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Partis
cherchent candidats
Deux mois nous
séparent de la tenue des élections locales prévues pour le
29 novembre prochain. Deux mois, un laps de temps que les partis
politiques – du moins les 9 qui ont échappé à la mise en application
de la loi amendée portant code électoral – tentent de mettre à
profit pour peaufiner les préparatifs. Mais si l’on se fie aux
bruits qui courent, les formations en lice connaissent un problème
de taille : le manque de candidatures. Et lorsqu’une formation comme
le FLN fait cas de ce genre de difficultés, on peut aisément deviner
l’embarras dans lequel se trouvent les autres formations dont
l’ancrage est loin d’être aussi large que celui du plus vieux parti
du pays.
Mais ce déficit chronique en
candidatures est révélateur d’une réalité que les directions
nationales des partis, toutes tendances confondues, tentent
d’occulter. En effet, si un parti de l’ampleur du FLN, qui se trouve
être la première force politique du pays, se trouve à manquer de
candidats, c’est que le problème est avant tout organique. Il
confirme en fait si besoin est cette désaffection qu’ont les
citoyens pour la chose politique. Certes, affirment les responsables
en charge d’élaborer les listes au niveau des commissions
électorales, ce sont les candidats de qualité qui viennent à manquer
et non des candidats tout court. Mais cette précision ne diminue en
rien le problème qui se pose. Gageons qu’une solution sera trouvée
d’ici la date limite de dépôt des listes. Mais au détriment de
qui ? Elle sera certainement aux dépens des citoyens qui, une fois
de plus, risquent de ne pas se faire représenter au niveau local par
des personnes compétentes et intègres. D’aucuns diront que les
électeurs pourront toujours faire valoir leur droit à l’abstention
pour sanctionner le mauvais choix porté par les partis sur certains
candidats. C’est, il est vrai, un moyen de faire montre de son
mécontentement, mais cela n’évitera pas pour autant que des
candidats seront élus et présideront aux destinées des communes.
L’exemple des législatives où un taux d’abstention record a été
enregistré n’a pas pour autant empêché l’élection de 389 députés,
lesquels légifèrent depuis leur installation pour l’ensemble du
pays.
Alors, que faire face à ce dilemme ? Ne
pas voter en affirmant par la suite avoir la conscience tranquille
car n’ayant pas cautionné le nouvel exécutif communal ? Nombreux
seront ceux qui penseront de la sorte. Les autres se rendront aux
urnes pour élire leurs élus communaux, sans toutefois faire montre
d’une grande conviction ou d’enthousiasme. Et pour cause, tout un
chacun parmi ceux qui voteront est convaincu que les promesses
électorales faites durant la campagne ne seront pas tenues. Elles ne
l’ont pas été par les prédécesseurs, et il n’y a pas de raison
particulière pour qu’elles soient réalisées par les successeurs.
Certes, ce constat n’a pas lieu d’être généralisé, mais il est
valable pour un grand nombre des 1 545 communes en compétition. Et
c’est peut-être là le fond du problème et la cause première du
désintérêt manifesté pour la chose politique. Car si les citoyens
pouvaient constater de visu des changements intervenus tout au long
des cinq ans du mandat de maire, ils se seraient mis à croire en les
candidats présentés par les formations politiques. Or présentement,
l’intérêt de la collectivité est mis de côté. Le nouvel exécutif, à
quelques exceptions près, s’installe pour se servir et servir les
plus proches. Les contraintes des citoyens sont délaissées. Du
reste, peu d’élus reçoivent leurs concitoyens pour écouter leurs
doléances. Faut-il dès lors s’étonner du peu d’intérêt manifesté par
les citoyens à l’égard des rendez-vous électoraux ? Assurément non.
En plus, ils sont confortés dans leur démarche par le fait que
souvent sollicitées, les personnes les plus intègres et les plus
connues pour leur compétence déclinent les offres qui leur sont
faites de se présenter aux élections. Dans les partis, les choix
sont souvent limités. La conséquence de cette situation est que les
candidats retenus ne sont pas forcément les plus appréciés par la
population locale. Et cette dernière se rebiffe comme elle peut
contre cet état de fait, dans l’espoir sans doute que sa
revendication exprimée à travers son abstention, comme cela été le
cas lors des législatives, soit sérieusement prise en charge. Du
reste, les partis dont la crédibilité et la représentativité sont
battues en brèche à chaque nouvelle élection gagneraient à ne pas
négliger cette réalité. Il y va avant tout de leur survie à long
terme. Car le risque auquel s’exposent ces formations politiques est
qu’elles finissent par devenir des coquilles vides. Leurs seuls
“militants” se limiteront à ces opportunistes mercenaires dont la
couleur partisane est le dernier des soucis. Puisque ce qui compte,
ce sont les privilèges et les avantages que confère le poste
proposé.
Nadia Kerraz
Haut
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