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Belkhadem refuse toute perturbation au FLN
Bouhara échoue pour la deuxième fois
Dans une motion de politique générale sanctionnant les
travaux de 4 jours, le conseil national du FLN a précisé dans le
cadre de la préparation du 9e congrès du parti qu'il valorise les
efforts déployés par les sous-commissions en charge de l'élaboration
des projets de loi et des documents fondamentaux du congrès «qui se
veut être un congrès organisationnel et politique réussi en vue de
garantir davantage de force, d'efficacité et un meilleur déploiement
au parti du FLN».
Mais hélas, le prochain congrès ne se tiendra pas le 1er
février 2010, date légale de la fin de mandat fixée par les statuts
des partis qui est de cinq ans. En essayant de donner une
explication à ce report, le secrétaire général de l’instance
exécutive du parti, Abdelaziz Belkhadem a indiqué que le congrès
devait se tenir le 1er février 2010 pour éviter la problématique du
vide juridique, mais «il fallait pour cela que nous soyons prêts, ce
qui n’a pas été possible du point de vue organisationnel». Dans une
conférence de presse tenue jeudi dernier à Alger à l’issue de la
clôture des travaux de la session du conseil national du parti,
M. Belkhadem a expliqué que certaines sous-commissions
n’ont pas terminé leur travail, ajoutant qu’il fallait élargir la
sphère de participation au débat. Toutefois, il a précisé que le
parti avait arrêté un délai pour la tenue du 9e congrès qui ne
saurait aller au-delà du 31 mars prochain. Pourtant, la commission
chargée de la préparation de ce congrès à été installée il y a six
mois, en plus de sept commissions chargées d’élaborer des rapports,
notamment sur le programme du FLN, ses statuts, les affaires
étrangères, définir les critères d’éligibilité pour accéder aux
institutions du parti, la question des institutions de l’Etat comme
le fonctionnement de l’APN, le message de Novembre et le règlement
intérieur du parti.
Dans ce contexte, le conseil national a estimé dans sa
motion que l’enrichissement des différents textes à partir de la
base militante est un devoir qui consacre l’exercice démocratique au
sein du parti et permet aux militants de participer à la prise de
décisions concernant son avenir.
Dans son discours prononcé à l’occasion de la clôture des
travaux du conseil national du parti, le SG de l’instance exécutive
du FLN, Abdelaziz Belkhadem dira : «Je n’invente rien quand je vous
dis que le FLN se dirige vers son 9e congrès après avoir retrouvé
l’union entre les militants et est sorti des effets de la crise qui
l’a secoué». Apparemment, ce n’est pas le cas, car le désaccord au
sein de vieux parti est toujours là et les débats contradictoires
qui ont caractérisé les travaux du conseil national l’affirment.
D’ailleurs, pour se débarrasser de ceux qui le dérangent
comme c’est le cas de l’actuel vice-président du Sénat, Abderrezak
Bouhara qui a élaboré le rapport de la commission «Message de
Novembre». Un rapport, dans lequel son auteur avait jugé qu’«un
parti en déclin est condamné à la disparition s’il ne procède pas à
une refondation». M. Belkhadem a choisi le moyen de la censure. A
ce propos, il dira que seules les recommandations approuvées par la
majorité des membres leaders du parti seront retenues dans les
rapports finaux des différentes commissions de préparation du 9e
congrès. Concernant le cas de Bouhara,
M. Belkhadem a précisé que «tout ce qui est jugement de
valeur sera éliminé du rapport final», ajoutant : «Nous ne
remettrons à la base militante que les recommandations qui ont
obtenu l’approbation de la majorité des membres de la direction du
parti». Selon Belkhadem, «personne n’a le droit d’apporter des
jugements à nos militants, ils sont mûrs et peuvent juger
eux-mêmes».
Le SG du FLN ira jusqu’a minimiser le poids de Abderrezak
Bouhara au sein du parti, soulignant que «ceux qui apparaissent
dans les médias comme des poids lourds ne le sont pas forcément au
sein du parti». Dans ce cadre, un membre de l’instance exécutive du
parti nous dira : «Le rapport de Bouhara sera recentré, on n’est pas
là pour imposer des règlements de compte d’une époque passée»,
avant d’ajouter : «Vous savez, le rapport présenté par Bouhara et la
lettre qu’il a écrit il y a deux ans. Il n’a même pas réuni sa
commission ‘’Message de Novembre’’».
