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Semaine du 30 Mai au 5 juin  2007

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Condoleezza Rice ou l’échec d’une diplomatie

Tirs de missiles nord-coréens 

Une démonstration de force?

 

 

 

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Condoleezza Rice ou l’échec d’une diplomatie

La garde rapprochée de George Bush (les néo-conservateurs) est en net déclin. Après Donald Rumsfeld, Paul Wolfowitz, c’est au tour de Condoleezza Rice d’être dans une situation délicate qui pourrait lui coûter son poste.

L'actuelle flambée de violence au Liban  témoigne des difficultés auxquelles se heurte la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, qui voit sa marge de manœuvre se réduire chaque jour davantage de Bagdad à Gaza en passant par Beyrouth.

La chef de la diplomatie américaine, qui a bâti sa stratégie au  Moyen-Orient sur un soutien appuyé à des dirigeants arabes qualifiés de modérés pour contenir l'influence de l'Iran et de la Syrie, voit ses alliés s'affaiblir  inexorablement ou s'éloigner, tandis que les régimes honnis de Washington se  renforcent. Témoin de la baisse de ses ambitions, le rythme des voyages de la  secrétaire d'Etat a nettement ralenti. Alors qu'elle avait parcouru près de  400 000 km par an dans ses périples autour du monde en 2005 et 2006, elle n'en  a fait que 110 000 depuis le début de l'année, selon une compilation du  département d'Etat.  "Condoleezza Rice est d'une discrétion croissante, remarquait récemment un  diplomate européen. Elle apparaît fonctionner davantage en réaction qu'en  action." 

Sur tous les dossiers chauds du Moyen-Orient, l'administration Bush, qui  n'a plus que 18 mois devant elle, apparaît affaiblie, voire impuissante. En Irak, Washington a échoué à contenir la montée en puissance de l'Iran, malgré l'appui apporté au Premier ministre Nouri al-Maliki, un chiite.  Rice  l’a reconnu de facto en ouvrant – tardivement et sous la pression – un dialogue  timide et limité avec Téhéran. Une réunion au niveau des ambassadeurs est  prévue prochainement.

La secrétaire d'Etat s'est aussi résolue à rencontrer son homologue syrien 

Walid Mouallem début mai pour lui demander son aide en Irak, après avoir traité Damas par le mépris depuis deux ans. Le dossier israélo-palestinien, que Rice s'était engagée à débloquer en  début d'année, est au point mort en raison principalement de la faiblesse des  protagonistes. La chef de la diplomatie américaine a dû annuler récemment une tournée dans la région en raison des incertitudes sur l'avenir politique du Premier ministre israélien Ehud Olmert. Elle a en outre vu ses efforts pour affaiblir le mouvement Hamas anéantis par l'Arabie Saoudite, avec laquelle les relations de l'administration  Bush ne cessent de se dégrader : Riyad a mis sur pied un gouvernement d'union  nationale réunissant le Fatah de Mahmoud Abbas et le Hamas du Premier ministre  Ismaïl Hanyieh, ce qui a irrité  Washington, toujours déterminé à isoler le Hamas.

Au Liban, le Premier ministre Fouad Siniora est confronté aux violences les  plus sanglantes depuis la fin de la guerre civile en 1990, après avoir appelé  le Conseil de sécurité de l'ONU à imposer le Tribunal international sur  l'assassinat de Rafic Hariri, qu'il n'a pas réussi à obtenir de son propre  Parlement.

"Cela montre qu'il y a des forces de l'extrémisme violent qui tentent de 

faire dérailler les efforts des peuples de la région à parvenir à une vie  meilleure", croit savoir le porte-parole du département d'Etat, Sean  McCormack.  "Nous nous battrons contre ceux qui refusent toute réconciliation  politique. Nous bâtirons les institutions qui soutiendront la démocratie et la  liberté dans la région", a-t-il ajouté sans grande conviction. "Mais c'est dur." Un constat qui cache mal l’échec. 

