niveau surtout et qui fait du sport son gagne-pain. Ce programme est élaboré généralement par un préparateur physique qui tente de prendre en charge les athlètes et les orienter pour réussir à passer cette période du jeûne avec succès sans trop de «dommages collatéraux» qui pourraient nuire à sa santé. Même si le débat religieux sur la nécessité de jeûner ou non pour le sportif  n’est pas encore tranché, surtout pour ceux qui effectuent un grand effort physique, et qui du fait qu’ils ont signé un contrat professionnel se doivent d’être à la hauteur des espoirs placés en eux, il faut savoir que certains tentent d’allier devoir spirituel et sport de haut niveau. Certains sportifs qui considèrent qu’ils ne peuvent pas se défaire de ce rite religieux essayent de se surpasser, même lors de cette période de Ramadhan pour prouver que le jeûne n’influera pas sur leur rendement. Certains font de grands efforts, mais cela risque de leur jouer un mauvais tour et c’est pour cette raison que l’entraîneur doit prendre ses dispositions et tenter d’aider son athlète à se gérer pendant cette période. Cependant, ce n’est pas toujours évident pour certains joueurs qui sont empêchés de jeûner pendant ce mois de Ramadhan, surtout pour les joueurs qui évoluent dans des grands clubs européens, ou même dans certains grands clubs africains. Cela nous amènera à parler de certains joueurs qui ont eu de grands problèmes dans leur carrière de sportifs, juste pour avoir voulu faire le carême. Cela a été le cas des joueurs Saïfi et Ghazi qui ont eu des accrocs avec leur entraîneur au FC Troyes, Alain perrin, qui souhaitait qu’ils fassent l’impasse sur le ramadhan, surtout qu’il souhaitait les avoir en pleine forme lors des matchs de Ligue 1.

Si Ghazi n’a pas supporté ces remontrances, Saïfi, lui, a pu dépasser ce problème et a pu s’imposer dans l’effectif. Il y a eu également le cas de l’autre Ghazi, celui de l’USMA, Karim, qui a eu une courte expérience à l’Espérance de Tunis, et qui n’a pas pu poursuivre après un différend avec la direction du club tunisien qui lui demandait de ne pas jeûner, ce qui le poussera à quitter ce club.

Entre allégement et acclimatation

Cela devient un véritable casse-tête chinois pour les sportifs qui hésitent encore entre soit alléger la pratique sportive soutenue, ou l’acclimater pour que l’athlète ne sente pas une fatigue pendant cette période, même si cela reste inévitable, quand on sait que le corps a besoin de certaines protéines et vitamines pour pouvoir être au top. Ainsi, certains pensent qu’il vaut mieux ne pas organiser des compétitions importantes lors de ce mois de carême, alors que d’autres estiment qu’il vaut mieux jouer les matchs de championnat de DI et DII de football en nocturne lors de ce mois. Pour eux, ce n’est qu’en programmant des rencontres après le f’tour que les joueurs pourront s’exprimer pleinement et montrer leurs réelles qualités. Cependant, d’autres ne voient pas d’inconvénients à ce qu’ils s’acclimatent et donc qu’ils tentent d’avoir une bonne hygiène de vie pour éviter de souffrir pendant cette période. Que ce soit les médecins  ou les préparateurs physiques, ces derniers préconisent de prendre un repas du s’hour copieux et riche en protéines pour que le sportif puisse tenir toute la journée et pouvoir aussi s’entraîner et participer à une compétition le plus normalement possible.

Généralement, un préparateur physique, aidé du médecin du club ou de la sélection met en place un programme que le sportif de haut niveau se doit de suivre soigneusement tout au long du mois de ramadan. De nombreuses études ont été menées pour prouver que le jeûne a un effet direct sur la forme de l’athlète, et la dernière en date reste celle menée par la commission médicale de la FAF, présidée par le Dr Zerguini, sur demande d’experts de la FIFA il y a trois ans. 

Des études similaires ont été menées par d’autres médecins et scientifiques qui pensent que ramadhan est assez spécial pour le sportif qui doit prendre toutes ses précautions s’il ne veut pas sombrer durant cette période. Il n’y a qu’à voir le niveau du championnat national de football au mois de ramadhan pour s’apercevoir que les joueurs ne se donnent pas à fond et n’effectuent pas de grands efforts sur le terrain, prétextant le jeûne et avouant qu’ils ne peuvent pas se donner à fond tout au long de cette période.

Des joueurs souhaitent même qu’on reporte les journées qui doivent se jouer ce mois après l’Aïd, pour qu’ils jouent avec la plénitude de leurs moyens.  

La chance de l’EN, le paradoxe des Egyptiens

Les éliminatoires du Mondial et de la CAN 2010 cette année sont décisives et voient deux grands du football africain se disputer le seul ticket du groupe pour le Mondial sud-africain, à savoir, l’Algérie et l’Egypte. Pour le moment, la chance balance pour les Verts qui se trouvent bien partis pour réussir cet objectif, surtout après qu’ils ont pris les commandes du groupe, suite aux deux succès face à l’Egypte et à la Zambie et le nul face au Rwanda. Lors de ce mois de ramadhan, la quatrième journée de ces éliminatoires sera décisive pour les deux équipes. Ainsi, l’Algérie reçoit le 6 septembre prochain la Zambie et tentera de faire le plein et prendre les trois points dans ce match qui se jouera au stade Mustapha-Tchaker de Blida. Les Verts et même si le match se joue en nocturne, à 22h, ont pris toutes leurs précautions. Voulant faire comme les grandes sélections où rien n’est laissé au hasard, le président de la FAF, Mohamed Raouraoua, a dépêché une équipe de la FIFA chargée d’effectuer une étude sur les joueurs de l’EN pour concocter un programme spécial et qui sera suivi à la lettre pour parvenir à réaliser les objectifs souhaités. Il est clair que le fait d’avoir amené des spécialistes pour évaluer la réaction des sportifs met l’EN un cran au-dessus, alors que l’Egypte reste dans le débat stérile de faire ou non carême, étant donné que les Pharaons joueront leur va-tout au cours de ces éliminatoires et évolueront au Rwanda à 15h30, soit en diurne, ce qui compliquera davantage leur situation. Certains pensent que l’EN égyptienne se doit de casser le carême pour ce match, surtout qu’il sera difficile de jouer dans de telles conditions, avec une chaleur et une humidité insupportables. «Ils joueront pratiquement dans des conditions inhumaines», diront certains qui estiment carrément que les joueurs ne peuvent pas faire carème dans ce genre de situation, surtout que c’est pratiquement la qualification à la phase finale du Mondial qui se jouera et qu’il faudra, donc, mettre tous les atouts de leur côté. Cependant, il sera très difficile d’imposer à un joueur comme Aboutrika de ne pas faire le jeûne quand on sait que ce dernier est un pratiquant des plus radicaux et qui a pris corps et âme la défense de Ghaza, en montrant un tee-shirt où un écriteau appelé à soutenir les Palestiniens de cette ville martyre lors de la dernière CAN remportée par l’Egypte au Ghana. C’est tout le paradoxe que vivent donc les Egyptiens.

Par Anouar M.

 

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