Il y lieu de rappeler que dans sa précédente lettre, M.
Bouhara avait tiré la sonnette d’alarme sur l’avenir de patri,
notamment après le recul constaté lors des législatives de 2007,
appelant à ouvrir le débat sur le parti. Cependant, si des militants
partagent cette vision, la direction du FLN fait l’impasse et il
faut attendre le jour du congrès pour connaître la suite. Il faut
dire que le vieux parti se dirige vers son congrès sans tenir
compte des contradictions qui existent dans sa maison.
Du nettoyage à la maison FLN
En tout cas, à travers les rapports élaborés par les
différentes sous-commissions installées dans le cadre des
préparatifs du congrès du FLN, il y a retour aux anciennes
appellations du parti, nécessité oblige «après l’étape de la crise».
A ce titre, le secrétariat général de l’instance exécutive
redeviendra le bureau politique avec une composante de 11 à 15
membres, le conseil national redeviendra le comité central avec 250
à 300 membres au lieu de 550 actuellement.
Selon certains observateurs, le retour à ses appellations
trouve son importance non pas dans le nom que porteront les
institutions du vieux parti mais dans leur fonctionnement. Car pour
des leaders du parti, il s’agit de faire du nettoyage dans la maison
FLN, d’autant que durant le congrès «rassembleur», il y a eu une
anarchie dans la composante du conseil national dans la but dépasser
la crise de 2004 quand le SG du parti Ali Benflis à l’époque a
divisé le parti en se portant candidat contre Abdelaziz Bouteflika.
Dans c e cadre, le statut général du parti stipule que le
président du parti est le candidat aux présidentielle, il peut
convoquer un congrès ordinaire ou extraordinaire du parti, comme il
peut présider les travaux de la session de comité central. A ce
propos, M. Belkhadem a clarifié les prérogatives de président du
parti qui est Abdelaziz Bouteflika en déclarant « Bouteflika est
président du FLN, il peut présider le conseil national du parti. Je
lui ai remis, moi-même, tous les rapports des commissions ».
S’agissant du poste de secrétaire générale, les
propositions soumises dans ce cadre parlent de plus de prérogative
au SG afin de lui donner plus de pouvoirs et de force pour gérer les
affaires du parti. Pour la candidature à ce poste, Abdelaziz
Belkhadem n’ pas caché son ambition de continuer comme SG du front
de libération nationale.
Enfin pour ce qui est de programme, le FLN ne compte pas
abandonner l’esprit de socialisme en matière de la justice sociale
tout en s’adaptant aux nouvelles donnes économiques que vit le pays
qui a choisit l’entrée dans l’économie du marché.
Cependant pour la vision de Bouhara, la censure a fait ce
qu’il faut pour éviter toutes perturbations.
Par ailleurs, dans sa motion de politique générale, le
conseil national a demandé encore une fois à la France de
reconnaître ses crimes coloniaux, à présenter des excuses et à
indemniser les victimes, appelant à l’activation des textes
juridiques qui criminalisent l’atteinte à notre Histoire et symboles
et ce à travers la promulgation par le Parlement algérien d’une loi
qui incrimine le colonialisme français.
Evoquant les préparatifs du renouvellement partiel des
membres du Conseil de la nation, le conseil a rappelé les conditions
dans lesquelles se sont déroulées les premières élections, saluant
la discipline et la cohérence qui ont caractérisé les assemblées
générales ainsi que la transparence et la démocratie du mécanisme
d’action. A ce propos, le conseil national a souligné dans sa
motion politique l’importance pour les élus de se mobilier autour
des candidats du parti ainsi que la nécessaire application des
orientations de la direction du parti en vue de renforcer sa
présence et ses positions sur la scène politique.
En outre, il a salué «le saut qualitatif» réalisé par
l’Algérie en matière de développement global, les mesures contenues
dans la loi de finances complémentaire 2009 ainsi que les résultats
de la dernière réunion de la tripartite.
Par Nacera Chenafi
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Conjoncture politique
Le présent peut durer longtemps
Aux dernières législatives, les deux plus importants
partis, le FLN et le RND, n'ont pas obtenu ensemble 2 millions de
suffrages sur un électorat approchant les 19 millions de voix. En
pourcentage, cela fait un peu plus de 10%.
