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Semaine du 30 décembre 2009 au 5 janvier 2010

 

  Belkhadem refuse toute perturbation au FLN

Bouhara échoue pour la deuxième fois

Conjoncture politique

Le présent peut durer longtemps

 

 

 

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Belkhadem refuse toute perturbation au FLN

Bouhara échoue pour la deuxième fois

Dans une motion de politique générale sanctionnant les travaux de 4 jours, le conseil national du FLN  a précisé dans le cadre de la préparation du 9e congrès du parti qu'il valorise les efforts déployés par les sous-commissions en charge de l'élaboration des projets de loi et des documents fondamentaux du congrès «qui se veut être un congrès organisationnel et politique réussi en vue de garantir davantage de force, d'efficacité et un meilleur déploiement au parti du FLN».

Mais hélas, le prochain congrès ne se tiendra pas  le 1er février 2010, date légale de la fin de mandat fixée par les statuts des partis qui est de cinq ans. En essayant de donner une explication  à ce report, le secrétaire général de l’instance exécutive du parti, Abdelaziz Belkhadem a indiqué que le congrès devait se tenir le 1er février 2010 pour éviter la problématique du vide juridique, mais «il fallait pour cela que nous soyons prêts, ce qui n’a pas été possible du point de vue organisationnel». Dans une conférence de presse tenue jeudi dernier à Alger à l’issue de la clôture des travaux de la session du conseil national du parti,

M. Belkhadem a expliqué que certaines sous-commissions n’ont pas terminé leur travail, ajoutant qu’il fallait élargir la sphère de participation au débat. Toutefois, il a précisé  que le parti avait arrêté un délai pour la tenue du 9e congrès qui ne saurait aller au-delà du 31 mars prochain. Pourtant, la commission chargée de la préparation de ce congrès à été installée il y a six mois, en plus de sept commissions chargées d’élaborer des rapports, notamment sur le programme du FLN, ses statuts, les affaires étrangères, définir les critères d’éligibilité pour accéder aux institutions du parti, la question des institutions de l’Etat comme le fonctionnement de l’APN, le message de Novembre et le règlement intérieur du parti.  

Dans ce contexte, le conseil national a estimé dans sa motion que l’enrichissement des différents  textes à partir de la base militante est un devoir qui consacre l’exercice démocratique au sein du parti et permet aux militants de participer à la prise de décisions concernant son avenir. 

Dans son discours prononcé à l’occasion de la clôture des travaux du conseil national du parti, le SG de l’instance exécutive du FLN, Abdelaziz Belkhadem dira : «Je n’invente rien quand je vous dis que le FLN se dirige vers son 9e congrès après avoir retrouvé l’union entre les militants et est sorti des effets de la crise qui l’a secoué». Apparemment, ce n’est pas  le cas, car le  désaccord au sein de vieux parti est toujours là et les débats contradictoires qui ont caractérisé les travaux du conseil national l’affirment. 

D’ailleurs, pour se débarrasser de ceux qui le dérangent comme c’est le cas de l’actuel vice-président du Sénat, Abderrezak Bouhara qui a élaboré le rapport de  la commission «Message de Novembre». Un rapport, dans lequel son auteur avait jugé qu’«un parti en déclin est condamné à la disparition s’il ne procède pas à une refondation».  M. Belkhadem a choisi le moyen de la censure. A ce propos, il dira que seules les recommandations approuvées par la majorité des membres leaders du parti seront retenues dans les rapports finaux des différentes commissions de préparation du 9e congrès. Concernant le cas de Bouhara,

M. Belkhadem a précisé que «tout ce qui est jugement de valeur sera éliminé du rapport final», ajoutant : «Nous ne remettrons à la base militante que les recommandations qui ont obtenu l’approbation de la majorité des membres de la direction du parti». Selon Belkhadem, «personne n’a le droit d’apporter des jugements à nos militants, ils sont mûrs et peuvent juger eux-mêmes». 

Le SG du FLN ira jusqu’a  minimiser  le poids de Abderrezak Bouhara au sein du parti, soulignant que  «ceux qui apparaissent dans les médias comme des poids lourds ne le sont pas forcément au sein du parti». Dans ce cadre, un membre de l’instance exécutive  du parti nous dira : «Le rapport de Bouhara sera recentré, on n’est pas là pour imposer des règlements de compte d’une époque passée»,  avant d’ajouter : «Vous savez, le rapport présenté par Bouhara et la lettre qu’il a écrit il y a deux ans. Il n’a même pas réuni sa commission ‘’Message de Novembre’’».