Pour Steven Cook, un expert du Council of Foreign Relations, Washington n'a pas suffisamment joué la carte du dialogue, notamment avec la Syrie, avec  laquelle les relations diplomatiques n'ont jamais été rompues, contrairement à  l'Iran.

 "Je pense que les Etats-Unis ne devraient pas utiliser les relations  diplomatiques comme une carotte ou un bâton mais comme un élément à part  entière de leur politique étrangère", estime-t-il.  

Le Proche et Moyen-Orient sont dans une situation explosive et même les rapports avec la Russie sont empreints de relents de guerre froide, la diplomatie “de la canonnière”, chère à Bush et Rice, a montré ses limites. Elle n’a fait qu’embraser le monde et le rendre moins sûr…

L.H.

 

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Tirs de missiles nord-coréens 

Une démonstration de force?

Les tirs d'essai de missiles auxquels la Corée  du Nord a procédé dernièrement, au large de ses côtes, relèvent davantage de la  bravade chère au régime communiste, particulièrement lorsqu'il cherche à  accentuer la pression pour négocier en force, selon les experts. Ces tirs de missiles à courte portée, qui n'ont pas mis en danger la  sécurité de ses voisins, pourraient s'interpréter comme une volonté de faire pression sur Séoul qui vient de reporter ses livraisons de riz au Nord.

 La Corée du Sud a décidé, jeudi dernier, de différer l'envoi de 400.000 tonnes de riz tant que le régime communiste n'aura pas appliqué l'accord multipartite sur sa  dénucléarisation signé le 13 février à Pékin.  "Le Nord doit arrêter son chantage avec ses missiles visant à arracher une  aide de riz à la Corée du Sud", s'est insurgé le Grand parti national  sud-coréen (GNP, opposition).  Mais cette salve de missiles pourrait aussi être le signe de l'irritation  du régime de Kim Jong-il à l'adresse des Etats-Unis et de la Chine face au retard pris par les discussions nucléaires, selon les observateurs.

Un différend financier entre Pyongyang et Washington bloque toujours la mise en œuvre de l'accord aux termes duquel le Nord est censé recevoir une  importante aide énergétique en échange de l'arrêt de son réacteur nucléaire de Yongbyon. Les missiles n'étaient pas des ogives balistiques et leur importance a été aussitôt minimisée par la Maison-Blanche, qui a évoqué un simple "exercice de  routine".

Le Premier ministre japonais Shinzo Abe a affirmé que ces tirs ne  constituaient "pas un grave problème pour la sécurité du Japon".  A l'inverse, Pyongyang avait déclenché une  véritable crise internationale, en juillet 2006, en testant sept missiles  balistiques (un à longue portée et six à moyenne portée) au large de ses  côtes. Ils s'étaient tous abîmés en mer mais leur lancement avait provoqué un vif émoi. Enfin, les derniers tirs pourraient constituer une réponse adressée à la Corée du Sud qui inaugurait au même moment son premier destroyer équipé du système de combat antimissile Aegis. Un timing loin d'être fortuit, relève Kim Tae-Woo de l'Institut coréen d'analyses de Défense, financé par le gouvernement  de Séoul.  "Le Nord visiblement cherchait à faire démonstration de ses armes au moment  où la Corée du Sud inaugurait son premier destroyer Aegis" équipé de technologies d'interception parmi les plus sophistiquées, estime-t-il. La tension était montée cette semaine entre les deux Corées, toujours théoriquement en guerre faute de traité de paix mettant fin au conflit de 1950-53. Le Nord a accusé Séoul d'avoir violé une frontière maritime sensible en mer  Jaune en y dépêchant des navires de guerre. Cette frontière, jamais reconnue par le Nord, s'est avérée une zone de friction récurrente où des escarmouches ont fait plusieurs dizaines de morts depuis 1999.

L.H.

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