Si on ajoute les voix obtenues par l’autre composante de
l’alliance présidentielle, le MSP, on arrive à peine à 2 millions et
demi de voix, ce qui n’est pas beaucoup pour une majorité à la fois
présidentielle et gouvernementale, on en conviendra. Encore faut-il
faire la part de la fraude, qui ne doit pas être négligeable,
notamment lors des législatives de mai 2007 — fraude dénoncée par la
commission officielle chargée de surveiller les opérations de vote,
avant même que celles-ci ne s’achèvent, si bien que l’annulation du
scrutin a été un moment sérieusement envisagée. Certes, il faut
aussi tenir compte de l’abstention, qui a été plus importante que
lors des législatives antérieures, mais qui toutefois n’était pas
pour surprendre, venant en droit fil d’une tendance qui allait
s’affirmant.
A s’en tenir à l’histoire électorale depuis les débuts du
pluralisme, il apparaît que le rôle joué par le FLN dans les
institutions est dans un déphasage croissant avec son poids
électoral. Sa place dans l’Etat s’est accrue ces dernières années,
alors même que sa base électorale tend à se rétrécir. Le président
de la République est issu de ses rangs, encore qu’il soit vrai que
sa candidature est loin d’en dépendre, ainsi qu’une bonne partie
des membres du gouvernement. Aujourd’hui, il semble raisonnable de
dire qu’électoralement parlant, le FLN, la première force politique,
doit valoir 1 million de voix, à 1 ou 300.000 voix près. Il serait
extraordinaire que son score puisse atteindre le 1 million et demi
de voix sans que la fraude soit de la partie. On a presque envie
d’ajouter qu’il ne le pourrait pas même dans l’hypothèse d’une
fraude manifeste, comme cela a été d’ailleurs, il est vrai dans une
mesure qu’il reste à préciser, le cas aux législatives de mai 2007.
Ce qui, dans le même temps, tend à relativiser les dimensions
prises par la fraude, qui d’après une opinion commune serait si
importante qu’elle fausserait complètement le rapport réel qu’il y
a entre les partis, allant jusqu’à faire des petits des grands et
des grands des petits. De sorte qu’à ce point de vue il suffirait de
renverser les résultas officiels pour obtenir sinon les scores
réels, le tripatouillage des urnes étant quand même passé par là, du
moins l’ordre dans lequel les partis en lice sont se sont placés
dans les différentes compétitions.
S’il n’y avait eu depuis que le multipartisme existe
qu’une seule consultation, cette opinion serait jusqu’à un certain
point défendable, ne serait-ce que parce qu’il n’y aurait pas eu
assez de faits pour s’y inscrire en faux. Or un certain nombre
d’élections se sont tenues depuis les débuts de l’ouverture
politique sur la lancée des événements d’octobre 1988, qui ont
permis de se faire une idée (en dépit de la fraude, qui de toute
façon n’a pas été uniforme, ni toujours dans l’intérêt ou du fait
d’un seul camp) au moins approximative de l’implantation électorale
de chacune des formations en compétition. Nous savons par exemple
que les deux principaux partis de l’opposition, que sont le FFS et
le RCD, se partagent le plus clair des voix en Kabylie, qu’ils sont
aussi passablement in fluents dans le centre du pays, notamment dans
la capitale, mais qu’en revanche ils se laissent nettement distancer
par leurs concurrents dans les autres régions du pays. Ce n’est pas
là tout ce que nous savons sur eux au plan électoral. Nous savons
aussi que des deux, c’est le FFS qui, dans leur bastion commun
notamment, prend le pas sur le RCD, encore qu’il soit vrai que la
distance qui les sépare tend pour sa part à se raccourcir. Il n’est
pas possible d’imputer à la fraude toutes ces données. A l’évidence
ce n’est pas elle qui a fait que les deux enregistrent le meilleur
de leurs scores en Kabylie, des résultats plus ou moins
appréciables dans le centre du pays, et d’autres par contre qui
sont négligeables, obtenus dans le reste du pays. Il y a des limites
à son travail d’altération, de brouillage de la réalité électorale,
de falsification du rapport de force véritable entre les
différentes formations politiques. Aussi importante qu’elle puisse
se révéler à certains moments, la fraude n’intervient en fait qu’à
la marge sur le long terme.
Qu’on considère seulement le cas des dernières
législatives. La fraude a été dénoncée par la commission officielle
de surveillance.
On est donc fondé à estimer que le parti auquel elle a
profité, le FLN en l’occurrence, a eu à cette occasion la main
particulièrement lourde. Et sans doute est-ce vrai dans une bonne
mesure. Pourtant, pour scandaleuse qu’elle ait pu être, elle n’a pas
pu gonfler à ce point le taux de participation que l’abstention
s’en soit trouvée oblitérée, travestie en son contraire.