Il y lieu de rappeler que dans sa précédente lettre, M. Bouhara avait tiré la sonnette d’alarme sur l’avenir de patri, notamment après le recul constaté lors des législatives de 2007, appelant à ouvrir le débat sur le parti. Cependant, si des militants partagent cette vision, la direction du FLN fait l’impasse et il faut attendre le jour du congrès pour connaître la suite.  Il faut dire que le vieux parti se dirige vers son congrès  sans tenir compte des contradictions qui existent dans sa maison.

Du nettoyage à la maison FLN

En tout cas, à travers les rapports élaborés par les différentes sous-commissions installées dans le cadre des préparatifs du congrès du FLN, il y a retour aux anciennes appellations du parti, nécessité oblige «après l’étape de la crise». A ce titre, le secrétariat général de l’instance exécutive redeviendra le bureau politique avec une composante de 11 à 15 membres, le conseil national redeviendra  le comité central avec 250 à 300 membres au lieu de 550 actuellement.

Selon certains observateurs, le retour à ses appellations trouve son importance non pas dans le nom que porteront les institutions du vieux parti mais dans leur fonctionnement. Car pour des leaders du parti, il s’agit de faire du nettoyage dans la maison FLN, d’autant que durant le congrès «rassembleur», il y a eu une anarchie dans la composante du conseil national dans la but dépasser la crise de 2004 quand le SG du parti Ali Benflis à l’époque a divisé le parti en se portant candidat contre Abdelaziz Bouteflika. 

Dans c e cadre, le statut général du parti stipule que le président du parti est le candidat aux présidentielle, il peut convoquer un congrès ordinaire ou extraordinaire du parti, comme il peut présider les travaux de la session de comité central.   A ce propos, M. Belkhadem a  clarifié les prérogatives de président du parti qui est Abdelaziz Bouteflika  en déclarant « Bouteflika est président du FLN, il peut présider le conseil national du parti. Je lui ai remis, moi-même, tous les rapports des commissions ».

S’agissant du poste de secrétaire générale, les  propositions soumises dans ce cadre parlent de plus de prérogative au SG afin de lui donner plus de pouvoirs et de force pour gérer les affaires du parti. Pour la candidature à ce poste, Abdelaziz Belkhadem n’ pas caché son ambition de continuer comme SG du front de libération nationale. 

Enfin pour ce qui est de programme, le FLN ne compte pas abandonner l’esprit de socialisme en matière de la justice sociale tout en s’adaptant aux nouvelles donnes économiques que vit le pays qui a choisit l’entrée dans l’économie du marché.

Cependant pour la vision de Bouhara, la censure a fait ce qu’il faut pour éviter toutes perturbations.

Par ailleurs, dans sa motion de politique générale, le conseil national a  demandé encore une fois à la France de reconnaître ses crimes coloniaux, à présenter des excuses et à indemniser les victimes, appelant à l’activation des textes juridiques qui criminalisent l’atteinte à notre Histoire et symboles et ce à travers la promulgation par le Parlement algérien d’une loi qui incrimine le colonialisme français. 

Evoquant les préparatifs du renouvellement partiel des membres du Conseil de la nation, le conseil a rappelé les conditions dans lesquelles se sont déroulées les premières élections, saluant la discipline et la cohérence qui ont caractérisé les assemblées générales ainsi que la transparence et la démocratie du mécanisme d’action.  A ce propos, le conseil national a souligné dans sa motion politique l’importance pour les élus de se mobilier autour des candidats du parti ainsi que la nécessaire application des orientations de la direction du parti en vue de renforcer sa présence et ses positions sur la scène politique.

En outre, il a salué «le saut qualitatif» réalisé par l’Algérie en matière de développement global, les mesures contenues dans la loi de finances complémentaire 2009 ainsi que les résultats de la dernière réunion de la tripartite.

Par Nacera Chenafi

 

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Conjoncture politique

Le présent peut durer longtemps

Aux dernières législatives, les deux  plus importants partis, le FLN et le RND, n'ont pas obtenu ensemble 2 millions de suffrages sur un électorat approchant les 19 millions de voix. En pourcentage, cela fait  un peu plus de 10%.

