Semaine du 26 septembre au 2 octobre  2007

 

L'éditorial

Partis cherchent candidats

 

 
 
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Partis cherchent candidats

Deux mois nous séparent de la tenue des élections locales prévues pour le 29 novembre prochain. Deux mois, un laps de temps que les partis politiques – du moins les 9 qui ont échappé à la mise en application de la loi amendée portant code électoral – tentent de mettre à profit pour peaufiner les préparatifs. Mais si l’on se fie aux bruits qui courent, les formations en lice connaissent un problème de taille : le manque de candidatures. Et lorsqu’une formation comme le FLN fait cas de ce genre de difficultés, on peut aisément deviner l’embarras dans lequel se trouvent les autres formations dont l’ancrage est loin d’être aussi large que celui du plus vieux parti du pays.

Mais ce déficit chronique en candidatures est révélateur d’une réalité que les directions nationales des partis, toutes tendances confondues, tentent d’occulter. En effet, si un parti de l’ampleur du FLN, qui se trouve être la première force politique du pays, se trouve à manquer de candidats, c’est que le problème est avant tout organique. Il confirme en fait si besoin est cette désaffection qu’ont les citoyens pour la chose politique. Certes, affirment les responsables en charge d’élaborer les listes au niveau des commissions électorales, ce sont les candidats de qualité qui viennent à manquer et non des candidats tout court. Mais cette précision ne diminue en rien le problème qui se pose. Gageons qu’une solution sera trouvée d’ici la date limite de dépôt des listes. Mais au détriment de qui ?  Elle sera certainement aux dépens des citoyens qui, une fois de plus, risquent de ne pas se faire représenter au niveau local par des personnes compétentes et intègres. D’aucuns diront que les électeurs pourront toujours faire valoir leur droit à l’abstention pour sanctionner le mauvais choix porté par les partis sur certains candidats. C’est, il est vrai, un moyen de faire montre de son mécontentement, mais cela n’évitera pas pour autant que des candidats seront élus et présideront aux destinées des communes. L’exemple des législatives où un taux  d’abstention record a été enregistré n’a pas pour autant empêché l’élection de 389 députés, lesquels légifèrent depuis leur installation pour l’ensemble du pays.

Alors, que faire face à ce dilemme ? Ne pas voter en affirmant par la suite avoir la conscience tranquille car n’ayant pas cautionné le nouvel exécutif communal ? Nombreux seront ceux qui penseront de la sorte. Les autres se rendront aux urnes pour élire leurs élus communaux, sans toutefois  faire montre d’une grande conviction ou d’enthousiasme. Et pour cause, tout un chacun parmi ceux qui voteront est convaincu que les promesses électorales faites durant la campagne ne seront pas tenues. Elles ne l’ont pas été par les prédécesseurs, et il n’y a pas de raison particulière pour qu’elles soient réalisées par les successeurs. Certes, ce constat n’a pas lieu d’être généralisé, mais il est valable pour un grand nombre des 1 545 communes en compétition. Et c’est peut-être là le fond du problème et la cause première du désintérêt manifesté pour la chose politique. Car si les citoyens pouvaient constater de visu  des changements intervenus tout au long des cinq ans du mandat de maire, ils se seraient mis à croire en les candidats présentés par les formations politiques. Or présentement, l’intérêt de la collectivité est mis de côté. Le nouvel exécutif, à quelques exceptions près, s’installe pour se servir et servir les plus proches. Les contraintes des citoyens sont délaissées. Du reste, peu d’élus reçoivent leurs concitoyens pour écouter leurs doléances. Faut-il dès lors s’étonner du peu d’intérêt manifesté par les citoyens à l’égard des rendez-vous électoraux ? Assurément non. En plus, ils sont confortés dans leur démarche par le fait que souvent sollicitées, les personnes les plus intègres et les plus connues pour leur compétence déclinent les offres qui leur sont faites de se présenter aux élections. Dans les partis, les choix sont souvent limités. La conséquence de cette situation est que les candidats retenus ne sont pas forcément les plus appréciés par la population locale. Et cette dernière se rebiffe comme elle peut contre cet état de fait, dans l’espoir sans doute que sa revendication exprimée à travers son abstention, comme cela été le cas lors des législatives, soit sérieusement prise en charge. Du reste, les partis dont la crédibilité et la représentativité sont battues en brèche à chaque nouvelle élection gagneraient à ne pas négliger cette réalité. Il y va avant tout de leur survie à long terme. Car le risque auquel s’exposent ces formations politiques est qu’elles finissent par devenir des coquilles vides. Leurs seuls “militants” se limiteront à ces opportunistes mercenaires dont la couleur partisane est le dernier des soucis. Puisque ce qui compte, ce sont  les privilèges et les  avantages que confère le poste proposé.

Nadia Kerraz 

 

 

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