L’abstention est restée au contraire manifeste, le trait marquant de
la consultation, comme tout d’ailleurs l’avait laissé présager.
Le présent peut durer longtemps
Ce qui est vrai des partis tenant le haut du pavé, dont la
représentativité est sans commune mesure avec la place qu’ils
occupent dans les institutions, l’est également des partis
minoritaires, assumant, pour les plus visibles d’entre eux, la
fonction d’opposition, mais sans présence notable au sein du
gouvernement ni des hautes sphères de la bureaucratie d’Etat. Les
premiers comme les seconds, de même d’ailleurs que les autres
composantes de la classe politique, ont eu à maintes reprises
l’occasion de donner leur mesure, en termes électoraux s’entend, et
d’une façon dont la probité paradoxalement ne peut guère être mise
en doute. Ce qui compte, du moins pour notre propos, ce n’est pas
tant les résultats en eux-mêmes que leur ordre.
A cette aune, nous savons ce que valent ceux des partis
qu’on a coutume d’appeler les grands, aussi bien que les moins
grands, et les franchement petits.
Cet ordre n’a pas beaucoup varié depuis une vingtaine
d’années. Par ailleurs, les scores électoraux trahissent une
tendance à la baisse, phénomène qui touche la classe politique dans
son ensemble. Il n’existe de surcroît aucune raison de penser que
cette situation est passagère et que qu’elle se redressera à
l’avenir. Le plus probable au contraire est que la désaffection
électorale s’accentuera lors des élections à venir, surtout à
l’occasion de celles qui sont d’intérêt national. Il y aurait des
législatives dans les tout prochains mois, et non pas au milieu de
2012 comme le veut le calendrier, que la perspective d’une
abstention encore plus massive que celle de mai 2005 serait à peu
près certaine.
On se souvient qu’à cette dernière occasion, le ministre de
l’Intérieur avait imputé l’abstention aux partis politiques, qui
n’auraient pas su réveiller l’intérêt des électeurs. Il se pourrait
bien que finalement il n’ait pas eu tort, encore que son département
soit pour quelque chose dans le fait que la classe politique se
présente sous sa configuration actuelle plutôt que sous une autre,
et, plus significatif encore, que la création de nouvelles
formations politiques ne soit pas libre.
Pour autant, il convient de signaler que le fait que des
élections successives se traduisent par une abstention importante
est concevable si elles surviennent au cours d’une période dont la
marque est la stabilité politique. Une société qui a retrouvé un
équilibre même relatif, après une phase particulièrement troublée,
peut être en même temps fatiguée des querelles politiques, qui en
principe se règlent sur le terrain électoral. Mais est-ce bien le
cas de notre pays au jour d’aujourd’hui ? Par un certain côté, oui.
Nous avons bien connu une période caractérisée à la fois par une
exacerbation des oppositions politiques et un déchaînement de
violence. Mais cela fait une dizaine d’années que cette situation
est pour l’essentiel dépassée. Le temps présent, qui peut durer
longtemps, est une espèce d’intermède, de phase de convalescence,
séparant une période troublée d’une autre dont personne ne peut
savoir pour le moment à quoi elle ressemblera vraiment. Tout ce
qu’il est possible d’en dire avec une relative certitude c’est
qu’elle ne sera pas aussi agitée et violente que celle dont nous
nous avons commencé à sortir il y a une dizaine d’années.
Mais, par un autre côté, la phase présente n’est pas
assimilable à une ère de grande stabilité, qui ne va jamais sans
être accompagnée d’un élan de prospérité économique, chose qui ne
s’est pas encore affirmée chez nous, et qui ne peut pas d’ailleurs
l’être, ne serait-ce que parce que les décideurs hésitent sur le
chemin à prendre. Ce qui a pour premier effet de faire tirer en
longueur le présent, dont l’enjeu n’est pas le pouvoir, mis hors de
portée de toutes les oppositions susceptibles de le convoiter dans
le court terme, comme c’était précisément le cas quand les clivages
politiques étaient portées à l’incandescence.