Si on ajoute les voix obtenues par l’autre composante de l’alliance présidentielle, le MSP, on arrive à peine à 2 millions et demi de voix, ce qui n’est pas beaucoup pour une majorité à la fois présidentielle et gouvernementale, on en conviendra. Encore faut-il faire la part de la fraude, qui ne doit pas être négligeable, notamment lors des législatives de mai 2007 — fraude dénoncée par la commission officielle chargée de surveiller les opérations de vote, avant même que celles-ci ne s’achèvent, si bien que l’annulation du scrutin a été un moment sérieusement envisagée. Certes, il faut aussi tenir compte  de l’abstention, qui a été plus importante que lors  des législatives antérieures, mais qui toutefois n’était pas pour surprendre, venant en droit fil d’une tendance qui allait  s’affirmant.

A s’en tenir à l’histoire électorale depuis les débuts du pluralisme, il apparaît que le rôle joué par le FLN dans les institutions est dans un déphasage croissant avec son poids électoral. Sa place dans l’Etat s’est accrue ces dernières années,  alors même que sa base électorale tend à se rétrécir. Le président de la République est issu de ses rangs, encore qu’il soit vrai que sa candidature est loin d’en dépendre, ainsi  qu’une bonne partie des membres du gouvernement. Aujourd’hui, il semble raisonnable de dire qu’électoralement parlant, le FLN, la première force politique, doit valoir 1 million de voix, à 1 ou 300.000 voix près. Il serait extraordinaire que son score puisse atteindre le 1 million et demi de voix sans que la fraude soit de la partie.  On a presque envie d’ajouter qu’il ne le pourrait pas même dans l’hypothèse d’une fraude manifeste, comme cela  a été d’ailleurs, il est vrai dans une mesure qu’il reste à préciser, le cas aux législatives de mai 2007. Ce qui, dans le même temps, tend à relativiser les dimensions  prises par la fraude, qui d’après une opinion commune serait si importante  qu’elle fausserait complètement le rapport réel qu’il y a entre les partis,  allant jusqu’à faire des petits des grands et des grands des petits. De sorte qu’à ce point de vue il suffirait de renverser les résultas officiels pour obtenir sinon les  scores réels, le tripatouillage des urnes étant quand même passé par là, du moins l’ordre dans lequel les partis en lice sont se sont placés dans les différentes compétitions.

S’il n’y avait  eu depuis que le multipartisme existe qu’une seule consultation, cette opinion serait jusqu’à un certain point défendable, ne serait-ce que parce qu’il n’y aurait pas eu assez de faits pour  s’y inscrire en faux. Or un certain nombre d’élections se sont tenues depuis les débuts de l’ouverture politique sur la lancée des événements d’octobre 1988, qui ont permis de se faire une idée (en dépit de la fraude, qui de toute façon n’a  pas été uniforme, ni toujours  dans l’intérêt ou du fait d’un seul camp) au moins approximative de l’implantation électorale de chacune des formations en compétition. Nous savons par exemple que les deux principaux partis de l’opposition, que sont le FFS et le RCD, se partagent le plus clair des voix en Kabylie, qu’ils sont aussi passablement in fluents dans le centre du pays, notamment dans la capitale, mais qu’en revanche ils se laissent nettement distancer par leurs concurrents dans les autres régions du pays. Ce n’est pas là tout ce que nous savons sur eux au plan électoral. Nous savons aussi que des deux, c’est le FFS qui, dans leur bastion commun notamment, prend le pas sur le RCD, encore qu’il soit vrai que la distance qui les sépare tend pour sa part à se raccourcir. Il n’est pas possible d’imputer à la fraude toutes ces données. A l’évidence ce n’est pas elle  qui a fait que les deux enregistrent le meilleur de leurs scores en Kabylie, des résultats plus ou moins  appréciables dans le centre du pays, et d’autres par contre  qui sont négligeables, obtenus dans le reste du pays. Il y a des limites à son travail d’altération, de brouillage de la réalité électorale, de  falsification du rapport de force véritable  entre les différentes formations politiques. Aussi importante qu’elle puisse se révéler à certains moments, la fraude n’intervient en fait qu’à la marge sur le long terme.

Qu’on considère seulement le cas des dernières législatives. La fraude a été dénoncée par la commission officielle de surveillance.

 On est donc fondé à  estimer que le parti  auquel elle a profité, le FLN en l’occurrence, a eu à cette occasion la main particulièrement lourde. Et sans doute est-ce vrai dans une bonne mesure. Pourtant, pour scandaleuse qu’elle ait pu être, elle n’a pas pu  gonfler à ce point le taux de participation que l’abstention s’en soit trouvée oblitérée, travestie en son contraire.  L’abstention est restée au contraire manifeste, le trait marquant de la consultation, comme  tout d’ailleurs  l’avait laissé présager.

Le présent peut durer longtemps

Ce qui est vrai des partis tenant le haut du pavé, dont la représentativité est sans commune mesure avec la place qu’ils occupent dans les institutions, l’est également des partis minoritaires, assumant, pour les plus visibles  d’entre eux, la fonction d’opposition, mais sans présence notable au sein du gouvernement ni des hautes sphères de la bureaucratie d’Etat. Les premiers comme les seconds, de même d’ailleurs que les autres composantes de la classe politique, ont eu à maintes reprises l’occasion de donner leur mesure, en termes électoraux s’entend, et d’une façon dont la probité paradoxalement ne peut guère être mise en doute. Ce qui compte, du moins pour notre propos, ce n’est pas tant les résultats en eux-mêmes que leur ordre.

A cette aune, nous savons ce que valent ceux des partis  qu’on a coutume d’appeler les grands, aussi bien que les moins grands, et les franchement petits.

Cet ordre n’a pas beaucoup varié depuis une vingtaine d’années.  Par ailleurs, les scores électoraux  trahissent  une tendance à la baisse, phénomène qui touche la classe politique dans son ensemble. Il n’existe de surcroît aucune raison de penser que cette situation est passagère et que qu’elle se redressera à l’avenir. Le plus probable au contraire est que la désaffection électorale s’accentuera lors des élections à venir, surtout à l’occasion de celles qui sont d’intérêt national. Il y aurait des législatives dans les tout prochains mois, et non pas au milieu de 2012 comme le veut le calendrier, que la perspective d’une abstention encore plus massive que celle de mai 2005 serait à peu près certaine.

On se souvient qu’à cette dernière occasion, le ministre de l’Intérieur avait imputé l’abstention aux partis politiques, qui n’auraient pas su réveiller l’intérêt des électeurs. Il se pourrait bien que finalement il n’ait pas eu tort, encore que son département soit pour quelque chose dans le fait que la classe politique se présente sous sa configuration actuelle plutôt que sous une autre, et,  plus significatif encore, que la création de nouvelles formations politiques ne soit pas libre.

Pour autant, il convient de signaler que  le fait que des élections successives  se traduisent par  une abstention importante est concevable  si elles surviennent au cours d’une période dont la marque est la stabilité politique. Une société qui a retrouvé un  équilibre même relatif,  après une phase particulièrement troublée, peut être en même temps fatiguée des querelles politiques, qui  en principe se règlent sur le terrain électoral. Mais est-ce bien le cas de notre pays au jour d’aujourd’hui ? Par un certain côté, oui. Nous avons bien connu une période caractérisée à la fois par une exacerbation des oppositions politiques et un déchaînement de violence. Mais cela fait une dizaine d’années que cette situation est pour l’essentiel dépassée. Le temps présent, qui peut durer longtemps, est une espèce d’intermède, de phase de convalescence,  séparant une période troublée d’une autre dont personne ne peut savoir pour le moment  à quoi elle ressemblera vraiment. Tout ce qu’il est possible d’en dire avec une relative certitude c’est qu’elle ne sera pas aussi agitée et violente que celle dont nous nous avons commencé à sortir il y a une dizaine d’années.

Mais, par un autre côté, la phase présente n’est pas assimilable à une ère de grande stabilité, qui ne va jamais sans être accompagnée d’un élan de prospérité économique, chose qui ne s’est pas encore affirmée chez nous, et qui ne peut pas d’ailleurs l’être, ne serait-ce que parce que les décideurs hésitent sur le chemin à prendre. Ce qui a pour premier effet de faire tirer en longueur le présent, dont l’enjeu n’est pas le pouvoir, mis hors de portée de toutes les oppositions susceptibles de le convoiter dans le court terme, comme c’était précisément le cas quand les clivages politiques étaient portées à l’incandescence.