Le stade actuel n’est pas non plus celui de l’équilibre
pleinement recouvré pour la simple raison que la violence
politique, quoique largement réduite, n’en persiste pas moins, ce
qui constitue d’ailleurs la seule justification possible du maintien
de l’état d’urgence. Enfin, un présent au cours duquel les
populations versent si fréquemment dans l’émeute, même si celle-ci
est bien plus une transgression de l’ordre qu’une contestation de
celui-ci, témoigne plus du déséquilibre, au moins social, que du
calme complètement rétabli après la tempête.
Un bipartisme chancelant à peine commencé
A elles deux, les deux principales formations, le FLN et le
RND, valent 2 millions de voix. On conviendra que ce n’est pas
beaucoup pour asseoir durablement un système politique, quel qu’il
soit. De plus, un processus électoral n’est pas mis en œuvre pour
que ce soit toujours le même parti qui l’emporte sur tous les
autres. Les élections sont au contraire organisées pour assurer une
alternance pacifique au pouvoir. Il faut que quelque chose n’aille
pas pour que ce soit toujours le même bord qui les gagne. Et si
par-dessus le marché ces victoires sont constamment contestées,
alors on peut dire que la mesure est vraiment pleine. Chaque
rendez-vous électoral devient une espèce de cirque dont on ignore
comment il va se terminer, dont il est à craindre qu’il débouche sur
des troubles.
Il peut sembler aujourd’hui que cette perspective est
improbable. Mais c’est qu’il n’existe ni dans le court, ni même dans
le moyen terme une élection d’importance, comme ce sera le cas en
2012, l’année des prochaines législatives.
Il est évident que le souci d’assurer sans heurt
l’alternance constitue l’un des motifs ayant présidé à la naissance
du RND. On ne peut en effet se dire engager dans un processus de
construction démocratique et conserver néanmoins le même parti au
pouvoir pendant un temps indéfini. Une transition démocratique digne
de ce nom est une transition qui fait défiler au pouvoir, ou du
moins au gouvernement, dans un régime aussi nettement présidentiel
que celui qui prévaut aujourd’hui, différentes forces politiques.
Comme il semble prématuré, ou aventureux, que l’exercice du pouvoir
revienne à des partis d’une culture politique par top hétérodoxe,
l’idée a prévalu que du moins l’alternance se fasse entre deux
partis issus de la même famille politique qui jusque-là s’est
identifiée au régime en place, et qui a donc intérêt à ce que le
mouvement se fasse à la cadence la plus mesurée qui soit pour lui
permettre de trouver ses marques à chacune de ses étapes.
Il n’en reste pas moins vrai qu’au moment où le RND voyait
le jour, il est peu probable qu’il ait été destiné uniquement au
rôle de force alternante. Ses dirigeants comme sa base devaient
penser qu’ils étaient appelés à se substituer au FLN pour de bon et
dans les meilleurs délais, dans la croyance que le processus en
cours étant irréversible, il devait nécessairement se faire au
détriment du FLN. Qu’on songe que même le parti créé par Lénine,
parti unique s’il en fut, a subi cette loi d’airain, sans
l’application de laquelle il n’est pas de transition véritable.
C’est dire si le FLN est revenu de loin, s’il a contrevenu à l’ordre
naturel des choses, s’il se survit miraculeusement.
Or, il a fait bien plus qu’échapper au sort implacable
dévolu aux ex-partis uniques, il a récupéré la place qui était la
sienne à peu près dans l’état où il l’avait laissée. Et le parti
créé, par prélèvement dans ses rangs, pour le remplacer, a
tellement reculé électoralement que la question se pose désormais
de savoir s’il n’est pas condamné à terme à retourner avec armes et
bagages là d’où il était sorti, c’est-à-dire à se refondre dans le
FLN.
Aux législatives de mai 2007, Le RND obtient à peu près
le tiers des voix que le FLN emmagasinées, les unes de façon
irréprochable, et les autres par des moyens qui le sont moins. Leur
écart s’est creusé aux locales de la même année, qui plus est. Au
point qu’il faille déjà se demander si le parti du Premier ministre
a un grand avenir devant lui, si même il en a un. Car, en effet,
combien de débâcles électorales peut–il supporter vaillamment avant
que son existence ne soit ouvertement remise en cause ? Une, deux,
trois ?... Ce qui quand même est susceptible de prendre 5, 10,15
années supplémentaires. On peut imaginer que le présent où nous
sommes puisse durer l’équivalent deux ou trois législatures une fois
que l’actuelle sera arrivée à terme, mais au-delà, c’est plus loin
que ne peut porter notre regard.
Par Mohamed Habili
Haut
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