Le stade actuel n’est pas non plus celui de l’équilibre pleinement recouvré  pour la simple raison que la violence politique, quoique largement réduite, n’en persiste pas moins, ce qui constitue d’ailleurs la seule justification possible du maintien de l’état d’urgence. Enfin, un présent au cours duquel les populations versent si fréquemment dans l’émeute, même si celle-ci est bien plus une transgression de l’ordre qu’une contestation de celui-ci, témoigne plus du déséquilibre, au moins social, que du calme complètement rétabli après la tempête.

Un bipartisme  chancelant à peine commencé

A elles deux, les deux principales formations, le FLN et le RND, valent 2 millions de voix.  On conviendra que ce n’est pas beaucoup pour asseoir durablement un système politique, quel qu’il soit. De plus, un processus électoral n’est pas mis en œuvre pour que ce soit toujours le même parti qui l’emporte sur tous les autres. Les élections sont  au contraire organisées pour assurer une alternance pacifique au pouvoir.  Il faut que quelque chose n’aille pas  pour que ce soit toujours le même bord qui les gagne.  Et si par-dessus le marché ces victoires sont constamment contestées, alors on peut dire que la mesure est vraiment pleine. Chaque rendez-vous électoral devient une espèce de  cirque dont on ignore comment il va se terminer, dont il est à craindre qu’il débouche sur des troubles.

Il peut sembler aujourd’hui que cette perspective est improbable. Mais c’est qu’il n’existe ni dans le court, ni même dans le moyen terme une élection d’importance, comme ce sera le cas en 2012, l’année des prochaines législatives.

Il est évident que le souci d’assurer sans heurt l’alternance constitue l’un des motifs ayant présidé à la naissance du RND. On ne peut en effet  se dire engager dans un processus de  construction démocratique et conserver néanmoins  le même parti au pouvoir pendant un temps indéfini. Une transition démocratique digne de ce nom est une transition qui fait défiler au pouvoir, ou du moins au gouvernement, dans un régime aussi nettement présidentiel que celui qui prévaut aujourd’hui, différentes forces politiques. Comme il semble prématuré, ou aventureux, que l’exercice du pouvoir  revienne à des partis d’une culture politique par top  hétérodoxe, l’idée a prévalu que du moins l’alternance se fasse entre deux partis issus de la même famille politique qui jusque-là s’est identifiée au régime en place, et qui a donc intérêt à ce que le mouvement se fasse à la cadence la plus mesurée qui soit pour lui permettre de trouver ses marques à chacune de ses étapes.

Il n’en reste pas moins vrai qu’au moment où le RND voyait le jour,  il est peu probable qu’il ait été destiné uniquement  au rôle de force alternante. Ses dirigeants  comme sa base devaient penser qu’ils étaient appelés à se substituer au FLN pour de bon et dans les meilleurs délais, dans la croyance que le processus en cours étant irréversible, il devait nécessairement se faire au détriment du FLN. Qu’on songe que même le parti créé par Lénine, parti unique s’il en fut, a subi cette loi d’airain, sans l’application de laquelle il n’est pas de transition véritable. C’est dire si le FLN est revenu de loin, s’il a contrevenu à l’ordre naturel des choses, s’il se survit miraculeusement.

Or, il a fait bien plus qu’échapper au sort  implacable dévolu aux  ex-partis uniques, il a récupéré la place qui était la sienne à peu près dans l’état où il l’avait laissée. Et le parti créé,  par prélèvement dans ses rangs, pour le remplacer,  a tellement reculé électoralement que la question se pose  désormais de savoir s’il n’est pas condamné à terme à retourner avec armes et bagages là d’où il était sorti, c’est-à-dire à se refondre dans le FLN.

Aux  législatives de mai 2007,  Le RND obtient à peu près le tiers des voix que le FLN emmagasinées, les unes de façon irréprochable, et les autres par des moyens qui le sont moins. Leur écart s’est creusé aux locales de la même année, qui plus est. Au point qu’il faille déjà se demander si le parti du Premier ministre a un grand avenir devant lui, si même il en a un. Car, en effet, combien de débâcles électorales peut–il supporter vaillamment avant que son existence ne soit ouvertement remise en cause ? Une, deux, trois ?... Ce qui quand même est susceptible de prendre 5, 10,15 années supplémentaires. On peut imaginer que le présent où nous sommes puisse durer l’équivalent deux ou trois législatures une fois que l’actuelle sera arrivée à terme, mais au-delà, c’est plus loin que ne peut porter notre regard.

Par Mohamed Habili

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